La dernière photographie de Jim Morrison.

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BiBi n’avait pas beaucoup apprécié le film d’Oliver Stone avec Val Kilmer «Les ». BiBi n’est pas non plus de ces groupies qui hantent la division 6 des allées du Père-Lachaise. Il soupire à ces dévots, ces cocos, ces alcoolos, ces écolos en procession qui viennent se recueillir sur la dernière tombe où l’on cause. Oui, très peu pour BiBi. Si est un de ses frères de poésie, c’est que le poète américain vit au travers de ses textes, de ses paroles et musique et qu’il a été à l’origine des découvertes littéraires de BiBi (William Blake et Nietzsche en particulier). Rien d’autre. A lire la biographie de Jerry Hopkins, BiBi se rend compte à quel point, pendant toute sa période Doors, le beau chanteur aurait mérité quelques coups pied au cul pour ses conduites inconvenantes de sale gosse et pour ses caprices de star invivable. Nulle fascination donc pour les traits de caractère et les comportements peu dignes de James Douglas Morrison en 1971. Voilà : quand BiBi aime bien, BiBi châtie bien aussi !


La dernière de Monsieur Morrison date de 1971. Elle a été prise par  Gilles Yéprémian devenu plus tard manager de Urban Sax. C’est devant la maison d’Hervé Muller, place Tristan Bernard à Paris que le dernier déclic eut lieu.

 BiBi écoutait déjà les Doors à cette époque, il lisait assidument « et Folk »(dont il a la collection jusqu’au numéro 100) et un hebdomadaire qui s’appelait « Pop -Music ». C’est dans une de ces pages qu’il avait découpée en son temps cette  photographie qui est aujourd’hui en couverture du livre de Gilles Yéprémian édité chez L’Harmattan. La photographie originale a été tronquée, ici, de deux personnages qui sont sur la gauche du chanteur : le premier est Hervé Muller qui a écrit un livre quasi-introuvable avec beaucoup de photographies de Jim Morrison à Paris début 1971 et qui était journaliste à « Best ». Le second s’appelait Henri-Jean Henu et il était le propriétaire du journal underground, journal comme il en florissait beaucoup à cette époque post 68 et qui avait pour titre « Le Parapluie ». Henri-Jean Henu avait fait le pied de grue pendant des heures sur la Place pour rencontrer Jim Morrison et lui parler des Doors. Ce dernier refusa puisqu’il était venu à Paris pour ne plus être « Jim Morrison des Doors ». Le journal que Jim Morrison roule dans ses mains est donc un exemplaire du “Parapluie”. A sa droite, la jeune femme était la compagne de Jim, Pamela Courson, timide, peu causante et un peu effrayée.

Jim Morrison et Pamela Courson revenaient d’un voyage au Maroc. A leur retour, début mai 1971, Jim ne put loger à nouveau au 17 rue Beautreillis dans le Quatrième. Aussi se chargea t-il de louer une chambre à l’Hôtel des Beaux-Arts, celui-là même où mourut Oscar Wilde. Dans les proches connaissances parisiennes du chanteur des Doors, il y avait Phil Trainer qui avait fait rencontrer Jim Morrison et Hervé Muller, Yvonne F., psychiatre à Paris, Agnès Varda la cinéaste, le Comte Jean de Breteuil occasionnel petit ami de Pamela et décédé depuis, Elizabeth Larivière dite ZoZo, top-model bien pâlotte et Alain Ronay qui avait connu Jim Morrison en 1964 à Los Angeles et qui lui fit visiter courant mai 71…le cimetière du Père-Lachaise avant de partir avec lui et Pamela Courson à Londres où ils croisèrent Marianne Faithfull pour deux-trois jours.

De toute cette histoire, Bibi note que Gilles Yéprémian a été intègre : il n’a jamais voulu monnayer les clichés que lui et Hervé Muller avaient pris les dernières semaines de la vie du chanteur américain. ( Merci à lui pour me laisser la photo sur le site…) Quelques mois après la mort et l’enterrement de Jim Morrison au Père-Lachaise, BiBi prenait sa plume et écrivait à son journal de rock-music préféré. BiBi croit se souvenir que c’était début 72. La lettre, un peu naïve, un peu baroque, un peu loufoque, parut dans le Courrier des Lecteurs :

Poète de la cécité.

