De sang-froid.

Télescopage :

Bibi a vu le dernier de Philippe Claudel (  » Il y a longtemps que je t’aime ») et ce matin, distrait, les yeux posés sur son , il écoute et le fait divers du jour : un couple breton a déposé de sang-froid un bébé dans le congélateur. Il serait faux de dire que le Réel a dépassé la Fiction. C’est la fiction de Philippe Claudel qui devient – en regard de ce geste monstrueux – toute frileuse. Là, dans le film de Philippe Claudel, il s’agit d’une mère ( jouée parfaitement par Kristin Scott Thomas) qui justifie son infanticide par amour, ici, dans la lande bretonne, nous touchons aux troubles infiniment (in)humaines de l’Humain, au Point de Jonction gris, aux franges d’un Territoire inconnu. Du coup, Philippe Claudel a retrouvé, via le dénouement, la Norme au lieu d’explorer les chemins plus indélicats, plus dostoievskiens de l’âme humaine (maternelle).

Toujours cette incapacité du cinéma français d’aujourd’hui à construire des personnages énigmatiques, injustifiables, inexplicables.

Et Bibi de conclure, paraphrasant Kafka :  » Espérons qu’advienne un qui – telle une hache – vienne briser la mer gelée en nous « 

One Response to De sang-froid.

  1. Mrs Pô dit :

    Le monde asceptisé du cinéma français.
    Abdelattif Kechiche a su briser en moi la mer gelée , à coup de graines et de mulets –
    Pour ceux qui sont en manque de sensation, courez! courez dans les salles obscures –

    OUf …

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