Articles tagués ‘Libération’

Pendant l’été, le combat continue.

Vendredi 30 juillet 2010

Le forçat Claude Askolovitch.

apprend – via Bakchich hebdo – que son pote Claude Askolovitch, journaleux du JDD, est en pleine fièvre. Il aurait deux livres en préparation. Un sur DSK le favori de Claude pour 2012 (« Il pense une idée à la minute ! ») et un autre – en libre entretien – sur Carla Bruni Sarkozy, sa grande amie. se souvient que Claude Askolovitch avait voulu entrer dans sa Confrérie Twitter et y revendiquer une place de Follower privilégié. a bien fait de refuser : répondre à l’aurait fatigué comme jamais.

Extra-terrestres.

De sa base blogguesque, a émis deux signaux mais pour l’instant, aucun écho. Madame Najat Belkacem a envoyé la groupie Made en éclaireuse mais la lampiste est restée dans le noir complet et n’a pas – encore – daigné faire la clarté sur la (supposée) présence de Ségolène Royal dans l’entreprise publicitaire d’ (ex-Occident) en 2007 (qui conseille – rappelons-le… Eric Woerth).

Florence R., amie de Grégoire Verdeaux (?), interpellée amicalement par à propos du curieux commentaire déposé sur ses terres, est aux abonnées absentes. Peut-être est-elle partie en vacances ? A Saint-Flour ? Dans l’île d’Arros ? Ou encore sur la Côte d’Azur à vendre ses bijoux de baba-cool ?

Bakchich démasqué.

Un salut amical à Jacques Gaillard de Bakchich-hebdo à propos de son billet «Mot à Mot». Il s’est arrêté sur le mot « Cagoule ». Une possible influence- après la lecture de son article («La Cagoule oubliée de Nadine Morano»). D’habitude, avec Bakchich, on ne se masque pas devant la Vérité.

Tous les chemins ne mènent pas à Rome.

Consuelo Rummert fait un stage à vie auprès de sa demi-sœur, Carla Bruni Sarkozy à l’Elysée. Envoyée spéciale à Rome pour y parler de la faim dans le Monde, elle n’a pas daigné excuser son absence. Consuelo préfère les plats de l’Elysée et de son Grand Chef. (PS : La recette de cette info avait déjà été cuisinée chez les Amis-Bakchich).

Henriette Youpatchou.

C’était l’infirmière de Madame Bettencourt entre septembre 2006 et juillet 2007. Sa patronne bien fatiguée lui tend un chéquier et lui demande : «Est-ce que le chèque que je viens de signer représente beaucoup d’argent ?» L’infirmière assure au « Monde » qu’en réalité « Liliane n’a pas la notion de l’argent ». Madame Bettencourt venait de signer un chèque de 183 millions d’euros. Un chèque à mettre au panier ou à remettre au banier ?

Dominique Gaspard et les autres.

C’était la femme de chambre de la Maison Liliane. Employée de février 1991 à décembre 2008, elle a été licenciée elle aussi. On fera bientôt tout le tour du personnel de M’dame Liliane. On saura peut-être quelles places occupaient Florence R. et Grégoire son ami dans le générique du film. Un peu de suspense, un peu de patience : Flo est pour l’instant toute occupée à l’ouverture de sa boutique et Greg fait probablement la queue devant les guichets de sa banque.

Rama et son Ramage.

C’est Libération du 29 juillet qui le dit ( et non Bakchich-hebdo) : Daniel Cohn-Bendit dit une fois de plus sa fascination pour Rama Yade. Cette fois-ci, il a poussé le bouchon plus loin, lançant à la Secrétaire des Sports une invitation aux Journées d’été d’Europe-Ecologie de Nantes (19-21 août). Mais les adhérents du mouvement vert se sont insurgés. « Il l’a invitée pour un truc particulier ou bien parce qu’il a le béguin pour elle » expliquait un cadre. « C’était pour parler Foot » s’est défendu Dany le Rouge « je trouvais ça drôle de faire des débats sur le foot ». Des (d)ébats sur le foot ? Avec Ribéry et Benzéma en Guest-stars, ce serait plus drôle encore.

