Lindsay Owen-Jones et la petite marchande de frites.

, ex-grosse huile de L’Oréal, a attaqué… en justice ,  petite Marchande de frites de Val d’Isère. Celle-ci a eu l’outrecuidance de causer des nuisances olfactives avec sa baraque à frites de 5 m2 non loin de l’appartement de Monsieur ! Pour suivre cet hallucinant épisode de lutte de classes à Val d’Isère, lire d’abord le fait divers rapporté par l’ExpansionEnsuite, BiBi vous en dira plus, beaucoup plus…

Monsieur OJ.

Ce qu’il y a de difficile lorsqu’on veut écrire sur un Puissant, c’est de faire court et précis. Il faut hélas toujours dire et redire en préambule les maillons de la chaîne ininterrompue qui le fonde comme Puissant. Examinons la chaîne simplifiée de Monsieur OJ : Mairie Neuilly1983- Sarkozy-L’Oréal-Bettencourt-Enveloppes-Banquier UMP-Eric Woerth-Edouard Stern-Salaire-Retraite-Saint-Trop’-Val d’Isère. Les lecteurs n’ont peut-être pas tout compris de ce serpentin. BiBi va donc relever les traits les plus intéressants de ce Capitaine d’Industrie qui fut PDG de L’Oréal de 1988 à 2006, qui siégea au CA de BNP-Paribas et qui fut élu, en 2002, meilleur patron des vingt dernières années par Challenges.

Des chiffres qui parlent.

- Lindsay Owen-Jones dispose d’une retraite record. Explosant les plafonds, sa pension culmine à 3,4 millions d’euros/an. (Source : Capital). Le PDG à la retraite étant devenu président du conseil d’administration, il a gagné en plus entre 2 et 3,5 millions d’euros en 2007. Il devance Frank Riboud et Henri de Castries (AXA).

- Rémunération du bonhomme en 2005 : 7,4 millions d’euros.

- En 2008, le Boss a réalisé un bénéfice net de 2 milliards d’euros. Sous son règne, il a vu le chiffre d’affaires passer de 3,7 milliards à 14,5 milliards d’euros, et la capitalisation boursière, de 1,5 à 50 milliards.

- Il fut longtemps le patron le mieux payé du CAC 40 (jusqu’à 7,2 millions d’euros annuels de salaire de base).

- Il a été au service de Madame , deuxième fortune française et vingt et unième fortune mondiale selon le classement 2009 de Forbes.

- Son «enrichissement personnel» a été «massif, parfois obtenu dans des conditions contestables» (France-Soir

- Il a touché 100 millions d’euros, net d’impôts de la main de Liliane. France-Soir écrit : «Cette somme prête à polémique, tout simplement parce qu’elle a été dissimulée. Révélé par l’enquête judiciaire, ce don était resté secret alors qu’il aurait dû être déclaré au conseil d’administration comme tout avantage particulier donné par un actionnaire à un administrateur, a fortiori au président du conseil».

- Contestable aussi le contrat de «prestation artistique» passé, à son initiative, entre L’Oréal et François-Marie Banier, le photographe attitré de Liliane Bettencourt, à hauteur de 710.000 € par an : «Pour des prestations qui restent à démontrer (…) on n’est semble-t-il pas passé loin de l’abus de bien social».

Probablement viré pour éviter le scandale, que dit notre ami OJ à Liliane ?  «J’ai dit merci et je continue à dire merci. Pour moi, c’était l’ultime chapitre d’un conte de fées» (Source : Le Point)

Un «manager cruel».

Dans le Conte, il est poli, il dit «merci». Mais dans la vraie vie, il l’est moins, beaucoup moins. Florilège :

- Un cadre : «Je revois encore Owen-Jones, son cigare à la bouche ; ses lunettes de soleil avaient glissé à terre, et son numéro deux, déjà très âgé à l’époque, rampait pour les lui ramasser… J’avais l’impression d’être dans un film !» Oui, un film. Mais pas n’importe lesquels :

- Un ancien cadre qui en tremble encore le décrit ainsi: «On aurait dit Anthony Hopkins dans Le Silence des agneaux. Ou le «  parrain » de la mafia».

