Des Anglais, des Russes et une lituanienne.

Entre Larnaka et , les garnisons britanniques sont légion : elles se sont installées en campements géants retranchés, surveillés et grillagés. Évidemment, il est interdit à quiconque de photographier.

Toute la petite famille british est venue et a pris ses quartiers dans des installations où rien ne manque : écoles british, service de bus british, radios british, église anglicane, terrains de foot, de rugby etc. On trouve aussi ce genre de villages ailleurs, dans les montagnes boisées plus au Nord.

Anglais sont aussi les promoteurs éhontés qui saccagent les côtes du Cap Grekko à Coral Bay, la plage chic de Pafos. Ils ont pour nom Aristo Developers, Blue Knight ou encore Golden Land. Les maisons individuelles cossues voisinent avec un chapelet d’hôtels en construction. Des villages entiers poussent comme des champignons et les opérations immobilières sont certainement bien juteuses. Pour exemple, un terrain de 500 m2, proche de la côte Sud, avoisine les 200.000 euros et une petite maison trois pièces le même prix.

Si un Britannique vous parle à tout hasard de blanchiment, ne lui répondez pas « Londres » car les banques « cypriotes » sont de belles places fortes monétaires qui vont  jusqu’à ressembler fortement à des Paradis (fiscaux bien entendu). L’Ami anglais sera peut-être encore plus intéressé par un mariage clé en main. Des entreprises anglaises occupent le créneau : elles vous offrent – dimanche comme jour de semaine – votre mariage avec prise en charge complète de vos invités. Promenade sur les quais de Pafos, vidéo en continu sur toute la cérémonie et les à-côtés, bains de minuit, hôtel avec piscine, robes de choix et tenues de soirée. Et si vous êtes laminés dans un bar de plage au petit matin, un Jumpy confortable vous ramènera at home.

Les Russes sont aussi très présents. Ils occupent des hôtels entiers, squattent des coins de plage. Cette histoire entre deux amis cypriotes au téléphone en dit long :

L’un : (sur une plage d’Agia Napa). Je me sens seul, tu sais.

L’autre (à Nicosie) : Mais enfin, tu me dis qu’il y a beaucoup de monde à la plage !

L’un : Oui, tu as raison : il y a du monde à la plage mais je me sens quand-même seul. Je ne suis entouré que de Russes.

Tina (25 ans) est lituanienne. Elle est venue travailler à Agia Napa avec son mari. Serveurs tous deux dans un des innombrables pub anglais de la ville. Le salaire qu’elle perçoit est bien plus intéressant que celui gagné à Vilnius. Tina espère rester deux ans sur l’île et envisagera ensuite un bébé à son retour  au pays. Tina et son mari font plus de 50 heures par semaine. Mondialisation oblige, ces forces de travail sont dans l’obligation d’être mobiles, flexibles, corvéables à merci.

« Et encore, nous avons de la chance ! Il y a du soleil ici ! Mais, rajoute Tina, les cypriotes ne sont pas sympas avec les blondes« .

Alors Good Luck quand même à Tina et à Mark, son mari.

Prochain et dernier billet-BiBi sur : Un cypriote dingue de… Michel Platini.

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