Archives: juin 2009

La Loi Estrosi par la bande.

Monopoly pour être honnête.

L’Assemblée a donc voté la proposition de loi Christian Estrosi qui crée le délit de participation à une bande violente. Délit passible de trois ans de prison et de 45.000 euros d’amende.
BiBi a relevé qu’Estrosi s’est appuyé sur un rapport très discutable des anciens RG pour faire passer sa loi. Il paraîtrait que 2453 individus forment le noyau dur de 222 bandes en France, réparties à 79% en Île-de-France. «La précision, écrit Franck Joannès dans le Monde du 24 juin, n’a aucun sens : les alliances dans les quartiers sont par essence mouvantes et on n’adhère pas à une bande comme au Rotary de Nice».
L’Association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste devient désormais applicable aux jeunes voire aux enfants puisque selon notre Ami Estrosi, les bandes seraient constituées pour moitié de mineurs. D’autre part, la proposition de loi entérinée ne poursuit plus la culpabilité mais la dangerosité. Foin donc de l’accusé présumé innocent, la personne dangereuse sera, elle, présumée désormais dangereuse.
 
Le sociologue Laurent Mucchielli, auteur de «La Frénésie sécuritaire» rappelle que le Fichier STIC (Système de Traitement des Infractions Constatées) fichera bientôt 6 millions de personnes, soit près de 10% de la population. Il s’interroge : «Jusqu’où va-t-on entretenir l’illusion que l’on répond fondamentalement aux problèmes de délinquance en ajoutant des lignes dans le Code Pénal ? Ce dernier a été modifié à plus de 40 reprises depuis 2002».
Pour lui, la Grande Peur des bandes (après les premiers Apaches du début du siècle, les Blousons noirs, les Loubards, les Zonards, les Jeunes des Cités d’aujourd’hui) persiste aujourd’hui «à cause de certaines politiques qui cherchent à exploiter les faits divers et de certains journalistes qui s’y précipitent dans une logique sensationnaliste» (Source : Le Monde du 25 mars).

Le rapporteur Eric Ciotti et Michèle Alliot-Marie ont étendu la sanction aux personnes non armées participant à un attroupement violent. Une circonstance aggravante a été créée lorsque l’auteur de violences sur les personnes ou de dégradations de biens dissimule volontairement son visage, par exemple en portant une cagoule.
BiBi se demande si un visage grimé de suie noire pourra être considéré comme celui d’un terroriste. Il se demande aussi si les clowns blancs qui font des spectacles de rue seront arrêtés ? Si les personnes portant des masques d’Halloween seront fusillées ? Et si les enfants encagoulés le jour de Mardi-Gras seront envoyés aux Galères ?

Photos : www.vd.ch et www.joyeuxdrilles.com

Pinault dernier cru.

Pinault dernier crû

Le Figaro, comme il se doit, passe la brosse à reluire à François Pinault dans le numéro du 23 juin. Le Palais des Arts de Dinard présente jusqu’au 13 septembre une soixantaine d’œuvres contemporaines de la Collection de notre cher milliardaire (qui en compte… 2500 !). «Provocateur», «Insoumis», «être aimant la surprise et les Œuvres qui dérangent les idées reçues»: le modeste François Pinault continue de construire son image (dés)intéressée de Grand Mécène, amoureux des Arts Contemporains.
Béatrice de Rochebouët nous fait la visite du Palais en groupie «amusée», «interloquée», «horrifiée», «prise de vertige», «envahie par la peur», «violemment questionnée».
Pinault dernier cru ou l’Ivresse des Qualificatifs.

Photo parue dans www.pointdevue.fr

A lire aussi :

Dictature en héritage.

Les Bongo et notre bon Gars.

Les Dictateurs meurent dans leurs lits. Franco. Pinochet. Omar Bongo. Ils meurent dans un climat d’impunité générale. Derrière, dans le Clan, s’agitent les héritiers et dort l’Or dans les comptes en Helvétie. Ali Ben Bongo, ministre de la Défense, jugé «froid et inquiétant» par Libé du 26 juin, s’est mis dans les starting-blocks.
Le journaliste ne parle pas de cette chère Pascaline Bongo, mise à la tête de Gabon Mining Logistics par Vincent Bolloré, le Golden Boy breton, l’ami maltais de notre Président.

Pari gagné, Paris-Match perdu.

(Paris) Match perdu

Guillame C. et Rémi H. sont deux étudiants des Arts Déco de Strasbourg. Ils ont remporté le Grand Prix Paris-Match du photojournalisme étudiant. On pourrait féliciter les lauréats. Mais on peut aussi rire avec eux puisque nos deux potaches ont bidonné et mis en scène leurs clichés sur le reportage gagnant, paru dans l’hebdomadaire sous le titre : «Etudiants : tendance précaire».
Les photos venaient donner du poids aux mots : «Pour pouvoir étudier le jour, je me sers de mon cul la nuit».
Guillaume C. et Rémi H. voulaient «dénoncer le voyeurisme et la complaisance d’une certaine presse». Espérons que nos deux faussaires ne finissent pas un jour dans la rédaction de… Paris-Match.

Car BiBi se souvient de l’itinéraire d’un autre potache, Mickey Mooney qui s’était amusé à dévoyer la Messagerie de Twitter. Repéré, il avait ensuite été accueilli à bras ouverts par le développeur EXq-Soft Solutions, société spécialisée dans le Web et la Messagerie.

France-Inter et Pâtée Marconi.

Pâtée-Marconi

Dans le Libération du 26 juin, Pierre Marcelle égratigne, à juste titre, Nicolas Demorand, le «gourou de la tranche Matinale de France-Inter». Le chroniqueur de Libé rappelle la grogne de Nicolas s’offusquant des propos d’un Bayrou mettant en doute l’indépendance de la radio. Avec la mise au placard de Frédéric Pommier par Philippe Val, Nicolas aurait eu l’occasion de marquer sa solidarité journalistique. Il aurait pu racheter son premier silence qui avait cautionné et entériné la mise à l’écart de Michel Benasayag – qui tenait alors une rubrique sur France-Culture. Souvenons-nous que cette expulsion avait été décidée par la Femme de Gauche, Laure Adler.
Pierre Marcelle hésite à qualifier Nicolas Demorand de «caniche». Pour BiBi, une image insiste pourtant, c’est celle de ce brave toutou écoutant au gramophone la Voix de son Maître. Allez savoir pourquoi.