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Un visiteur dans l’Allier : Philippe Pascot, gilet jaune.

Ils ne viendront pas poser leurs caméras et ouvrir leurs micros ici.

Ici ? Tronget, un petit village rural de 900 habitants avec un Maire qui a mis à disposition sa petite salle des fêtes où plus d’une centaine de personnes se presse pour une soirée de résistance, de débat et d’échanges organisée par les Gilets Jaunes de l’Allier.

L’invité ? Philippe Pascot.

Philippe Pascot, auteur de Pilleurs d’Etat, livre où il mettait en lumière les abus légaux de députés, de parlementaires et autres élus de tout bord. Précisons de suite que, dans cette soirée, le «tous pourris» fut rapidement évacué via une intervention du Maire de Tronget expliquant son travail de proximité, représentant là – in vivo – un des exemples de cette France qui se rend digne de la formule « Liberté, Egalité, Fraternité« . De son côté, Philippe Pascot rappellera que la corruption est de plus en plus forte à mesure qu’on monte l’échelle politique. Il soutiendra aussi sa grande idée, celle d’une inscription dans la loi d’un casier judiciaire vierge pour tout candidat à une élection. Ce qui n’est pas gagné même avec les 240.000 signatures sur la pétition qu’il a lancée il y a 4 ans.

Après une entrée en matière de Brigitte, gilet jaune venue de Clermont-Ferrand qui parlera avec précision du RIC et des perspectives de constitution d’Ateliers Constituants, ce fut le tour de Jules, professeur de Droit qui expliquera les méandres pour arriver à créer et à appliquer de nouvelles lois non liberticides. Devant une assistance attentive, nous étions plongés dans une vraie éducation populaire avec des questions et des échanges fructueux.

La verve de Philippe Pascot, ses exemples factuels, tous vécus, tous vérifiés, feront le reste. Il citera nombre d’épisodes tirés de ses livres qui – il y insistera – comportent des preuves inattaquables.

De nombreux sujets lancés via des questions pertinentes furent abordés. Celle de la transparence Comment y arriver avec le Pouvoir en place ?») vint en premier, suivie de celles portant sur la modification de la Constitution, des violences policières, du futur des Gilets Jaunes (évocation du rassemblement à Saint-Nazaire). Philippe Pascot interviendra pour dire les difficultés rencontrées lors de sa participation aux manifs. Ainsi en se rendant à Paris, il fut arrêté X fois sur 50 kms alors que les hommes cagoulés de noir débarquant en gares parisiennes se déplaçaient sans problème. Il rappelera aussi que, lors de ce 19 mars, tout fut organisé pour que les cortèges de Gilets Jaunes ne rejoignent pas celui de la grande manifestation pour le climat etc.

Les Chaînes.

Une intervention émouvante sur les conditions de travail d’une travailleuse dans les Ehpad et les Cantu (Alzheimer) remua les personnes présentes. Du Linky au vote pour les Européennes («Pour mettre une claque à Macron, allez voter ! Pas une voix pour lui, pour qu’il ne plastronne pas après les élections»), on tenta de cerner au plus près les sujets les plus importants.

L’un des points majeurs que Philippe Pascot aborda, porta sur nos gestes de résistance quotidienne, faciles à appliquer, à inventer. Il rappelera que c’est souvent aussi par notre passivité, nos exigences infondées, nos gestes d’égoïsme que nous participons à notre propre asservissement. Pourquoi se précipiter par exemple dans les grandes surfaces pour payer aux caisses sans employé(e)s, sachant qu’à brève échéance, il y aura une liquidation du personnel et sa mise au chômage. Il se désolera aussi des ré-élections de députés corrompus (alors que la corruption avait été avérée et connue de tous), il ciblera notre mode de vie qui veut mettre un iphone dans les mains d’un enfant de trois ans avec des parents tout fiérots qui s’en félicitent.