 Geoffrey Cannon, dont on regrette la rareté des écrits, a fait un article lucide et intelligent sur l’art de Morrison. Il y a pourtant quelques remarques à faire. L’œuvre si complexe de Morrison tourne fondamentalement autour de sa famille. Il proclamait un jour dans une interview ce tragique reniement : «  Mes parents sont morts ». Morrison parle de lui quand il chante : «  Tu n’es pas le fils de ta mère, tu n’es pas le fils de ton père. Tu es notre enfant hurlant comme le fauve. (Wild Child) ». C’est encore lui cet enfant illégitime (Maggie M’Gill). Quand il lance imperturbable, “ Father, I want to kill you”, Morrison n’est pas héroïque, il refuse lucidement et fatalement le honteux compromis de  la famille traditionnelle ( son père était Officier de carrière dans la Marine américaine). Quand il s’en prend à la mère, moment souverain et vertigineux, Morrison redevient le vandale du Rock and Roll, le bourreau désarmé devant l’Impossible. Il est bien dans ce dramatique instant le poète fragile, nu au soleil. C’est la terrible identification à l’enfant face à la tendresse et à la joie de la mère, de cet enfant qu’on fait sauter sur les genoux (Land Oh ).

Prisonnier de la Ville, prisonnier de la Nuit, prisonnier du Public, il aspirait confusément à pénétrer dans un Paradis. Il cherchait à vivre son univers, sa propre pensée. La démarche n’était pas une conquête, même pas un dépassement, c’était un retour. Morrison n’allait pas au-delà de la vie mais en-deçà. Je ne suis pas d’accord lorsque Geoffrey Cannon prétend que Morrison s’est rendu un mauvais service en se définissant comme un « politicien érotique ». Se plaçant au-delà du sens vulgaire donné au mot politicien, Morrison a découvert que ses visions apocalyptiques avait un fondement véritablement objectif. Ne s’intéressait-il pas à la politique les derniers jours de sa vie ? C’était peut-être une révolte spontanée et confuse mais elle était authentique parce qu’elle entrevoyait la nécessité de détruire le monde subordonné au travail, travail qui dans la société américaine mutile la personnalité. « Erotique » parce que mouvement de transgression des interdits dans une civilisation honteuse et chancelante, mouvement vécu dans ses incessants sacrifices sur scène.

Il y a toujours eu cette dialectique essentielle dans le personnage de Morrison. Dans «Hyacinth House», le leader des Doors a cette phrase-clé : «  I need a friend who doesn’tneed me ». désir-refus de communiquer. Morrison est l’homme qui, dans le fond de sa solitude, sent profondément l’absence de l’autre. Pour retrouver la vue, Morrison, poète de la cécité, cherchait la Femme-éclair. Appel toujours émouvant à Celle qui sauve ( “Light My fire”). Instants amers dans «Unhappy Girl» : «  Girl, you are locked in a prison… » Cette vérité de l’être, cette vérité de miracle, Morrison la cherchait ardemment. Il fut toujours en quête de cette « Princesse au Grand Chemin », à la recherche de cette «L.A.Woman so alone»… Morrison pose de par sa mort «  le problème universel de l’excès, de l’énergie gasopillée dans l’Exhubérance, le problème de la Dépense improductive » ( Georges Bataille in « La Part Maudite »).

De ce travail d’abandon, d’écoulement et d’orage, Morrison n’en est pas revenu. Sa vie n’aura été qu’une «  longue poursuite-attente du Soleil», ce Soleil qui est la Vie et la Mort, la Destruction et la Délivrance. »
 

BiBi a aussi d’autres idoles :

24 Responses to La dernière photographie de Jim Morrison.

  1. axel dit :

    Jimmy!! Ah ce bon Jimmy!! On se prennait de telles lignes ensemble!!! 😉

  2. Mrs Pô-wer dit :

    Mes grands yeux éberlués :
    Je veux voir l’article. l’original. Sur le papier jauni. la typographie ‘courier’ des 70’s.
    Dis, dis, Bibi ? c’est quand qu’on arrive ?