- Son modèle de management ? Pression maximale et peur au ventre comme moteurs. Le Boss parle, lui, de «saine inquiétude»! «Autour de lui, s’est développé un véritable culte du chef. En clair : la pression est très forte, tant chez les cadres que chez les ouvriers». (Source : Mona Chollet du Monde Diplo).

- Chaque année, dans le cadre de son programme «Pour les femmes et la science», en partenariat avec l’Unesco, il attribuait «des bourses à des chercheuses du monde entier». Surement pas des Petites Marchandes de frites, celles-là ! Ces femmes-là incarnaient, selon lui, «l’inconnu excitant du futur et ses promesses d’un monde meilleur, d’autant plus réconfortant que notre environnement est uniformément noir et pessimiste» et bla-bla-bla et bla-bla-bla.

Auto-Moto-Bateau.

L’homme abandonne sa passion, la course automobile (il a été au CA de Ferrari) pour la plaisance. Mais attention, avec cet obscène esprit de gagneur : «Aller en bateau m’amuse, aller vite en bateau m’amuse encore plus, aller vite en défiant un autre bateau m’amuse énormément». Un ami à lui – qu’on ne peut supposer de menteur (, frère de l’autre), lâche «Ce qui excite le plus OJ, c’est d’écraser ses adversaires».

Et quand la Petite Marchande aux frites surpuissantes lui fait face, voilà notre OJ tout décati, Patron le plus puissant du CAC 40, qui sonne aux portes du Tribunal pour la faire dégager.

Des « liens avec le crime organisé » ?

Après le traumatisme de l’affaire Bettencourt, le bon Lindsay a fait l’objet de trois plaintes déposées vendredi au pôle financier de Paris (Source : 20 minutes). Il est accusé d’«abus de confiance», d’«abus de biens sociaux», de «corruption active» et de «blanchiment d’argent». Ouf ! Les faits remonteraient à la fin des années 1990. «OJ» est soupçonné d’avoir mis en place, dans le cadre du développement de la marque dans les pays de l’Est, un marché de distribution parallèle en Russie, en Ukraine et en Biélorussie.

La plainte avait été déposée « par un distributeur slovène, . Il y était notée que «la multitude des sociétés mises en place avaient pour but de dissimuler l’évasion fiscale (…) et surtout l’enrichissement personnel, notamment de M. Owen-Jones» (Source : 20minutes). Janez Mercun était le signataire d’un contrat avec L’Oréal qui lui accordait l’exclusivité de la vente des cosmétiques en Russie. L’avocat du distributeur slovène en concluait que «pour y arriver, Lindsay Owen Jones a même noué des liens avec le crime organisé».

Bling-Bling ! C’est OJ qui s’amuse.

Bah ! Tout ça n’empêche pas le brave Lindsay de parader le 18 octobre dernier avec , au dîner des Amis du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris ou de se dorer la pilule au soleil du Midi dans sa très belle maison de Saint-Trop’ (non loin de celle de Charlotte Rampling et de son amie Valérie Hortefeux).

Et si un jour BiBi visite Val d’Isère en hiver et demande une barquette de frites à Valérie Maertens, nul doute que ce ne sera pas pour leurs odeurs qu’il se bouchera le nez.

5 Responses to Lindsay Owen-Jones et la petite marchande de frites.

  1. Voyons Bibi, l’argent n’a point d’odeur !!! ;————–))

  2. BiBi dit :

    Dis donc @pas perdus, t’as la frite ce matin !

  3. ben dit :

    cette histoire m’a ému…
    l’article date du 04/02/2012… où en est cette affaire aujourd’hui en janvier 2013 ?
    j’adore votre site. bonne continuation et merci de me tenir au courant de son évolution.

  4. BiBi dit :

    @ben
    Aux dernières nouvelles, Valérie Maertens a gagné 7 procédures sur huit. Ce cher Lindsay envisagerait d’émigrer sous d’autres cieux fiscaux (eux aussi)et de vendre son appartement.
    Lire ici : http://bit.ly/VEylA0
    Merci de ta fidélité :-)

  5. ben dit :

    en belgique, le pays des frites ? ça ne manquerait pas de sel…

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