Paroles déplacées.

Vous relisez. Vous retombez en arrêt devant des phrases ou des paragraphes que vous aviez oubliés. Vous relisez et heureusement, ces phrases, ces paragraphes tiennent dans ce geste ancien et bienvenu de les avoir remarqués en les marquant d’un trait de stylo, d’un sur-lignage fluo. Ils réapparaissent ainsi comme des fantômes vivants.

Hommage vibrant à ceux qui ont su mieux que BiBi écrire ce que BiBi – et tant d’autres – pensent… sans trop le savoir.

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Ce paragraphe d’ :

«J’aime bien le mot de «parole déplacée», parce qu’il a un double sens, paradoxal. La parole déplacée, c’est plutôt mal vu : «il a dit un mot déplacé»… mais on sait bien que le poète ne parle que comme ça (…) Une parole déplacée est souvent déplaçante, c’est-à-dire qu’elle a sa place, une place mobile, métaphorisante, la place d’un taxi qui sert de déplacement à ceux qui le souhaitent. Un geste déplacé est souvent  d’un certain point de vue, très précisément placé : déplacé dans la bienséance, mais très bien placé dans l’érotique par exemple».

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Ce mot de Marcel Proust : «Chaque écrivain est obligé de se faire sa langue, comme chaque violoniste de faire son « son »… »

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«Il s’agit d’éloigner de nous ce langage de tous les jours dont nous n’avons pas conscience et de mettre en exergue les mots pour pouvoir les regarder comme le peintre regarde ses couleurs et le sculpteur sa qualité du marbre. Il s’agit de créer un écart entre cette langue quotidienne et seulement communicative avec ce qu’est la littérature, à savoir du langage chargé de sens au plus haut degré possible» .

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«Les choses existent, nous n’avons pas à les créer ; nous n’avons qu’à en saisir les rapports ; et ce sont les fils de ces rapports qui forment les vers et les orchestres». .

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«Je pense parfois que les bons lecteurs sont des oiseaux rares, encore plus ténébreux et singuliers que les bons auteurs». Jorge Luis Borgès.

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« On pourrait dire que entrer en lecture serait être capable de penser avec l’écrivain qu’on lit. Avoir ce sentiment en le lisant que l’on retrouve sa pensée, son sentiment, son univers. On peut écrire à partir de cela, non pas forcément avec les mots de son auteur, mais à partir de sa pensée. J’écris à partir de ce que je lis. Ce sont mes lectures qui me disent ce que j’ai envie d’écrire». Noëlle Audejean.

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«La littérature est bien la preuve que la vie telle qu’elle est ne suffit pas» .

4 Responses to Paroles déplacées.

  1. AnelliaHolly dit :

     » On peut juger de la beauté d’un livre à la vigueur du coup de poings qu’il vous a donné et à la longueur du temps qu’on met ensuite à en revenir.  » Gustave Flaubert

  2. BiBi dit :

    @AnelliaHolly
    Voilà un aphorisme uppercutant 🙂

  3. benoit barvin dit :

    « La littérature est parfaitement inutile: sa seule utilité, c’est qu’elle aide à vivre » Claude Roy. Merci Bibi pour ces moments précieux.

  4. BiBi dit :

    @benoit barvin
    Je rajoute que dans le Monde Marchand, l’inutilité de la Littérature fait et fera toujours scandale.

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