Dans ces moments-là, Philippe Pascot rejoint les analyses d’Alain Accardo qui, lui aussi, déplorait qu’«à cause de la déformation économiste-objectiviste de l’analyse marxiste (…) on avait pris l’habitude de considérer la dimension morale de la lutte des classes comme seconde et donc secondaire par rapport à la lutte économique et politique, quand on ne la récusait pas purement et simplement comme expression d’un subjectivisme volontariste».

Ce désir de changements souhaité par une majorité de français ne pourra se faire qu’avec une prise de conscience personnelle de chaque citoyen de ce que le sociologue Norbert Elias exposait en parlant de «combattre les ferments d’inhumanité que le système temps à développer en chacun d’entre nous». Combat, bataille sur le terrain de la morale personnelle qu’il nous faut ensuite traduire en actes. Par exemple lutter contre notre fuite en avant productiviste, nos caprices, nos lubies, nos fétichismes touchant au «progrès», notre addiction à la télé allumée sur Hanouna ou encore à nos achats en pleine connaissance de cause de beaux ballons de foot 1998 fabriqués par des enfants du Sud de l’Inde touchant deux euros/mois.

Donc résumons : 1. du boulot à l’externe (occuper les carrefours, inventer de nouvelles formes de résistance collective etc). «Notre force, c’est le nombre» insistera Philippe Pascot tout au long de ses interventions.

2. Du boulot à l’interne, douloureuse ascèse. Du travail sur soi, ses gestes, son rapport au monde, luttes dans notre «for intérieur» pour faire naitre un nouvel art de vivre. Art de vivre où la liberté ne se confonde pas avec la licence et «où la maitrise de soi et l’autodiscipline se confondraient avec l’esprit civique et le respect des autres» (Accardo).

Beaucoup se tromperaient en ne voyant ici qu’exagération ou morale débile. Ce sont des passages nécessaires qu’il faut emprunter – avec sérieux et sans tiédeur – pour lutter contre cette machine tentaculaire qu’est le Capitalisme qui nous enrôle et veut nous enchaîner à chaque instant.

Du boulot, beaucoup de boulot nous attend.

Et même si je ne suis pas forcément d’accord avec certaines optiques de Philippe Pascot (le vote blanc, son rapport à la Gauche trop vite assimilée à la gauche socialiste etc), je le remercie d’avoir si bien illustré le combat des Gilets Jaunes ce soir-là devant une assemblée fournie, le tout avec sa verve, ses expériences de vie concrètes et ses dénonciations.

Let’s Tweet Again.

Un petit relevé des tweets de la quinzaine.

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Bouteflika ne se représentera pas. Une bonne chose : c’est le résultat des manifestations inédites en Algérie. Bien sur, tout n’est pas réglé mais permettez que je m’en réjouisse et que je sois en léger désaccord avec ceux/celles qui disent se méfier en restant sur la réserve. Tout recul obtenu grace à la lutte collective élève le niveau de conscience du populo, fait aussi entrer dans le combat des couches sociales jusqu’ici silencieuses. Cette avancée restera dans la mémoire du peuple algérien. Tout comme ici les luttes et les manifestations hebdomadaires des gilets jaunes. Et de cela, les Medias dominants français ne veulent surtout pas en parler et en entendre parler.

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Il y a 8 ans, Fukushima. Célébrons cet anniversaire.

Restons encore au Japon avec le Camarade de Renault, Carlos Goshn. Son avocat, voulant que la sortie de prison se fasse en catimini, eut l’idée que le Boss se déguise en… ouvrier. Voilà qui a motivé ce tweet.

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L’affaire Tapie arrive enfin sur le marché de la Justice. Ici, je me suis souvenu de cet entrefilet du Canard Enchaîné qui parlait de ce Noël 2006 au Dorint Atlantic Hotel d’Agadir (Maroc) où Tapie, André Guelfi, Hortefeux et JF Copé s’étaient réunis pour causer Crédit Lyonnais. 2006!