Quand « Libération » fait son couscous !

Jeudi 15 juillet 2010

lit de temps en temps Libération. Il est tombé sur l’article du journaleux de service () qui s’est mis en quatre pour nous présenter – en dernière page SVP – le député , Lionnel Luca  ( Titre de l’article : Bazooka).

Probablement fasciné par ce fort-en-gueule, le journaleux fit le portrait du bonhomme sans aucune distance critique. Petites phrases rajoutées à de petites phrases mises entre guillemets. Extraits :

« On le classe très à droite. «Je m’en fous». Il se moque « des petites cases » dans ce «beau pays des préjugés». « Il n’y a que des postures qui sont des impostures». Luca a kiffé Chaban-Delmas et même Michel Jobert… »

On devine là le jeunisme du journaliste : soit Michel Henry est un vieux de la vieille et alors son «il a kiffé» sonne faux, soit le journaliste est prépubère et c’est trop rigolo qu’il nous parle des hommes préhistoriques ou fossilisés (Chaban et Jobert).

Enfin… Et voilà la conclusion très complaisante qui a fait rire (jaune)  :

« Côté verbe et excès, Luca pense que Brice Hortefeux a sorti « une connerie ». Le journaliste envoûté pédale alors dans la semoule : le voilà rajoutant, tout fiérot, de sa propre plume  : « … mais pas de quoi en faire un couscous ».

C’était l’humour-Libé du 8 juillet 2010.

Les Flèches de BiBi.

Jeudi 4 février 2010

 

Consacré ou sacré c… ?

a son article dans le Monde du 4 février. «En cinq ans, écrit la groupie Macha Séry, bon gré, mal gré, s’est imposé dans le paysage comique». Finalement, dans le Monde des Comiques, y inclura la Comique du Monde.

Barthes (Roland).

Non, ne vous parlera pas du héros des Simpson mais du grand intellectuel que fut Roland Barthes. On vient de faire paraître son Lexique inédit. Alain Finkielkraut – pour qui il y a toujours une oreille, un micro, une page ouverts ( ici, comme souvent : Libération) – s’enorgueillit d’avoir été son auditeur de Séminaire. A ce seul titre, il veut enrôler Barthes sous sa bannière d’idéologue de Droite : «Ce Séminaire [de 1974] amorce un tournant chez lui : la bourgeoisie cesse d’y être l’Idéologie à combattre». Allez Alain, va demander à ton Maître si par hasard, il n’y aurait pas une place de libre au Panthéon.

Rebonds à cent balles.

Trois Rebonds dans le Libé de ce jeudi : Alain Duhamel sur Villepin, Martin Hirsch sur la régulation du Capitalisme et une rubrique pour deux professeurs aux belles lettres de noblesse qui doivent visiblement impressionner et les autres : ils sont étiquetés HEC Chaire Danone Social Business Entreprise et Pauvreté (Ouf !). La régulation du Capitalisme continue avec la Régulation de.. Libération.

Coup de griffe au .

a cette incroyable prétention de vouloir parler au nom des Juifs de France. Elu au Comité directeur du Conseil représentatif des Institutions juives, il se répand dans tous les médias aux Ordres. «Je me réjouis que cette année encore ni les Verts ni le PCF ne soient conviés au diner du ». Plus précis et plus précieux encore : «Ce qui a changé aussi, c’est l’avènement du nouveau pouvoir qui a apaisé la Communauté juive». La diversité au  ? Moins que jamais : Michel Zaoui, Gérard Unger écartés. Le , finalement, c’est comme si on réduisait le Catholicisme à Benoit XVI ou encore la France à Sarkozy.

