Archives: juin 2011

Une écriture débraillée.

En nous, le feu qui couve, en nous les tisons sous nos apparences cendrées.

En nous, les grands incendies qui détruisent nos certitudes et dévastent nos territoires.

En nous, les feux où l’on se réchauffe le cœur, les pensées, où l’on se brûle les doigts.

En nous, les petites flammes qui éclairent nos coins fragiles et les abords de nos tentes de nomades.

Témoigner par brûlures, par pensées incendiaires. Toutes têtes brûlées que nous sommes

que nous serons

que nous resterons.

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Notre Vie condensée en un livre, en un chapitre. Mieux même : en une phrase, en une ligne, en un mot, en un instantané. Mieux encore : en un soupir, en un silence.

Et sans se préoccuper du reste, aller au bout de ce que nous aimons.

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Je ne suis pas tombé au bon siècle, pas tombé aussi au bon endroit. Je suis l’étranger. C’est sous l’ombre des grands châtaigniers que je suis resté une bonne partie de cet après-midi. Chaud soleil d’été. Une heure plus tard, une voix m’a rappelé à l’ordre : « Non, tu n’es pas l’étranger. Tu as été au bon endroit, à la bonne heure ».

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Ces premières heures matinales : valse hésitation, oscillation ténue entre deux souffrances. Celles inutiles, celles créatrices.

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Sur leur Amour abstrait de l’Homme, ils pérorent des heures et des heures. Présentez-leur un être singulier : ils ne l’écoutent plus au bout de dix secondes.

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Que dire des écrivaillons ? Cet aphorisme : « En cas de malheur, alpaguez le premier écrivain qui passe et demandez-lui de l’aide : il ne bougera pas, le couard, mais il vous tendra la main pour vous offrir son dernier livre. »

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Écrire : c’est-à-dire ne pas commencer à blablater sur tout, à parler de tout, à se prononcer sur tout. Que celui qui écrit vienne plutôt s’expliquer sur son aventure personnelle, sur son trajet singulier dans l’écriture. Rien de plus déshonorant que les écrivains-sandwichs parlant de grande Cuisine et pérorant sur la Faim dans le Monde. Qu’ils nous disent plutôt, ces Pauvres cornichons où ils ont trouvé leurs Jambon-beurre : ça calmera peut-être notre faim.

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Tant de choses, tant de Mondes nous échappent. « Tant de vers disparus. Je n’en note aucun. » disait la poétesse russe Marina Tsvetaeva. J’ai, moi aussi, la mémoire qui se trouble, qui me trouble.

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La Vie ne se laisse pas enfermer : ni dans nos désirs conscients, ni dans nos projets élaborés, ni dans nos écrits, ni dans le laisser-faire, ni dans le laisser-aller.

La Vie ne se laisse jamais enfermer. Un point c’est tout.

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Que Dieu, au milieu de tout ce Cirque, nous préserve du mensonge, de la jalousie, des pensées malveillantes, de sarcasmes secrets, des rires de mépris et de haine. Soit. Mais qu’Il nous préserve tout autant de ces masques d’amabilité, des sourires conviviaux, de ces révérences assassines et de cette hypocrite bonne humeur publique et privée qui est le fléau des Temps Présents.

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Écrire débraillé : voilà ma devise d’Homme qui écrit.

Les Educateurs : futures machines à Café ?

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«Il me semble que les politiques au Pouvoir voudraient transformer les travailleurs sociaux en distributeurs automatiques de services, c’est-à-dire en machine à café fiables et performantes. Le mécanisme serait le suivant : on énumère des problèmes (emploi, chômage, handicaps, violence…). Pour chaque problème, on crée une catégorie ayant-droit. En vis-à-vis, on installe une cohorte de travailleurs sociaux distributeurs de solutions pour le problème particulier qu’ils sont chargés de traiter. Les travailleurs sociaux sont en train de se centrer sur la question du Problème et non sur la question du Sujet». Justes paroles de Paul Fustier, professeur émérite de psychologie à l’Université Lumière de Lyon 2.

Ce qui reste sur, c’est que cette question du Sujet – difficile à avaler mais incontournable – n’est pas soluble dans le café.