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Les émissions ( C’est Dans l’Air et C’est à Vous) sont des carrefours obligés pour entendre causer Politique à la TV. Nul besoin pour moi d’écouter ces professeurs/sondeurs/editocrates libéraux autour de Caroline Roux, d’Ali Baddou ou d’Annie-Elisabeth Lemoine. La pensée Unique, on connaît. Par contre ce qu’on connait moins et qu’il me faut répéter à longueur de tweets, c’est leur sponsors sur lesquels ils se taisent bien entendu. Lagardère pour C’est Dans l’Air et Niel/Pigasse pour C’est A Vous.

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Sur les radios, c’est la même chose. Alors, répétons (Oui, oui, c’est notre Propagande à nous !) : Sibyle Veil, patronne de Radio-France est une sarko-macroniste, Vincent Giret, directeur de France-Info en est un autre (voir ses tweets pendant la Campagne présidentielle 2017). Ces groupies de Macron utilisent notre argent – via redevance – pour signer des contrats dont sont exclus nombre de titres de Presse et d’entreprises. Une fois encore, on ferme la porte à la diversité, à la Démocratie.

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Un mot, un tweet, sur les incroyables agissements de la Police de Macron / Castaner.

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Une nouvelle passée inaperçue de la part de la Cellule d’Investigation de France Inter, si prompte à sauter sur Mélenchon. Silence de Mediapart (Plenel se vengeant de Denis Robert ?). Voilà donc cet entrefilet posté sur le FaceBook de Denis Robert (dont je vous conseille le livre « Les Prédateurs »). De quoi pourtant aller enquêter, non ?

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La vie ne saurait être vivante et belle sans un peu d’humour (politique).

… et, bien sur, comment ne pas finir avec un brin de poésie ? De ce brin qui célèbre ici magnifiquement – envers et contre tout – le rire.

Le Cirque médiatique.

Il est des intellectuels d’aujourd’hui qui font honneur à leur statut, se parant en gilets jaunes, défilant, manifestant, signant aussi la pétition pour les défendre. Bien entendu, ils n’ont guère d’espace médiatique pour faire connaître leur soutien. En sens contraire, on voit à longueur de journée des intellectuels mediatiques qui sont bien loin de penser le libéralisme (sa violence économique et policière) comme le premier des périls et quioccupent massivement la piste audiovisuelle. La plupart, sous-fiffres au capital culturel faiblard ou vieux arrogants indéboulonnables, déversent hargne et haine contre les Oubliés de l’Histoire, des Oubliés qui se rappelent chaque week-end, à leurs très mauvais souvenirs.

Tout cela est connu. C’est la France de Macron.

Guère besoin de présenter ces grandes étoiles du Cirque médiatique, experts en tous genre, sondeurs inamovibles, animateurs (trices) serrant amoureusement leurs micros, cyniques à l’humour de potaches, Chevaliers à l’écharpe rouge ou à la chemise blance, Goupil sorti des fourrés de 68, acteur berléanisé et terrorisé etc. Au total, une petite cinquantaine de personnes fières d’être touche-à-tout, répondant à tout, à tous, ouvert à tout, à tous. Avec bien entendu du poil à gratter anti-élite quand il est urgent de ne pas paraître trop servile, avec un zeste de citron acide pour endosser l’habit très consensuel du Rebelle, cet habit très bien porté par la nouvelle génération libérale-libertaire.

Ces clowns de la Grande Parade, les Medias n’ont guère besoin d’aller les chercher, ils les sonnent, ils arrivent, tous déjà connus de par leurs réseaux (ce sont les mêmes). Leurs lieux de retrouvailles ? Les Diners du Siècle, les repas chez Alain Minc, les séances photos de Mimi Marchand, les petits fours Avenue Montaigne, les parties de chasse en Sologne, les Croisières en Méditerranée, les petites sauteries (le JDD pour le 70 ème anniversaire du torchon) etc.

Tout cela est connu. C’était la France de Sarkozy-Hollande, c’est celle de la France de Macron.

