Archives: février 2019

Arrêt sur la Ligue du LOL et les gilets jaunes.

L’époque est à la rapidité. Une petite phrase, on la relève que déjà une autre la remplace. Une affaire d’importance, itou, elle prend tout l’espace, abondance de tweets, de billets, d’articles et tout va s’effacer le surlendemain. La Ligue des LOL a rempli les réseaux sociaux de toute sa largeur et de toute sa longueur et puis, hop les jours qui suivent l’ont transformé en mince filet d’eau. Assèchement prévu à la fin du mois ?

Il reste quand-même à se poser sur la borne, à essayer de respirer un bon coup pour prendre un peu de distance et de recul. La première chose qui me vient à l’esprit critique c’est une correspondance, un rapprochement. Je suis allé les rechercher dans des passages de Virginie Despentes (Vernon Subutex 1), extraits qui parlaient aussi de cette époque du Web, de ce début des années 2000.

Extraits : « Celui qui défonce est celui qu’on écoute – il faut toujours prendre un pseudonyme mâle pour malmener quelqu’un. Le seul son qui apaise les forcenés qui hantent les couloirs du Web, c’est celui du maton qui broie l’os d’un codétenu. Trois commentaires dithyrambiques sur le pilote d’une émission, les internautes se méfient et flairent la manipulation, trente critiques délirantes d’hostilité et personne ne se pose de questions ».

Et ailleurs : « Tant qu’on exerce pas le pouvoir, on n’a pas idée de ce que c’est. On pense que c’est s’asseoir à son bureau, donner des ordres, ne jamais être contrarié. On imagine que c’est une facilité. Au contraire, plus on s’approche du sommet, plus la lutte est rude ».

Retenons cette dernière phrase. La lutte. La rudesse. La brutalité pour toucher au Graal. Ici, curieusement, la littérature est en avance, elle dit l’essentiel derrière ses personnages. Virginie Despentes rejoint ici les analyses bourdieusiennes sur les champs. Elle jette une lumière crue sur le champ Media – via les trajectoires ascendantes de ces jeunes loups du journalisme. On reste effaré du niveau de brutalité et de violence sans retenue dans ces luttes intestines qui le traversent. Cela n’a pas commencé après l’obtention de la carte de journaliste mais aussi pendant toutes les années précédentes : celles des Ecoles. En particulier dans la plus grande d’entre elles (L’Ecole de journalisme de Lille).

Une brutalité nécessaire pour grimper les échelons et prendre d’assaut les premières loges de la Tour des Miracles Médias. Les jeunes entrants doivent écarter tous ceux/celles qui peuvent se mettre en travers. Donc il faut piétiner sans vergogne les deux corps les plus menaçants : celui des femmes, celui des minorités (gays, noires etc). Alors on piétine, on calomnie, on rudoie, on insiste, on violente tous les jours. C’est à ce prix-là qu’on s’ouvre les portes magiques de Libe, Telerama, les Inrocks, Slate, Konbini etc.

Toucher le Graal.

Et ne pas s’étonner que, quelques années, plus tard, arrivés sur ces petits sommets glorieux, on voit tout ce petit monde écrire des billets superbes sur la liberté de penser, des articles pro-féministes, prôner l’anti-racisme, faire barrage à la très vilaine Marine, être invité à blablater sur le communautarisme, bavasser sur les dangers du voile, pas étonnés qu’on les voit sceptiques, très sceptiques (voire plus) sur la radicalité politique. Pas étonnés non plus de les retrouver dans cette idéologie bon chic bon genre de la « seconde gauche », idéologues du petit milieu parisien, petits loulous bardés de profits de notoriété et suivis, à leur tour, par la faune des petits courtisans (qui les haïssent en douce et qui rêvent de les remplacer plus tard). La lèche et la haine (entre eux, à tous les étages), l’humour-potache, le cynisme groupal ou/et individuel y font bon ménage.. Ne pas oublier que cette lèche et ces haines à haut niveau ont abimé, détruit des vies, provoqué des dépressions, des séjours en HP.

Désignons à nouveau ces potentats dans ce grand Royaume Médias : les Inrocks de Pigasse, Télérama de Niel, Libération de Drahi, Slate, Le Monde de Niel et de Kretinski (decodeurs) et quelques autres officines moins connues mais annexes toutes aussi importantes (agences de Pub, blogs à hauts coefficients de notoriété, sites de Q, potentats parisiens etc).

Tout cela heurte de front ces autres épisodes que sont les Actes successifs des Gilets Jaunes. Là, nous sommes dans cette autre brutalité, celle de la violence policière, de la violence essentielle (celle qui a pour but de préserver le libéralisme à n’importe quel prix). Une violence qui se prépare par exemple dans les dîners de l’Ambassade à Londres.

Dans ces luttes en jaune, les dominés ne sont plus au plus près de la Classe Dominante. Ces dominés sont à l’opposé, en cours de constitution et de regroupement collectifs, ils ne sont pas guidés par la soif de la gloriole, l’appât des statuts, la recherche de pouvoirs. Ils ne recherchent pas les positions d’autoritarisme : ils sont juste poussés par la volonté de vivre décemment.