Chouchou et Chochotte vont en voyage.

Nicolas et Carla se rendront à le 17 février. On s’attend aux habituels plaidoyers pro-domo de Nicolas, aux larmes de Carlita, aux mines compassés des Courtisans et… à tout le tremblement.

Claire Chazal très Psychologue.

Invitée du magazine Psychologies (mois de février) de Servan-Schreiber, Claire Chazal se déshabille sous le feu des questions. On apprend de sa bouche que TF1 est sa maison etc. Mais c’est le prologue dithyrambique qui a retenu l’attention de  : «Silhouette de sylphide», on loue son «maintien de danseuse», sa «douceur» et sa «grâce» : «Elle ne lâche visiblement rien au temps qui passe » (Prenez-en de la graine, lectrices de ), on y célèbre son «tempérament calme et posé». Claire est une «Mère, amie, compagne, une fille obsédée par les siens, anxieuse de bien faire». Pour être Femme complète, il n’est cependant pas dit si elle peut être aussi Amante (rêvée). Euh… réponse dans un prochain numéro ?

Le Cadet de nos soucis.

A Psychologies toujours, on ne manque pas de psychologie. On ose poser cette question déplacée à notre Dame de TF1 : «Qu’est-ce qui vous a fait choisir un compagnon de près de 20 ans votre cadet ?» Devant cette goujaterie, on s’attendrait à ce que notre Femme-modèle se lève et vienne flanquer une bonne paire de claques au Malotru. Mais non, Madame ne s’emporte pas.

Finalement, très chère Claire, il ne vous manque que cette belle qualité habituellement plutôt féminine : l’audace.

De Charleville au Jardin du Luxembourg.

Mardi 4 août 2009

De Charleville au Jardin du Luxembourg.

Paris, mardi 4 août, Jardin du Luxembourg.

De retour du local de l’hebdo «Vendredi» où tous sont en vacances aoûtiennes, a passé son après-midi à lire le Libération du jour et à fureter dans les boxes des livres d’occasion, boulevard Saint-Michel. Il a trouvé et acheté pour un euro «Ego Surf», journal de l’an 2000 d’Arnaud Viviant.

Au Jardin du Luxembourg, a tiré une chaise à l’ombre d’un cyprès nain, tout près du grand bassin. A la page «Rebonds»du quotidien, il a suivi l’indignation d’Emmanuel Terray, rédacteur de l’article : «Enfants internés : la honte». Eric Besson, copie conforme de Brice Hortefeux, amplifie sa politique d’internement des enfants en Centre de rétention à Metz et ailleurs. ne connaît ni la famille albanaise Isufi résidant à Charleville, ni les trois enfants Tatli de Lure, arrêtés à leur domicile.

relève la tête, regard perdu sur la façade du Sénat éclairé par un chaud soleil. Les paroles feutrées des badauds contiennent à grand-peine sa colère. Autour du grand bassin, un môme court à droite, fait demi-tour, repart une nouvelle fois en sens inverse. Armé d’un bâton au bout ferré, il tente de diriger le bateau en modèle réduit que Papa et Maman lui ont loué pour un petit quart d’heure. Toutes joies que ne connaîtront ni Zandale, ni Godge, ni Guriezm.

Replongé dans le livre d’Arnaud Viviant, regrette dès les premières pages son euro pas symbolique du tout. Les photos noir et blanc sauvent la mise. imaginerait bien la sienne : des enfants à Charleville et Metz se taisent, à l’ombre. Noir. D’autres, à Paris Sixième, pépient au soleil. Blanc.

BiBi, témoin des Jehovah.

Lundi 3 août 2009

BiBi, témoin des Jehovah.