Toujours étonnante la défense tarabiscotée de beaucoup de cesintellectuels dès qu’il s’agit pour eux de répondre, de se positionner vis-à-vis de ce mouvement social : «Et vous ? Et les Gilets Jaunes ? Et leurs revendications de justice sociale, dites-nous un peu ? » Les silences à ces questions… très rarement posées (il ne faut pas mettre ces gentils invités sous pression) sont toujours recouverts par leurs parlottes publicitaires. Nous en sommes à l’acte 16 des gilets jaunes mais ils causent : «Oui c’est mon dernier livre ; oui c’est mon dernier album ; c’est important de rappeler combien l’amour est essentiel, oui, il faut se battre, la Planète est en danger, les extrêmes, ah oui les extrêmes, et l’antisémitisme, mon dieu (le visage est grave, une seconde d’arrêt, de recueillement) mon dieu comme c’est affreux ».

Tout cela est connu. C’est la France de Macron. C’est aussi la France des BiBis.

Et là, voilà des questions qui me mettent mal à l’aise. Comment expliquer la gêne qui me prend à suivre ces émissions LCI-BFMTV-GGRMC-CNEWS, où je vois et entends des intervenants avec lequel je suis solidaire ? Pourquoi ai-je toujours cette impression durable qu’ils s’enfoncent, qu’ils s’embourbent irrémédiablement alors que ce ne sont pas leur arguments très justes qui sont en cause ? Pourquoi ai-je ce dépit toujours tenace qu’à la fin de ces pseudos-débats, de ces émissions-poubelles (aux thèmes pré-définis, jamais interrogés), de ces nullités télévisuelles ces Opposants se sont fait avoir ?

ANALYSE. Osons l’écrire : singulières croyances, singuliers aveuglements que les leurs. D’abord, cette croyance que leur présence va faire avancer les luttes en cours, illusion qui perdure même lorsqu’ils écoutent les saloperies distillées. Sur ces ignominies, ils vont quand-même répondre alors que le seul geste à faire serait de se pincer le nez et quitter le studio. Croyance donc increvable que chacune de leur intervention leur fera gagner un ou une électrice. On oublie hélas le passé, ce passé où les communistes du PCF de Georges Marchais avaient été fascinés par les interventions TV de leur Premier Secrétaire pendant que, dans le Réel, le potentiel militant était, lui, de moins en moins nombreux, qu’il était de moins en moins écouté, passant de 22% à 2% dix ans plus tard. On a aussi oublié qu’au référendum de 2005, 95% des Medias omni-présents pour le Oui ont été insuffisants pour contrecarrer le résultat.

C’était la France de la fin du XXème siècle mais on continue de l’ignorer.

On l’a oublié et – hélas – ces Organisations contre l’Ordre établi (et leurs chefs charismatiques) croient toujours que présenter leurs arguments politiques devant les présentateurs de JT, devant les animateurs des émissions politiques feront avancer leur Schmilblick.
Et voilà ces mêmes organisations prises totalement au dépourvu devant le Mouvement naissant des Gilets Jaunes, s’étonnant que malgré leurs (souvent justes) revendications, ces mêmes Gilets Jaunes se montrent réticents à leurs arguments (souvent convergents d’aileurs) et se méfient de la bureaucratie de leurs Organisations.

Ces Opposants – hors micro et écran – analysent très souvent avec justesse les Medias mais ils y vont quand-même. Et dès qu’ils sont sur les plateaux ou dans les studios, curieusement, ils rangent leurs armes critiques. Pourquoi ? Je crois que cela tient à une insuffisance de reflexion sur les dispositifs de ces émissions et surtout-surtout à un manque d’analyse sur la place prépondérante des grands Chefs que sont les animateurs/trices. Véritables despotes aux gestes amicaux, aux sourires consensuels etc, ce sont eux et eux seuls qui mènent la danse pro-libérale et gagnent toujours à la fin.

Cette impression de défaite des Opposants ne tient pas seulement à leur minorité (seuls contre deux, voire trois autres invités).

Cette déception qui nous prend à toute émission de cet acabit tient à ce que ces Opposants acceptent d’emblée – sans jamais la critiquer (on rêve d’un Godard venant décentrer toute question de Ruth Elkrief ou d’Yves Calvi) – la supposée position de neutralité, d’indépendance, d’objectivité de ces Meneurs d’émission qui sont là, nommés par leurs Patrons milliardaires, parce que d’obédience libérale.