La Justice de Sarkozy : pressions et répression.

Le Pouvoir sarkozyste et ses Penseurs sortis de la Droite extrême n’ont que le mot de Répression à la bouche. Les lois qu’ils préparent portent une grave atteinte au fonctionnement des juridictions pour mineurs en alignant leur régime pénal sur celui des majeurs. De fait est occulté tout soutien éducatif possible.

Catherine Sultan, Présidente du Tribunal pour Enfants de Créteil et de l’Association française des Magistrats de la jeunesse et de la Famille, s’insurge à juste titre devant ce projet de loi qui instaure des jurés populaires et qui bouleverse la Justice des Mineurs. Elle s’arrête sur sa logique :

«Mettre les juges à l’écart, c’est donner le Pouvoir au Parquet, anéantir cette justice particulière attachée à la personne et détourner le travail éducatif (…). On entend élargir le placement en Centre éducatif fermé pour mettre plus facilement en prison alors qu’on avait surtout besoin de revitaliser les Foyers éducatifs, les Internats et les Services sociaux de Milieux ouverts renforcés» (Source : Politis du 26 mai).

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Le 21 juin, un certain nombre de magistrats et travailleurs sociaux ont flairé que de graves dangers se préparaient en douce sur la législation des Mineurs. Ils lancent un cri d’alarme dans Libération :

«Le gouvernement s’apprête à faire voter en procédure accélérée la création d’un tribunal correctionnel pour mineurs. Exit la spécialisation de la justice des mineurs et mise à l’écart du juge des enfants chargé du suivi des mineurs auteurs d’infractions».

Le projet fait en effet quasiment disparaître le tribunal pour enfants où siègent – aux côtés du juge des enfants – deux assesseurs recrutés pour leur intérêt pour les questions de l’enfance. Ils sont ainsi congédiés au profit du tribunal correctionnel, augmenté dans certaines affaires d’assesseurs-citoyens tirés au sort et où le juge des enfants servira d’alibi.

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« L’objectif avoué de la réforme est de renforcer la répression de la délinquance des mineurs en entretenant l’illusion que la crainte d’une sanction plus forte suffirait, de façon magique, à dissuader des adolescents déstructurés d’un passage à l’acte. Au contraire ces nouvelles dispositions vont affaiblir les moyens d’action éprouvés et efficaces de notre justice des mineurs» écrivent encore les signataires.

Aux violences repérées dans les Établissements Pénitentiaires pour Mineurs (EPM), voilà, en contrepoint, le constat de la Ligue des Droits de l’Homme de Midi-Pyrénées qui confirme cet objectif désastreux de renforcer à n’importe quel prix la répression.

«Aujourd’hui, certains de ces mineurs ne sont plus protégés de l’agressivité ambiante et les professionnels dépourvus de moyens et piégés par une mission impossible ne peuvent pas exercer leur métier dans le respect des règles. Au-delà des effets d’annonce démagogiques et martiaux, ce type de structures démontre à nouveau que tout enfermement des mineurs s’appuyant exclusivement sur la sanction et la contention est voué à l’échec, laissant entier le problème de délinquance». (Source : Lien Social).

BiBi et ses premières Flèches estivales.

Atomic Ann & Ségo : une amitié sans fission.

A peine BiBi entendit Ségolène Royal dire tout le bien d’Anne Lauvergeon sur France-Inter qu’il prit son clavier pour lâcher le tweet suivant : «Au secours ! Ségolène Royal encense Anne Lauvergeon : Est-ce normal qu’entre elles, il y ait des… Atomes crochus ?»

Tea Party chez Christine Lagarde.

Paris-Match rapporte les belles paroles de Christine Lagarde : «Chaque fois que je passe à Londres, le chauffeur de l’ambassade de France me donne des boites de PGTips, un thé très fort qu’on ne trouve qu’en Angleterre». Cette chère Dame Lagarde n’est vraiment pas la tasse de thé de BiBi.

Christine Lagarde touche le(s) fonds.