S’il y a lutte dans le champ de la haute société avec ces Entrants qui veulent soudement prendre la place des Vieilissants, là, dans les fondrières, le bas du pavé, dans les cabanes aux Carrefours, dans les horreurs des gaz et des tirs de flashballs, les Dominés relèvent la tête, ils tissent des liens de solidarité, ces liens qu’exècrent les éditocrates. Ils insistent malgré les canons à eau et les canons des sondages à la con, malgré les pilonnages quotidiens de la journaille médiatique, celle qui va – de pair – bientôt enterrer aussi les saloperies de cette Ligue du LOL.

Tout dominés qu’ils sont, ils tiennent, ils résistent.

Nous continuerons de tenir.

Nous continuerons de résister.

Réponse à @libedesintox.

Les « journalistes » de @Libedesintox passent leurs journées à trier les questions, à catégoriser les citoyens et à dire ce qui est vrai et ce qui est faux. Ils ne cessent de travailler à des classements ( gauche/extrême-gauche/ultra-gauche par exemple) mais les voilà qui se fâchent tout rouge dès qu’avec les points de vue que je défends j’en viens, à mon tour à les classer.

Catégorie : Jeteur d’«insultes ».

Ce 30 janvier 2019, l’équipe de Cédric Mathiot très agacée s’est fendue d’un tweet où il est dit sans nuances que je manierais l’insulte à leur égard. Catégorie : jeteur d’insultes.

Remarquez que lorsque Frédéric Lordon les cloue à « égoûtiers du Net », ils ne pipent mot. C’est qu’ils leur est plus facile de s’offusquer d’un pôv BiBi, de ses 150 lecteurs/trices/ par jour sur 11 ans de blog et de plus de 5000 abonné(e)s non acheté(e)s sur Twitter.

Voyons de plus près mes insultes (imaginaires). Il suffirait de lire et relire mes quelques 1600 billets pour s’apercevoir que jamais je n’insulte mes adversaires. JAMAIS. Et ce, non pour m’en glorifier ou pour m’afficher en « Père-la-Morale ». L’insulte est introuvable chez moi.

  1. « insulter » est une perte de temps.
  2.  Les insultes version Libedesintox sont attribuées à l’autre (donc à BiBi qui est censé les proférer). Du coup, distorsion habile, la cible à plaindre deviendrait Libedesintox. Or c’est tout le contraire (voir plus loin). Les psys appellent ça de la projection.
  3. Enfin, l’insulte – d’où qu’elle vienne – vient en lieu et place de toute argumentation. Voilà qui arrange bien leurs affaires car qu’est-ce qu’ont nos « égoutiers » à argumenter sur leur indépendance  ? Sur leur Objectivité ? Sur leur neutralité lorsqu’on sait qu’ils ont signé des contrats annuels avec FaceBook, Officine privée qui a connu deux dernières années calamiteuses. Ici, un des scandales 2017 résumé par cet extrait d’un article de L’Obs suite à un mea culpa récent de leur Boss :

J’ai donc examiné les tweets de ces Brigadiers du Net. Lorsqu’ils répondent au lectorat qui les conteste, ce qui en ressort, c’est un total irrespect. Leur façon d’insulter se couple d’ailleurs souvent d’un humour potache très moqueur. Exemples :

  1. Dès le 17 mai 2017, lorsque je leur rappelle le Bayrougate sur lequel ils ont fait silence, ils me répondent que je suis « gonflant ».
  2.  Ils s’agacent lorsqu’on leur rappelle qu’il ne s’agit pas, avec Facebook, d’un « partenariat » qui engage deux parties à égalité mais d’un « contrat de soumission où l’un – FaceBook – paye (domine) l’autre« .
  3. Les « insultes » pleuvent ces derniers temps : BiBi serait un troll ( pas grave) mais c’est l’escalade : « Borné et de mauvaise foi », me conseillent d’un ton sans ambages d’aller « me reposer », de « penser à autre chose » (17 mai 2018). Enfin, pire, ils me classent en jeteur d’«insultes » qui encouragerait les internautes à faire de même. Avec ce mot « dégout » qui n’a jamais été le mien mais bien le leur.

Je peux faire l’inventaire des mes insultes. Les voila : « Brigade du Net », « Police du Net ». Mais j’avoue, la pire, fut celle où je les accuse d’être « des jeunes loulous du journalisme » !

Plus sérieusement, c’est mon billet – qu’ils n’ont jamais pu avaler – où j’examine à la loupe la trajectoire sociale et professionnelle de cette merveilleuse équipe. J’y relevais le cursus de @jacquespezet qui a eu quand-même le courage de dialoguer pendant que les autres loulous se sont tûs).

Tweet où ils inventent ce « dégoût » pour … ensuite s’en plaindre

« Un Consortium de la Vérité Numérique » (Lordon)

UN PEU D’HISTOIRE.

Juste avant les Présidentielles 2017, Libedesintox fait silence sur le Bayrougate avec une excuse incroyable : « ils avaient trop de travail ».