  3. […] La dernière photographie de Jim Morrison. […]
    [BiBi] Pour les fans, vous pouvez aller en toute sécurité sur le site http://theoriginalunoriginal.com/?p=786, vous y trouverez des photographies de Morrison et de Pamela Courson que BiBi a découvert. L’article s’intitule : Jim & I: Friends Until Death, by Alain Ronay
    Alain Ronay faisait partie du Cercle des derniers amis de Morrison.

  4. elisa scailteur dit :

    je l aimait de tros il me fait mal au coeur de me dire que oui il est pati mais j ai encore un espoir je suis aussi soulagee de savoir qu il y a des gens triste comme moi

  5. david dit :

    je me demande bien ou sont passé les héritiers de cette idéologie de cette folie inhumaine, je demande ça, par ce que j’ai été persécuté des années 1990 à 1997 par les services de police de paris pour avoir été victime d’une erreur judiciaire, quand ces gens là font une erreur et qu’il casse un petit doigt, il coupe la tête pour que cela ne se voit pas.

  6. Greg dit :

    C’est faux! Cette photo (peut être la dernière) a été prise devant l’entrée principale de l’appart’ de Jim et Pamela près de Bastille. C’est au 17 rue Beautrillis et la porte est toujours la même. Voilà, voilà, alors c’est beau de nous faire un roman (très confus et eronné) mais ce serait mieux de donner les bonnes infos qui font suite au titre d’accroche…

  7. BiBi dit :

    « Peut-être la dernière », écris-tu.
    Peut-être ? Ce serait mieux de donner les bonnes infos qui font suite à ton commentaire d’accroche…
    Mais « peut-être » n’aimes-tu pas la façon dont BiBi renvoie les idolâtres de Jim (tous « ces dévots, ces cocos, ces alcoolos, ces écolos en procession« ) dont « peut-être » tu fais partie ?

  8. Greg dit :

    Ne te détourne pas de tes erreurs, biquette.
    Les bonnes infos je te les ai donné, alors sers-toi en.
    Peut être que ceux qui apprécient le personnage ou l’artiste Morrison détiennent plus de vérité que tu ne déblatéres de fausses infos.
    Il y a toujours la facilité de réduire tous ces gens à des petits fanatiques sans cervelles ou sous LSD. Il y en a, c’est sûr. Mais vérifie tes infos la prochaine, cétait la base de ton papier…

  9. BiBi dit :

    @Greg
    Que la photo soit prise au 17 rue Beautrillis (au lieu du square Tristan Bernard) devant la porte en fer forgé, je te crois et j’assume complètement cette erreur ! Merci, « biquette » 🙂 Je signale quand même dans mon article que Jim Morrison y logeait.

    Je ne réduis pas TOUS les admirateurs de Morrison à des fanatiques mais permets-moi de penser qu’il y en a et beaucoup. Autour, sur la tombe de Morrison, il y en avait à chaque fois et beaucoup, beaucoup. Mais qui aime bien châtie bien, n’est-ce pas ?

    Je ne faisais ici que présenter mon propre rapport au chanteur ( pas plus, pas moins) en rapportant ce qui fut présenté dans le journal « underground » français « Le Parapluie » dont j’avais retrouvé l’extrait 40 ans après.
    Je pense juste que mes infos – les vraies – rapportées ici peuvent intéresser le lecteur.
    Et toi en particulier.

  10. BiBi dit :

    @roymodus
    Je crois que las de s’appeler Jim Morrison, Jim Morrison avait décidé de ne plus être reconnu comme Jim Morrison. Donc si quelqu’un se présente à vous comme Jim Morrison, surtout ne le croyez pas et mettez-le à la… Porte.
    Car ce n’est pas dans ce Monde-ci que vous pourrez assister au prochain Concert de Jim Morrison…
    Les « Doors » ne sont pas encore ouvertes pour vous 🙂

  11. motimoda dit :

    Bjr a vous. Je trouve triste de salir le grand jim!n y aurais t il pas une part de jalousie dans tout cela?plus les annees passent et plus les fans sont nombreux.j aime bocoup le personage,le grand poete q etait jim.qand t o chanteur. ..Il est extra.pour preuve, bocoups de groupes s inspire de lui. ..Et copie son style de scene.plu il est sali…plus il est aimer.merci a vous.