Là où le bât blesse, c’est que ces invités estimables de la Gauche ne voit pas le dispositif qui les enserre. La contrainte inexorable n’est pas dans le trois contre Un, elle se situe dans l’omni-présence décisive à chaque moment (jusqu’au mot final) du présentateur/trice.

Seul moment de grace : lorsque Xavier Mathieu, invité des Gilets Jaunes, fit exploser le studio de BFMTV en s’en prenant à la position mise en pleine lumière de la pseudo-neutralité de la présentatrice Ruth Elkrief et de Bruce Toussaint.

Car c’est bien là que, tactiquement et stratégiquement, ces invités devraient porter leurs coups – quitte à… quitter majestueusement le studio.

Hélas, tout cela n’est pas assez connu. Et le restera encore longtemps.

Arrêt sur la Ligue du LOL et les gilets jaunes.

L’époque est à la rapidité. Une petite phrase, on la relève que déjà une autre la remplace. Une affaire d’importance, itou, elle prend tout l’espace, abondance de tweets, de billets, d’articles et tout va s’effacer le surlendemain. La Ligue des LOL a rempli les réseaux sociaux de toute sa largeur et de toute sa longueur et puis, hop les jours qui suivent l’ont transformé en mince filet d’eau. Assèchement prévu à la fin du mois ?

Il reste quand-même à se poser sur la borne, à essayer de respirer un bon coup pour prendre un peu de distance et de recul. La première chose qui me vient à l’esprit critique c’est une correspondance, un rapprochement. Je suis allé les rechercher dans des passages de Virginie Despentes (Vernon Subutex 1), extraits qui parlaient aussi de cette époque du Web, de ce début des années 2000.

Extraits : « Celui qui défonce est celui qu’on écoute – il faut toujours prendre un pseudonyme mâle pour malmener quelqu’un. Le seul son qui apaise les forcenés qui hantent les couloirs du Web, c’est celui du maton qui broie l’os d’un codétenu. Trois commentaires dithyrambiques sur le pilote d’une émission, les internautes se méfient et flairent la manipulation, trente critiques délirantes d’hostilité et personne ne se pose de questions ».

Et ailleurs : « Tant qu’on exerce pas le pouvoir, on n’a pas idée de ce que c’est. On pense que c’est s’asseoir à son bureau, donner des ordres, ne jamais être contrarié. On imagine que c’est une facilité. Au contraire, plus on s’approche du sommet, plus la lutte est rude ».

Retenons cette dernière phrase. La lutte. La rudesse. La brutalité pour toucher au Graal. Ici, curieusement, la littérature est en avance, elle dit l’essentiel derrière ses personnages. Virginie Despentes rejoint ici les analyses bourdieusiennes sur les champs. Elle jette une lumière crue sur le champ Media – via les trajectoires ascendantes de ces jeunes loups du journalisme. On reste effaré du niveau de brutalité et de violence sans retenue dans ces luttes intestines qui le traversent. Cela n’a pas commencé après l’obtention de la carte de journaliste mais aussi pendant toutes les années précédentes : celles des Ecoles. En particulier dans la plus grande d’entre elles (L’Ecole de journalisme de Lille).

Une brutalité nécessaire pour grimper les échelons et prendre d’assaut les premières loges de la Tour des Miracles Médias. Les jeunes entrants doivent écarter tous ceux/celles qui peuvent se mettre en travers. Donc il faut piétiner sans vergogne les deux corps les plus menaçants : celui des femmes, celui des minorités (gays, noires etc). Alors on piétine, on calomnie, on rudoie, on insiste, on violente tous les jours. C’est à ce prix-là qu’on s’ouvre les portes magiques de Libe, Telerama, les Inrocks, Slate, Konbini etc.

Toucher le Graal.