Le rappel de leur Une (« Faites ce que vous voulez mais voter Macron ») les met en fureur. Le nom de Patrick Drahi – qui colle mal avec leur indépendance – les fout  évidemment en rogne. Idem pour l’affaire Tarnac où Libe classera le groupe à l’ultra-gauche ou pour les Panama Papers (où, bien entendu, Drahi n’a rien à y voir).

Autre exemple rigolo. Tu leur demandes pourquoi Mediapart a été le seul à… (Tu rajoutes : Mais où était donc Libe ?) et tu trouves alors cette justification à mourir de rire sur CheckNews.fr.

Ils n’ont donc pas traité le problème des ristournes à Macron non parce qu’ils avaient trop de travail mais parce qu’ils étaient en… vacances !

Autre exemple : janvier 2017 marque le début de l’assujetissement de Liberation (et de huit autres Medias) à FaceBook. Libedesintox s’enorgueillit de parler de son « partenaire » !! (fin décembre 2017 à FranceInter) mais oublie de donner les chiffres des montants. Récemment encore, dans l’émission L’Instant M, Cédric Mathiot ne dit pas un mot sur les liens avec FaceBook et l’entretien continue tranquilou.

1. Il a fallu que les internautes et les bibis insistent,

2. il a fallu la publication du Canard Enchaîné (ici)

3. Il a fallu l’article saignant de Frédéric Lordon (ici) pour que, contraint et forcé, Libedesintox donne les chiffres !

Rappels : 2017 : 100.000 dollars. 2018 : 245.000 dollars.

Ceci avec les ahurissantes justifications. Relevons :

« La rénumération d’un média par un tiers privé pose forcément des questions » (Cédric Mathiot). Ah oui, c’est sûr qu’elle en pose des questions et pas des moindres ! C’est LA QUESTION CENTRALE, cher Cédric Mathiot.

« A La rédaction de Libé de faire preuve d’indépendance » (8 janvier 2018).

Tu demandes des garanties d’indépendance avec FaceBook qui te verse…. 245.000 dollars ? Mathiot te répond sans autre engagement que la parole de FaceBook : « Depuis que FaceBook a été accusé (…), le géant américain a du montrer patte blanche ». Allez, hop, circulez, on vous a tout dit.

Sauf que sur ce Tiers privé qu’est FaceBook, nulle garantie n’est trouvée pour l’indépendance, la neutralité, l’objectivité. Parcourons cet extrait de Libre Actu :

Bien sur, cela concerne les Decodeurs du Monde de Xavier Niel qui, eux, refusent toute divulgation des montants engagés dans leur assujetissement à FaceBook. Mais souvenons-nous qu’en 2011, Nicolas Demorand, alors à la tête de la Rédaction de Libe, avait appelé Anne Lauvergeon d’Areva à la tête du Conseil de Surveillance des Journalistes !

La constante reste la même pour cette fine équipe : défendre cette « seconde gauche » inaugurée en son temps (ces loulous n’étaient pas nés) par un numéro spécial « Vive la Crise ».

Seconde gauche inaugurée par Mitterrand 1983, Jospin 2002, Hollande 2012 et aboutissant au Désastre Macron 2017. Avec pour seuls buts poursuivis aujourd’hui : promouvoir Glucksmann et Hamon, déligitimer les gilets jaunes et dénaturer leurs options. Rien de neuf pour qui a suivi Liberation et lu le livre de Pierre Rimbert («Liberation de Sartre à Rothschild» aux Raisons d’Agir).

LE TRI DES QUESTIONS.

Les loulous de Libedesintox nous certifient ouvrir démocratiquement les portes de leur plate-forme CheckNews.  Hélas, c’est quand-même là que se trouve leur plus grande esbrouffe : car sur quels critères un sujet, une question est choisie et… non-choisie ? On a vu que ces deux Instances auto-proclamées de Vérité (Libedesintox et Decodeurs de Samuel Laurent) appartiennent à deux géants français des Médias. D’un côté, Macron veut une loi sur les fake news, veut interdire l’anonymat sur les réseaux sociaux et de l’autre, voilà nos jeunes loulous du journalisme prêts à participier avec candeur et grande fierté à la grande Division du Travail de Surveillance.

Aux cris qu’ils m’adressent « Complotistes, les bibis ! », haussons les épaules et rappelons qu’en ces temps de violences libérales, de violences policières, SURVEILLER est une des matrices essentielles, un rouage indispensable de la Classe dominante.

EXEMPLES POUR FINIR.

Voilà deux fakenews relevées par Bibi. Il est assuré que les loulous de Libedesintox ne les classeront pas en fakenews.

  1. Les propos de Laurent Joffrin (mi-janvier 2019 !) : merveilleux mensonge sur le mouvement honni par Libe, celui des gilets jaunes.

2. Et ces paroles de Macron qui assène ses mensonges sur « l’influence des activistes et des Russes sur la frange radicale des Gilets Jaunes » (mais qui se tait sur les preuves des 300.000 euros donnés au macroniste Vincent Crase par un oligarque russe) et qui rajoute : « Les Gilets Jaunes ont été « conseillés » par l’étranger ».

Allez, je parie que sur ces deux fakenews, Libedesintox sera une nouvelle fois…. en vacances !