  12. BiBi dit :

    @motimoda
    Détrompe-toi : il y a beaucoup d’admiration pour le chanteur et pour ce qu’il m’a aussi transmis (la plongée chez William Blake, le poète anglais, Nietszche et une ouverture au Rock). Donc une grande dette envers lui mais les accroches à l’Idolâtrie me sont complètement étrangères. Et c’est la raison pour laquelle je raille (sans méchanceté) les fans.
    Pour d’autres icônes, je marche un peu de la même façon. De mémoire, voilà quelques noms qui me viennent : Lacan, Jean-Luc Mélenchon, Eric Cantona, Freud etc… 🙂

  13. david thierry dit :

    VIVE LA REVOLUTION MONDIAL DE PAIX ET AMOUR… diVab…

  14. Hervé MULLER dit :

    Il y a une double erreur: cette photo n’est pas la dernière prise de Jim, elle date du lendemain de ma rencontre avec lui, début 1971 (et son auteur est mon ami Gilles YEPREMIAN, qui l’avait récupéré complètement saoul, devant la boîte dont il s’était fait jeté pour cette raison et jamais reconnu lors de ses nombreuses visites (entre les kilos et la barbe, il avait pas mal changé…). Cela n’a pas empêché Sam Bernett, le manager du R’n’R CIRCUS, le club en question, de clamer, des dizaines d’années plus tard, qu’il avait bien connu Jim et même d’écrire un livre ridicule sur lui! Il n’est d’ailleurs pas le seul à s’être souvenu très tardivement avoir « bien connu » Jim, comme le journaliste F. Jouffa qui a carrément repris et adapté l’histoire de Gilles à son propre compte!
    Pour en revenir à 1971, Gilles, ne savant que faire du chanteur titubant, l’avait amené chez moi en taxi, entre 3h et 4h du matin!
    Justement, la photo a bien été prise devant la porte de l’immeuble où j’habitais alors; place Tristan Bernard (75017) – pour qui connaît les deux immeubles, même 40 après, la confusion est impossible! C’est le dénommé « Greg » qui devrait assumer ses erreurs, et j’espère que toutes ses « infos » ne sont pas du même calibre.! You’re just another anonymous smart-ass, « Griguette »… Français, bien-sûr.
    Et toi, « Bibi Fricotin », tu aurais pu vérifier avant de t’écraser. Bref, je vous renvoie dos à dos. J’en ai ras-le-bol d’entendre et de lire des conneries inventées sur le séjour de Morrison à Paris, même si c’est la première fois que je réagis.(ça n’est pas un privilège, juste une réaction d’humeur). D’ailleurs c’est ce genre d’usage (cf. Wikipedia…) qui est la plaie du web.
    P.S. Alain RONAY était un très vieil ami de jim, du temps de leurs études à l’UCLA. Photographe, c’est lui qui a pris les vraies dernières photos du chanteur des Doors, la veille de sa mort… Elles ont d’ailleurs été publiées comme telles dans Paris Match (en 1991, je croiss…) T’est pas sérieux, Bibi! Allez, basta, je détete la nostalgie qui nous envahit de partout. Beurk! Salut. -HM

  15. BiBi dit :

    @Hervé Muller
    Pas de problème : tu rectifies mes erreurs. Et celles de Greg. TANT MIEUX !
    Pas de nostalgie vis-à-vis de Jim. Sauf à me souvenir de… mes années de jeunesse marquées (entre autres) par la musique des Doors découverte avant sa mort.
    Jim Morrison a été un des liens qui m’a poussé à connaitre d’autres poètes et écrivains (William Blake, Nietzsche, Shakespeare etc…). En cela, je lui suis « reconnaissant » ! Il a été un (des) passeur(s) pour moi, autodidacte. Pour moi, alors, ce ne fut pas rien.
    Pour preuve, ma lettre à R&F de début 1972 – avant que ne grossisse le mythe et les idolâtres qui vont avec.
    En tout cas, merci pour ton précieux témoignage (et… sache que j’avais beaucoup apprécié ton livre en son temps).