Dimanche soir, Tour Eiffel.
Toujours la grande foule sur le parvis du Trocadéro, avec cette évidence : bien peu de visiteurs parlent français. a eu envie de revoir cette Tour Eiffel qui clignote à 23heures : il criera sûrement de joie lorsque toutes les lumières se mettront à danser. Mais tout à coup, drôle d’impression, il se sent cerné. Il remarque les badges sur les poitrines de belles polonaises, les mêmes encarts bleutés accrochés aux vestons des patriarches mexicains, américains et les inscriptions (avec nom et adresse) sur les tissus colorés de très chics hindoues. Sur les jardins du Champ-de-Mars, des cantiques attirent  la foule. découvre alors qu’il s’agit d’un rassemblement important de Témoins de Jehovah. On les estime à 60000 sur Paris.
n’a rien contre les religions, il se pencherait même avec gourmandise sur la vieille Bible et les textes sacrés. Il pense que la lecture (et non l’ânonnement) des textes sacrés est une belle invention humaine pour se consoler d’être mortel. Là où, par contre, décroche, c’est lorsqu’il suit leur raisonnement et leur façon d’appréhender le Réel. Ainsi, Gilles Pinheiro, conseiller en Com de nos Témoins, lâche dans Libération : «Le thème «Veillez» a été choisi par rapport à l’état du Monde actuel. Nous devons vérifier si les évènements planétaires récents correspondent aux Prophéties avancées dans les textes sacrés (…). Ce pourrait être prochainement l’avènement du Royaume de Dieu».
Avec ces Prophètes (mineurs ou majeurs), l’Avenir est déjà écrit. Ils le veulent conforme à leurs interprétations. Le Malheur ( la Joie parfois, jamais la Jouissance – toujours maudite) est leur pain quotidien.
aime sentir le Monde palpiter et il estime qu’il faut du temps et de l’ignorance pour en saisir les vibrations et les secousses. Les messages de ces Témoins (quel beau mot pourtant) ne laissent jamais de place à l’improvisation, à l’inattendu, à la Confusion, à la violence des Sentiments  et à la douceur d’en jouir.  espère encore que jamais le Paradis ne descendra sur Terre (Le Paradis, ce Temps de perfection, doit être d’un ennui mortel), il croit que la lutte entre le Bien et le Mal (pour aller vite) restera un processus inachevé et une énigme. Et il sait plus que tout qu’il ne sera jamais un petit Ange docile (trop de pulsions et d’impulsions incontrôlées).

France-Inter et Pâtée Marconi.

Samedi 27 juin 2009

Pâtée-Marconi

Dans le Libération du 26 juin, Pierre Marcelle égratigne, à juste titre, Nicolas Demorand, le «gourou de la tranche Matinale de France-Inter». Le chroniqueur de Libé rappelle la grogne de Nicolas s’offusquant des propos d’un Bayrou mettant en doute l’indépendance de la radio. Avec la mise au placard de Frédéric Pommier par Philippe Val, Nicolas aurait eu l’occasion de marquer sa solidarité journalistique. Il aurait pu racheter son premier silence qui avait cautionné et entériné la mise à l’écart de Michel Benasayag – qui tenait alors une rubrique sur France-Culture. Souvenons-nous que cette expulsion avait été décidée par la Femme de Gauche, Laure Adler.
Pierre Marcelle hésite à qualifier Nicolas Demorand de «caniche». Pour , une image insiste pourtant, c’est celle de ce brave toutou écoutant au gramophone la Voix de son Maître. Allez savoir pourquoi.

Attali, Minc, Labro, Cusset : les Salonards du Livre.

Dimanche 22 mars 2009

Les Salonards du Livre.

Au dernier jour du Salon du Livre parisien, s’est arrêté sur quelques livres exposés et il a tiré les couvertures à lui. Désolation.

