Retours d’enfance.

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BiBi pense à son enfance sportive. Il court sur les pages électroniques, en gymnaste, en plongeur, en footballeur, en coureur (cycliste) et en randonneur.

GYMNASTIQUE :
« Il me manque toujours quelques centimètres pour atteindre les sommets. Je me hisse sur la pointe des pieds, peine perdue. Je m’étire de long en large, rien n’y fait. Je mets un livre sur la chaise et la chaise sur la table, je grimpe sur cet échafaudage improvisé, je tends  mon cou, je lève le bras aussi haut que je peux, pas moyen, pas moyen. Jamais – et l’homme est ainsi fait qu’il ne saura ce qui, là-haut, tout là-haut l’attend».

NATATION :
« Je me suis jeté à l’eau, j’ai nagé à-la-vas-y-comme-je-te-pousse, j’ai gagné d’autres rivages en navigant à l’estime, j’ai ressorti la tête hors du courant, j’ai regagné la berge, puis, comme un chien chassant ses puces au sortir de l’eau, j’ai senti la Vie en dedans comme en dehors de moi s’ébrouer».

JEUX DE BALLON :
«Toujours fut important non le ballon mais le dispositif autour, quadrillage changeant, pensées en actes, en surprises et en trouvailles. Ceux qui, gros bêtas, suivent exclusivement la balle ronde n’y voient que du feu. Les autres, qui n’ont d’yeux que pour les gestes retrouvés de l’Enfance, trouveront dans ce périmètre de verdure, dans ce chaudron, dans le cratère d’un Stade, une vie qui n’est pas prête de s’éteindre, des joueurs tout feu tout flamme, des passages de haute tenue et de haute volée, des passes incandescentes et des lecteurs du jeu à hauteur».

PROMENADES EN CYCLE :
« Ce furent de grandes randonnées. D’un coup de pédale, on escaladait des monts, on s’en faisait des montagnes et des montagnes, on se hissait jusqu’au sommet mais plus dures furent les chutes, les fins de chapitre sur crevaison, les abandons sur toute la ligne, on finissait nos courses exténués, maudissant la machine, pleurant, la tête dans le guidon, on avait la gorge sèche, on traversait des déserts. A l’approche de l’Arrivée, on faisait lever toute une foule d’interrogations. Qui était ce coureur ? Quelle était la question ? D’où sort-il ? D’où sort-elle ? On commençait la course en père peinard mais on avait peur sur le final, surtout dans les dix derniers kilomètres, les cinq dernières minutes, les trois cents derniers mètres. On a toujours peur pour le sprint, on vous envoie dans les balustrades, sauve qui peut, c’est la foire d’empoigne mais c’est ça le Cycle, la grande boucle, la spirale de l’enfer. Et toujours ces quelques centimètres qui vous condamnent au second rang, aux places d’honneur, aux rangs d’honneur des randonneurs, au dernier accessit. Oui et il y aurait beaucoup encore à écrire sur ceux qui terminent derrière».

COURSE A PIED :
« Je me suis enfoncé loin dans les chemins, je n’ai cessé d’emprunter les routes goudronnées, les pistes aménagées, les avenues, la plupart des passages réservés, j’ai longé les rangées d’arbres jusqu’aux fonds des bois, j’ai écumé des sentiers privés, chemins vicinaux, routes départementales, j’ai sauté par-dessus les haies vives, je passais les gués, j’accélérais à travers champs,  je sillonnais toute la région; je ne compte plus les courses à perdre haleine, toujours à lorgner le chemin d’après, courir, courir, toujours courir, de la maternité au cimetière. Je dépassais les marcheurs et tous ceux qui philosophaient en route ; sur un démarrage, je pouvais planter les commentateurs qui allaient bon train et avaient fière allure. Je n’ai jamais vu la fameuse banderole d’arrivée, beaucoup m’ont doublé, certains m’en ont parlé en chemin, mais ils n’avaient rien vu eux aussi. Je n’ai pas compté les kilomètres mais certains de mes écrits venaient parfois emballer le sprint, celui de la vraie Vie».

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