  16. Faque dit :

    Voilà : Le site de BiBi n’a qu’un seul but : faire penser.

    On remerciera BiBi pour nous faire part de la lettre qu’il envoyait au Courrier des Lecteurs. Si elle ne manque pas d’intérêt elle a aussi le mérite d’oublier le côté racoleur de l »‘article » (la dernière photographie de Jim Morrison) ainsi que son introduction complètement foireuse.

    Si on apprend que Bibi aime pour X raisons Jim Morrison, attention ! … Bibi, parce qu’il a lu une biographie entend bien faire des remarques qui portent au jugement de ce qu’il aurait convenu « être digne » en la personne de Jim Morrison.
    C’est une chose que de n’être « pas fasciné » par les excès de Morrison (à ce titre le film d’Oliver Stone s’il est ésthétiquement très réussi, il n’en reste pas moins une hagiographie stupide et réductrice d’un des côté de Morrison), c’en est une autre que du haut de ce nouveau siècle s’autroproclamer en Juge moralisateur  » le beau chanteur aurait mérité quelques coups pied au cul pour ses conduites inconvenantes de sale gosse et pour ses caprices de star invivable. » … surtout quand l’oeuvre de Morisson trouve sa source dans sa déchirure entre Apollon et Dyonisos
    René Char écrivait « la lucidité est la brûlure la plus proche du soleil » …Léo lui, « un poète ça sent pue des pieds ça se défenestre et ça crie »
    Gardons nous bien d’être moral ou essayons d’être humble un minimum, les deux revenant au même en la circonstance.

  17. BiBi dit :

    @Faque

    Si j’en crois la bio et les anecdotes rapportées par Hopkins/Sugerman dans leur bouquin, Jim s’est quelquefois comporté comme un malotru dans sa vie. Que dans le travail artistique, tout soit permis, bien entendu : no limit. Et j’ai voulu souligner que c’est par là que je l’ai admiré. Pour le reste – ce qu’il fit, ce qu’il ne fit pas dans sa vie quotidienne, je m’en fous (un peu).

    Sur le titre de mon billet : un peu « racoleur », oui, un peu, j’avoue. Mais en lisant les 1000 billets qui suivent, tu te rendras compte que j’ai toujours beaucoup de choses à apprendre pour faire du vrai et de l’intense racolage.

    J’ai compris que tu ne supportais pas que ton Jim Morrison soit écorné. C’est plus simple d’ironiser sur BiBi. Et tu as raison : c’est beaucoup plus simple. Je peux juste te conseiller mon billet écrit plus tard («Cousin Singe et Cousin Ange»)
    http://bit.ly/JCewTX

    Pour finir, cette phrase de Jim Morrison à la fin de sa vie à Agnès Varda, le chanteur voulant être autre chose que son mythe et – peut-être aussi autre chose qu’un artiste à qui on ne disait rien, autre chose qu’un ado à qui j’aurais mis volontiers un coup de pied au cul : «Je ne veux plus être Jim Morrison» disait-il. A méditer, non?

  18. Faque dit :

    « J’ai compris que tu ne supportais pas que ton Jim Morrison soit écorné. »

    Jim Morrison appartient à tout le monde. Paraît qu’il martyrisait son frère et qu’il y prenait plaisir. Paraît que … et que …et que …et alors?

    C’est bien toi qui concourt à « trier » dans l’Homme, le bon et le mauvais. Morrison comme tout homme sur exposé a ses contrastes …je ne vois pas les raisons qui nous poussent à les juger à notre aune …

    Mais bon, c’est le fameux débat entre l’Homme et son oeuvre …

    Faut il ne pas lire « l’Emile » de Rousseau sous prétexte que c’était un père épouvantable?
    Et pourtant, rarement un traité n’aura fait avancer « la cause » de l’enfance …

    Mais bon, merci en tout cas pour ta lettre du Courrier Des lecteurs, c’est ce que je retiens …