Madame FMI garde une forme olympique dans sa course de fond (internationale) : «60 heures de vol en 6 jours. 65000 kilomètres. Le tout dans des avions de ligne». Sur les fonds monétaires de ces voyages, la journaleuse de Paris-Match, Marie-Pierre Gröndhal, ne pipe mot. Pour payer la note, le FMI et Madame Lagarde ont déjà fait généreusement un appel de fonds aux Grecs et à leurs Services Publics.

Christine Lagarde et le Tapie rouge.

Dans le même article dithyrambique de Paris-Match, Marie-Pierre Gröndhal nous expose les opinions de Stéphane Richard (PDG de France Télécom) et de Christophe de Margerie (PDG de Total) qui trouvent évidemment la femme formidable. Malheureusement, il manque un témoignage d’importance : l’avis de l’inénarrable Bernard Tapie sur la future Reine du FMI.

Quand Politis se met au Vert.

Dans un billet de Politis (N° du 16 juin), Patrick Piro y encense le pauvre Hulot (soutenu hélas par Hessel et Bové). Son billet se résume à enfoncer Stéphane Lhomme, candidat à la candidature verte, qui n’aurait pour programme que de «faire de Hulot sa tête de turc» et de n’avoir pour effet que d’«agacer une partie du public».

On y apprend aussi que «le fond ne clive guère entre les 4 postulants» (ce qui permet à Piro de faire l’économie d’une analyse différenciée). Le journaliste est plus qu’ébloui par notre Hulot qui «se détache indiscutablement sur la forme et l’aura médiatique» et qui «a mieux assimilé que les autres le programme d’EELV». Chez Politis, on ne dit pas : «On déroule le tapis rouge» mais «On marche sur le gazon vert (couleur Ushaia)».

Charles Beigbeder.

BiBi pensait que le Prince Charles des Montagnes était parti à la Conquête du Mont-Blanc pour donner un coup de pouce à la Mascarade Annecy-2018. BiBi espérait que le Yéti haut-savoyard garderait un temps le frangin de Frédéric, lui aussi Homme de la Neige. Hélas, Charles a renoncé piteusement devant le «mauvais» temps du 18 juin, fête des Pères. Celui qui est surnommé le «Papa-J.O» aura désormais gagné un autre surnom : «Papa-Pantoufles».

Un arbitre de bas niveau.

Rudolph Giuliani, ex-procureur et ancien maire de New-York, a déclaré : «Ce qui est remarquable dans le dossier DSK, c’est la grande qualité de tous les protagonistes, défense et accusation». Et il rajoute : «Ce procès va être de très bon niveau». Ce «de très bon niveau» insupportable renvoie à la métaphore sportive. Nous serions donc devant un banal match de football. De football américain, of course. Mais pour l’instant, toute l’Affaire se passe dans les vestiaires.

Flèches de Cœur aux Lecteurs.

BiBi fait son bilan pré-estival. Il remercie les lecteurs du présent blog (450 personnes par jour) et les amateurs de friandises-BiBi sur Twitter (bientôt 600 followers). S’il était un bon Communicant, BiBi lancerait une grande Opération abonnement pour l’URL de son blog et pour l’inscription à son compte-Twitter @pensezbibi.

BiBi, un peu effaré, voit arriver le billet 1000 (pas le billet DE mille) après plus de trois ans d’existence. Il tentera de toujours garder son humour grinçant, sa rage désespérée et sa volonté obsessionnelle et farouche d’indépendance. Car, le croit-il, c’est pour lui la seule façon de gagner et de garder les faveurs de ses lecteurs présents et futurs.

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Image : Couverture retravaillée du livre de Fabien Clavel aux Editions Pygmalion Fantasy.

Nicolas Sarkozy, amoureux fou de la Peinture !

Lors de ces derniers mois, Nicolas Sarkozy fait flèche de tout bois. Il investit tous les domaines culturels. Un vrai glouton ! Cette fois-ci, il nous dit son incroyable amour de la Peinture.

L’Homme des Temps Nouveaux.