Et ne pas s’étonner que, quelques années, plus tard, arrivés sur ces petits sommets glorieux, on voit tout ce petit monde écrire des billets superbes sur la liberté de penser, des articles pro-féministes, prôner l’anti-racisme, faire barrage à la très vilaine Marine, être invité à blablater sur le communautarisme, bavasser sur les dangers du voile, pas étonnés qu’on les voit sceptiques, très sceptiques (voire plus) sur la radicalité politique. Pas étonnés non plus de les retrouver dans cette idéologie bon chic bon genre de la « seconde gauche », idéologues du petit milieu parisien, petits loulous bardés de profits de notoriété et suivis, à leur tour, par la faune des petits courtisans (qui les haïssent en douce et qui rêvent de les remplacer plus tard). La lèche et la haine (entre eux, à tous les étages), l’humour-potache, le cynisme groupal ou/et individuel y font bon ménage.. Ne pas oublier que cette lèche et ces haines à haut niveau ont abimé, détruit des vies, provoqué des dépressions, des séjours en HP.

Désignons à nouveau ces potentats dans ce grand Royaume Médias : les Inrocks de Pigasse, Télérama de Niel, Libération de Drahi, Slate, Le Monde de Niel et de Kretinski (decodeurs) et quelques autres officines moins connues mais annexes toutes aussi importantes (agences de Pub, blogs à hauts coefficients de notoriété, sites de Q, potentats parisiens etc).

Tout cela heurte de front ces autres épisodes que sont les Actes successifs des Gilets Jaunes. Là, nous sommes dans cette autre brutalité, celle de la violence policière, de la violence essentielle (celle qui a pour but de préserver le libéralisme à n’importe quel prix). Une violence qui se prépare par exemple dans les dîners de l’Ambassade à Londres.

Dans ces luttes en jaune, les dominés ne sont plus au plus près de la Classe Dominante. Ces dominés sont à l’opposé, en cours de constitution et de regroupement collectifs, ils ne sont pas guidés par la soif de la gloriole, l’appât des statuts, la recherche de pouvoirs. Ils ne recherchent pas les positions d’autoritarisme : ils sont juste poussés par la volonté de vivre décemment.

S’il y a lutte dans le champ de la haute société avec ces Entrants qui veulent soudement prendre la place des Vieilissants, là, dans les fondrières, le bas du pavé, dans les cabanes aux Carrefours, dans les horreurs des gaz et des tirs de flashballs, les Dominés relèvent la tête, ils tissent des liens de solidarité, ces liens qu’exècrent les éditocrates. Ils insistent malgré les canons à eau et les canons des sondages à la con, malgré les pilonnages quotidiens de la journaille médiatique, celle qui va – de pair – bientôt enterrer aussi les saloperies de cette Ligue du LOL.

Tout dominés qu’ils sont, ils tiennent, ils résistent.

Nous continuerons de tenir.

Nous continuerons de résister.

Réponse à @libedesintox.

Les « journalistes » de @Libedesintox passent leurs journées à trier les questions, à catégoriser les citoyens et à dire ce qui est vrai et ce qui est faux. Ils ne cessent de travailler à des classements ( gauche/extrême-gauche/ultra-gauche par exemple) mais les voilà qui se fâchent tout rouge dès qu’avec les points de vue que je défends j’en viens, à mon tour à les classer.

Catégorie : Jeteur d’«insultes ».

Ce 30 janvier 2019, l’équipe de Cédric Mathiot très agacée s’est fendue d’un tweet où il est dit sans nuances que je manierais l’insulte à leur égard. Catégorie : jeteur d’insultes.

Remarquez que lorsque Frédéric Lordon les cloue à « égoûtiers du Net », ils ne pipent mot. C’est qu’ils leur est plus facile de s’offusquer d’un pôv BiBi, de ses 150 lecteurs/trices/ par jour sur 11 ans de blog et de plus de 5000 abonné(e)s non acheté(e)s sur Twitter.

Voyons de plus près mes insultes (imaginaires). Il suffirait de lire et relire mes quelques 1600 billets pour s’apercevoir que jamais je n’insulte mes adversaires. JAMAIS. Et ce, non pour m’en glorifier ou pour m’afficher en « Père-la-Morale ». L’insulte est introuvable chez moi.