Livres.
- Jacques Attali vient de sortir un énième ouvrage : «La Crise et après ?». Dans « Ripostes » de Serge Moati, Alain Minc avouait son amitié pour celui qui fait le bonheur conjoint de Sarko et des Bobos-gauchos : «Jacques qui est un aussi vieil auteur qu’un vieil ami, sait qu’il faut annoncer le malheur pour bien vendre». Les deux amis, amis des banquiers, vont peut-être finir par nous dire que le Bonheur est dans le prêt.
- Pour ne pas être en reste, Philippe Labro se félicite de la sortie du livre d’Alain Minc («Dix jours qui ébranleront le monde» chez Grasset) en attendant qu’Alain Minc félicite la sortie du livre de Philippe Labro («Les Gens» chez Gallimard). va attendre avec impatience que Serge Moati leur lance des invitations à blablater Littérature et Politique dans son émission. La boucle sera alors bouclée.

Catherine et le Bonheur.
avait lu son quatrième roman «Jouir» qui passait assez bien la barrière de son plaisir. Aussi, s’est-il plongé dans la Chronique qu’a offert le JDD de ce 22 mars à la gagnante du Goncourt des lycéens. Triste et désolant de voir des auteur(e)s accepter ce genre de proposition écrite plutôt que de la refuser. Catherine , la new-yorkaise, nous dit tout son bonheur parisien «de n’avoir rien à faire» sauf à pique-niquer face à la Seine, sauf à s’amuser de «son oisiveté d’écrivain qui n’a rien d’autre à faire qu’écrire ce texte sur le bonheur de n’avoir rien à faire».Elle se balade en vélib’, délaissant la marche, elle va faire un tour au Temple de sa Religion (le Salon du Livre). Les lieux communs sont en nombre : «Heureusement qu’il y a les livres», «En temps de crise, le livre comme valeur sûre» nous dit-elle. Triste et désolant là encore : se demande comment on peut encore faire cette généralisation hâtive : le Livre, les livres. En 1933, on brûlait des livres (ceux de Thomas Mann, de Kafka), on en glorifiait d’autres («Mein Kampft»). Et les livres d’Attali, Labro, Minc, des valeurs sûres ? Au secours !
Edmond De Rothschild connaît la Crise.
La petite Entreprise Libération semble avoir des soucis financiers. Mercredi dernier, se promenait dans les allées du Salon du Livre de Paris. Il s’est arrêté au Stand du journal dirigé par Laurent le Magnifique. Stupéfaction, constate que le quotidien du jour est vendu 1 euro (au lieu des 1,30 euros habituels). Stupéfaction (bis) : au stand d’à côté, La Croix est plus généreuse et plus charitable car, là, les hôtesses distribuent gracieusement les numéros du jour.
Ni People, ni peopolitique, ni politique.
Au stand de France-Culture, interpelle une journaliste de la radio publique pour tenter de savoir si Jean-Paul Cluzel allait être reconduit dans ses fonctions ou éconduit par Little Nikos. La journaliste ne sait pas. demande si elle sait qu’en toute indépendance, ce même Jean-Paul Cluzel est parrain d’un enfant d’Alain Juppé. Elle ne sait toujours pas. A France-Culture, on fait dans la Culture, pas dans la Politique.

« Vive la Crise ! » (1984-2009)

Dimanche 1 février 2009

Le JDD 2009 et Libération 1984

Le JDD de ce dimanche ne nous rajeunit pas. Ce «Vive la Crise » vient comme un écho du numéro spécial de Libération de février 1984, numéro qui faisait suite à une émission de TV diffusée alors sur Antenne 2.  se souvient de ce supplément hors série concocté par notre tandem toujours en poste dans les Sphères médiatiques : et Laurent Joffrin. Yves Montand, lui, envahissait alors nos écrans (télévisés). L’acteur y plaidait la cause de l’austérité, se proclamant «de gauche, tendance Reagan ». Son argumentation était simple : les Français refusent de se plier aux nouvelles contraintes économiques, obstinés qu’ils sont à réclamer «toujours plus». Dans son sillage, Pierre Rosanvallon, ex-théoricien de la CFDT, invitait les lecteurs à «apprendre l’austérité». Ah les Belles années des Eighties !