Ayant désormais abandonné le cinéma des Clavier-Reno-Chazel & Co, il s’est accoquiné avec les grands cinéastes : Dreyer, Pasolini, Fellini et tutti quanti (Lire ici). Ayant délaissé les Œuvres Complètes de Didier Barbelivien, il s’est rué sur Proust, Camus (pas le cognac, hein ?), Nerval etc. (Lire ici). Et ce n’est pas fini : le voilà à présent tombé dans les pots de peinture. Notre Chouchou s’adonne plus que jamais à la contemplation de tableaux. Dernièrement, il s’est rendu à l’atelier parisien du peintre Pierre Soulages.

Et c’est un petit entrefilet de Paris-Match qui nous le dit.

Stratégie de la Discrétion.

Une fois de plus, BiBi rappellera ici cette Opération Discrétion, fomentée par Frank Louvrier et son équipe de Com’. Le Chef de l’Etat doit se faire rare et discret, n’intervenant que lors de choses qui en vaillent le coup. La stratégie de Conquête du Monde Intellectuel (appuyée par les éditocrates, intellectuels médiatiques, chiens de garde, plumitifs impressionnables etc) se fonde sur la Discrétion mais d’une discrétion fortement répercutée par les Journaux et Hebdos à la botte.

La Botte Lagardère.

On connaît la botte Lagardère, propriétaire de Paris-Match où BiBi a trouvé cet entrefilet qui n’a l’air de rien mais qui joue un rôle de Com et de persuasion essentiel.

  1. Paris-Match ne parle guère de Sarkozy dans son dernier numéro. Il se plie aux ordres de cette stratégie en douceur.
  2. Paris-Match inscrit ce petit entrefilet qui se trouve «perdu» dans les Nouvelles et Potins du Monde politique. On y apprend que Chouchou et sa Chochotte (Carla Bruni Sarkozy) ont rencontré le peintre Soulages dans son atelier parisien. L’échange Chouchou-Soulages aurait duré une heure. Et cette rencontre, souligne Paris-Match, s’est faite «en toute discrétion».
  3. L’Opération est habile : Paris-Match, lui, ne se vend pas en toute discrétion et cet entrefilet se trouve – mine de rien – dans une des rubriques les plus faciles à lire et à retenir.
  4. Bénéfices : on ne peut accuser Paris-Match d’être aux ordres puisqu’il n’y a que 4 pauvres petites lignes sur le Maitre Nicolas. Mais, souffle BiBi, par ces 4 lignes, l’info n’en prend que plus de poids de Propaganda.

Frank Louvrier, pâle copie de Jacques Pilhan.

Du coup, cette discrétion démultipliée n’en est plus une mais elle se pense diablement efficace – comme en sont persuadés Louvrier et son équipe. Ce vilain Louvrier ne fait d’ailleurs que copier lamentablement le Pionnier de la Com’ politique, Jacques Pilhan, homme de Com de Mitterrand et de Chirac. (Voir article BiBi).

Quatre lignes qui disent tout.

Reprenons ce petit encart qui n’a l’air de rien. Tout y est : l’ «atelier de Pierre Soulages» (pour les intellos, «atelier» sonne bien) ; les mots «en toute discrétion» (Ainsi Chouchou s’est assagi, il est plus posé) ; Chouchou rend visite à Soulages «avec Carla» (c’est un bon mari, il partage tout, il ne court pas les jupons comme DSK et ce sera un bon Papa-Président). De plus, il a échangé « UNE HEURE» avec le peintre ! Jusque-là, nous avions un Président qui avait la Danse de Saint-Guy et la parole brutale. Fini tout ça : on n’est plus au Salon de l’Agriculture ! Le Président est capable de parler et d’échanger UNE HEURE avec un des peintres les plus renommés de la Planète.

Au fond, rien de changé dans cette minable Stratégie déjà éventrée par BiBi. Louvrier et son équipe de Con’ continuent de nous prendre pour des ânes. Peut-on croire un seul instant à un Chouchou dialoguant avec Pierre Soulages alors que, encore hier, il ne connaissait – pour les vanter – que les tableaux d’un seul vendeur de croûtes : son père, Pal Sarkozy ? Finalement, Chouchou veut – via cette pauvre stratégie discrétionnaire – toujours se faire voir. Et plus que jamais.

Et si, effectivement, en unissant nos forces en 2012, on aidait le bonhomme à aller véritablement se faire voir ?