  1. « insulter » est une perte de temps.
  2.  Les insultes version Libedesintox sont attribuées à l’autre (donc à BiBi qui est censé les proférer). Du coup, distorsion habile, la cible à plaindre deviendrait Libedesintox. Or c’est tout le contraire (voir plus loin). Les psys appellent ça de la projection.
  3. Enfin, l’insulte – d’où qu’elle vienne – vient en lieu et place de toute argumentation. Voilà qui arrange bien leurs affaires car qu’est-ce qu’ont nos « égoutiers » à argumenter sur leur indépendance  ? Sur leur Objectivité ? Sur leur neutralité lorsqu’on sait qu’ils ont signé des contrats annuels avec FaceBook, Officine privée qui a connu deux dernières années calamiteuses. Ici, un des scandales 2017 résumé par cet extrait d’un article de L’Obs suite à un mea culpa récent de leur Boss :

J’ai donc examiné les tweets de ces Brigadiers du Net. Lorsqu’ils répondent au lectorat qui les conteste, ce qui en ressort, c’est un total irrespect. Leur façon d’insulter se couple d’ailleurs souvent d’un humour potache très moqueur. Exemples :

  1. Dès le 17 mai 2017, lorsque je leur rappelle le Bayrougate sur lequel ils ont fait silence, ils me répondent que je suis « gonflant ».
  2.  Ils s’agacent lorsqu’on leur rappelle qu’il ne s’agit pas, avec Facebook, d’un « partenariat » qui engage deux parties à égalité mais d’un « contrat de soumission où l’un – FaceBook – paye (domine) l’autre« .
  3. Les « insultes » pleuvent ces derniers temps : BiBi serait un troll ( pas grave) mais c’est l’escalade : « Borné et de mauvaise foi », me conseillent d’un ton sans ambages d’aller « me reposer », de « penser à autre chose » (17 mai 2018). Enfin, pire, ils me classent en jeteur d’«insultes » qui encouragerait les internautes à faire de même. Avec ce mot « dégout » qui n’a jamais été le mien mais bien le leur.

Je peux faire l’inventaire des mes insultes. Les voila : « Brigade du Net », « Police du Net ». Mais j’avoue, la pire, fut celle où je les accuse d’être « des jeunes loulous du journalisme » !

Plus sérieusement, c’est mon billet – qu’ils n’ont jamais pu avaler – où j’examine à la loupe la trajectoire sociale et professionnelle de cette merveilleuse équipe. J’y relevais le cursus de @jacquespezet qui a eu quand-même le courage de dialoguer pendant que les autres loulous se sont tûs).

Tweet où ils inventent ce « dégoût » pour … ensuite s’en plaindre

« Un Consortium de la Vérité Numérique » (Lordon)

UN PEU D’HISTOIRE.

Juste avant les Présidentielles 2017, Libedesintox fait silence sur le Bayrougate avec une excuse incroyable : « ils avaient trop de travail ».

Le rappel de leur Une (« Faites ce que vous voulez mais voter Macron ») les met en fureur. Le nom de Patrick Drahi – qui colle mal avec leur indépendance – les fout  évidemment en rogne. Idem pour l’affaire Tarnac où Libe classera le groupe à l’ultra-gauche ou pour les Panama Papers (où, bien entendu, Drahi n’a rien à y voir).

Autre exemple rigolo. Tu leur demandes pourquoi Mediapart a été le seul à… (Tu rajoutes : Mais où était donc Libe ?) et tu trouves alors cette justification à mourir de rire sur CheckNews.fr.

Ils n’ont donc pas traité le problème des ristournes à Macron non parce qu’ils avaient trop de travail mais parce qu’ils étaient en… vacances !

Autre exemple : janvier 2017 marque le début de l’assujetissement de Liberation (et de huit autres Medias) à FaceBook. Libedesintox s’enorgueillit de parler de son « partenaire » !! (fin décembre 2017 à FranceInter) mais oublie de donner les chiffres des montants. Récemment encore, dans l’émission L’Instant M, Cédric Mathiot ne dit pas un mot sur les liens avec FaceBook et l’entretien continue tranquilou.