  19. BiBi dit :

    @Fasque
    Jim Morrison appartient à tout le monde mais chacun (toi, moi) a « son » Jim Morrison. A chacun son écoute, sa lecture, ses visions singulières… A chacun de les exposer (ou non).
    Chacun a son propre rapport à Shakespeare, à Rimbaud et à tant d’autres. A mon titre de blog, je pourrais ajouter : « Lisez BiBi, Ecoutez BiBi etc… (c’est-à-dire : lisez, écoutez à votre façon, écoutez, lisez, pensez singulièrement)

    Justement je ne trie pas le bon et le mauvais pour louer le bon et crier haro sur le mauvais. Encore une fois je te recommande de lire mon billet (« Cousin Ange et Cousin Singe ») jusqu’au bout. Ce qu’écrivait la critique Marthe Robert sur les « génies » littéraires, a mon entier assentiment.

    http://bit.ly/JCewTX

    Sur cette question de « juger à notre aune »… et du rapport ( pas simple du tout) de l’Homme à son oeuvre ( Shakespeare pas loin d’être antisémite, Voltaire un brin raciste, Céline un facho qui écrivit son magnifique « Voyage Au Bout de la Nuit » etc…) :

    « Il faut donc juger, tout en sachant que, jusqu’à nouvel ordre, nous ne le faisons sans connaissance de cause, en n’émettant jamais que des opinions qui, pour nécessaires qu’elles soient, sont encore loin de faire loi»

    « Il faut juger dans la pleine conscience de ne rendre, la plupart du temps, que des verdicts approximatifs, hâtifs, légers, quand ils ne sont pas dictés directement par l’idéologie du moment ; mais il faut aussi juger dans l’espoir qu’à force de tourner et de retourner des questions jusque-là non posées, nous finirons, peut-être, par percer un peu mieux les rapports secrets de la littérature avec nos diables et nos bons dieux».

  20. lotbol jull dit :

    Bonjour Mr Hervé Muller,je suis content d’avoir de vos nouvelles,vous me connaissez pas mais j’ai lu vos articles sur Morrison et The Doors…
    Bonne remise en place pour ce « bibiche »:-)
    À bientôt Mr hervé
    jull
    ps:The Doors étaient 4,Morrison ne savait pas lire la musique,ne l’oublions pas;-);-)

  21. Une bien belle photo en tous cas!

  22. Hervé Muller dit :

    Petite correction à ce que dit Jull…

    Aucun d’entre eux ne lisait ou écrivait vraiment la musique — comme dans beaucoup de groupes de rock, ils composaient « sur le tas », en jouant et enregistrant des maquettes. Mais ce qui fait de Jim un cas à part c’est qu’il composait avec sa seule voix comme instrument (il jouait un tout petit peu de piano, cependant).

    Quand il retrouvait les trois autres, il avait les chansons dans sa tête, paroles et musique. C’est lui qui a composé la grande majorité d’entre elles, seul Robbie Krieger contribuait un peu à ce niveau, mais on lui doit certains des plus gros « tubes » des Doors: Light My Fire, Love me Two Times…

    Par contre, au niveau des arrangements et du jeu, sur disque comme sur scène, c’était un groupe d’une homogénéité exceptionnelle, quasi fusionelle, ça c’est indiscutable.

    Mais après la mort de Morrison, les Doors étaient définitivement fermées: ils l’ont hélas prouvé avec deux mauvais disques. Et depuis, ils ont surtouts fait beaucoup de fric en ré-éditant le catalogue avec quelques fonds de tiroir et en recyclant le mythe de Jim à toutes les sauces…
    Mais ça, c’est une autre histoire. Ciaio Bibi & Co ! — HM

  23. BiBi dit :

    @HervéMuller
    C’est le mythe qui a écrasé Robbie Krieger ( pourtant précieux guitariste) et Ray Manzarek (émouvant dans ses prises de « paroles » musicales)
    J’ai trouvé dans un vide-grenier un CD des Doors que je ne connaissais pas (« Canadian Night ») Un enregistrement pris sur le vif, en public à Vancouver en 1970. La version de Light My Fire de 17 mn 42 sec est superbe avec un duo magique Ray Manzarek et Robbie Krieger. Duo tout en finesse, intelligence et délicatesse.
    Pour le reste, Jim ne vivait pas sur la même planète que les 3 autres. A côté. Aux côtés… de ses amis indiens, rimbaldiens et nietszchéens 🙂

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