Les lectures d’Isabelle Huppert.

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BiBi a trouvé correspondance entre les lectures d’ et les siennes ( « Berg et Beck » chez ) Dans le Progrès du 6 mars, , invitée du journal et des lectrices, touche au coeur, comme toujours, par son intelligence :

«  Je suis une grande lectrice de la presse quotidienne, et ce qui me relie le plus à l’actualité du monde, ce sont les histoires individuelles dites »faits divers ». La plupart du temps, ce sont des faits qui s’extraient de la réalité la plus quotidienne et la plus sombre mais qui sont pourtant un extraordinaire appel à l’imagination, donc à la fiction. Toutes les fictions induisent leurs personnages souvent sortis d’un nulle part qui évoque la nuit des temps, celles des tragédies les plus antiques. Pour une actrice comme moi, qui ai interprété des criminelles absolues et tragiques, c’est comme un aliment quotidien qui m’amène à imaginer situations et personnages qui nourriront mes interprétations. Voyez cette mère épuisée qui a failli tuer sa fille trop bruyante, cette mère qui a imaginé le scénario le plus improbable et que pourtant tout le monde a cru, elle est devenue ainsi actrice de son propre fait divers. Dans ce genre de faits divers, il y a alors un lien fort entre l’imaginaire qui suscite mes rôles et le monde dans l’épaisseur de sa réalité».

Coïncidence, télescopage… BiBi lisant chez POL un livre de Robert Bober «Berg et Beck» a relevé ceci : «Willi m’apprenait à lire dans les journaux, les évènements du monde. Il ne faut retenir, disait-il, que les histoires d’intérêt humain. Un jour, il m’a montré un article consacré aux artistes du Music-Hall. L’une d’elles, Polaire, ancienne reine du Caf’Conc, à la veille de sa mort, recevait à l’hôpital un journaliste venu l’interviewer. Lorsque celui-ci s’apprête à partir, elle a cette phrase : «Restez encore !… puisque c’est moi qui m’en vais».

C’est pour toutes ces raisons que BiBi continuera à lire la presse au quotidien. Le monde des Humains, les Humains dans le monde : toujours plus grands, plus complexes que ce qu’on croit.

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