1. Il a fallu que les internautes et les bibis insistent,

2. il a fallu la publication du Canard Enchaîné (ici)

3. Il a fallu l’article saignant de Frédéric Lordon (ici) pour que, contraint et forcé, Libedesintox donne les chiffres !

Rappels : 2017 : 100.000 dollars. 2018 : 245.000 dollars.

Ceci avec les ahurissantes justifications. Relevons :

« La rénumération d’un média par un tiers privé pose forcément des questions » (Cédric Mathiot). Ah oui, c’est sûr qu’elle en pose des questions et pas des moindres ! C’est LA QUESTION CENTRALE, cher Cédric Mathiot.

« A La rédaction de Libé de faire preuve d’indépendance » (8 janvier 2018).

Tu demandes des garanties d’indépendance avec FaceBook qui te verse…. 245.000 dollars ? Mathiot te répond sans autre engagement que la parole de FaceBook : « Depuis que FaceBook a été accusé (…), le géant américain a du montrer patte blanche ». Allez, hop, circulez, on vous a tout dit.

Sauf que sur ce Tiers privé qu’est FaceBook, nulle garantie n’est trouvée pour l’indépendance, la neutralité, l’objectivité. Parcourons cet extrait de Libre Actu :

Bien sur, cela concerne les Decodeurs du Monde de Xavier Niel qui, eux, refusent toute divulgation des montants engagés dans leur assujetissement à FaceBook. Mais souvenons-nous qu’en 2011, Nicolas Demorand, alors à la tête de la Rédaction de Libe, avait appelé Anne Lauvergeon d’Areva à la tête du Conseil de Surveillance des Journalistes !

La constante reste la même pour cette fine équipe : défendre cette « seconde gauche » inaugurée en son temps (ces loulous n’étaient pas nés) par un numéro spécial « Vive la Crise ».

Seconde gauche inaugurée par Mitterrand 1983, Jospin 2002, Hollande 2012 et aboutissant au Désastre Macron 2017. Avec pour seuls buts poursuivis aujourd’hui : promouvoir Glucksmann et Hamon, déligitimer les gilets jaunes et dénaturer leurs options. Rien de neuf pour qui a suivi Liberation et lu le livre de Pierre Rimbert («Liberation de Sartre à Rothschild» aux Raisons d’Agir).

LE TRI DES QUESTIONS.

Les loulous de Libedesintox nous certifient ouvrir démocratiquement les portes de leur plate-forme CheckNews.  Hélas, c’est quand-même là que se trouve leur plus grande esbrouffe : car sur quels critères un sujet, une question est choisie et… non-choisie ? On a vu que ces deux Instances auto-proclamées de Vérité (Libedesintox et Decodeurs de Samuel Laurent) appartiennent à deux géants français des Médias. D’un côté, Macron veut une loi sur les fake news, veut interdire l’anonymat sur les réseaux sociaux et de l’autre, voilà nos jeunes loulous du journalisme prêts à participier avec candeur et grande fierté à la grande Division du Travail de Surveillance.

Aux cris qu’ils m’adressent « Complotistes, les bibis ! », haussons les épaules et rappelons qu’en ces temps de violences libérales, de violences policières, SURVEILLER est une des matrices essentielles, un rouage indispensable de la Classe dominante.

EXEMPLES POUR FINIR.

Voilà deux fakenews relevées par Bibi. Il est assuré que les loulous de Libedesintox ne les classeront pas en fakenews.

  1. Les propos de Laurent Joffrin (mi-janvier 2019 !) : merveilleux mensonge sur le mouvement honni par Libe, celui des gilets jaunes.

2. Et ces paroles de Macron qui assène ses mensonges sur « l’influence des activistes et des Russes sur la frange radicale des Gilets Jaunes » (mais qui se tait sur les preuves des 300.000 euros donnés au macroniste Vincent Crase par un oligarque russe) et qui rajoute : « Les Gilets Jaunes ont été « conseillés » par l’étranger ».

Allez, je parie que sur ces deux fakenews, Libedesintox sera une nouvelle fois…. en vacances !