Libé d’hier, JDD d’aujourd’hui : pourquoi ce rapprochement entre ces journaux ? C’est que le Slogan «Vive la Crise » 1984-2009 est un doublon : il intervient dans la bataille idéologique. En février 84, la Propagande libérale glosait sur la  fin des idéologies, sur la futilité de l’Etat-Providence et célébrait le Culte de l’entreprise. Les Français étaient appelés à faire des sacrifices. L’Etat social et  les prétentions  syndicales devaient en rabattre sur l’autel de la rigueur. L’Europe unie applaudissait une Présidente nommée Margaret Thatcher. En janvier 2009, la Populace n’a toujours pas compris : elle défile en piaillant pendant que l’argent file, elle manifeste alors qu’elle devrait se mettre au travail. La Populace ne comprend pas que la Crise représente une «grande mutation», douloureuse, mais finalement profitable à long terme.

En 1984, l’émission d’Antenne 2 donnait la parole et l’image à un jeune énarque vendéen nommé Philippe de Villiers. Sous-préfet démissionnaire, il fut le Créateur de cet incroyable spectacle «libertaire et convivial » des Fêtes du Puy du Fou. En 2009, le JDD continue de nous faire saliver avec du pain et des jeux, du lard et de l’Art. Gloire aux Globes de Cristal avec Attali en vers ! Vive le Louvre et ses expos. Bravos aux braves nantais qui célèbrent leur Bach d’abord ! Grand soit Picasso au Grand-Palais ! Merci, merci, merci à Bernard Arnault en mécène et saluons Europe 1 du Frère Lagardère en fonds sonore qui chipote et chapeaute l’Expo du Gitan.

Doublon donc mais avec les réajustements d’aujourd’hui : la collusion de la Critique Artiste avec la Présence des Milliardaires y est portée à son point maximum (1). L’intertitre est d’ailleurs significatif : «Sans le Mécénat, adieu grandes expositions et festivals de qualité »(2). La Peinture, le Cinoche, la Chanson nous «jouent la mélodie du Bonheur». Dans le même tempo, il nous faut oublier «les lendemains qui déchantent ». Derrière ce Slogan de «Vive la Crise » revenu en première ligne dans la Boîte à Idées de nos Chiens de Garde, n’y voit aucune ironie, aucun humour distancié de Bobo. Pour lui, ce n’est pas un bon mot de potache, c’est plutôt l’Opération Idéologique du Nouveau Libéralisme : «Soyez fascinés par les traits, les couleurs, les Voix ». Comme nous le dit Jean-Jacques Annaud, il faut éteindre la Guerre du Feu, gommer le Conflit c’est-à-dire le Politique : «La Culture est notre chance, notre vocation, notre solidité et notre destin. Et notre horizon». L’Art – version Mécénat – est rassembleur, il efface les clivages. Enfin réconciliés devant l’énigme de l’Aventure humaine, nous voilà Un parmi d’autres. tient la main de Sophie Marceau et celle de Charlotte, 18 ans. Dans le Musée, déambule avec l’anonyme Emilie 24 ans, aux côtés de Bernard Arnault. Tous affluent, hors classes sociales : Mick Jagger comme les mulots, Nicole Kidman comme Eva Mendès et les 18.000 visiteurs derrière.

Le revers du Tableau est bien entendu mis sous silence. Les grondements du 29 janvier n’ont pas une ligne dans le JDD. Pour pourtant, deux millions d’anonymes ont montré ce jour-là qu’ils aimaient l’Art… l’Art de vivre.

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(1)   Voir Luc Boltanski et Eve Chiapello. «Le Nouvel Esprit du Capitalisme ». Gallimard 2000. (pages 500 – 576)

(2)  Voir Pierre Bourdieu et Hans Haacke. «Libre-échange » au Seuil.

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