« Don’t Look Back » (John Lee HOOKER & Van MORRISON)

Pour la sixième année, LoloBoBo invite les blogueurs à choisir un morceau musical pour l’été qui vient.  Déja participant dans les années précédentes, me voilà – je l’espère – dans le bon tempo, dansant sur la bonne note, celle conjointe de et de l’Irlandais. Morceau de (mon) choix, voilà ce superbe «Don’t Look Back». Et pour le justifier, ce petit texte d’accompagnement…

«Puis vient l’été. Et les marinades. Celles dont parle Gustave Flaubert : «On se jette à un moment sur son lit. On ne fait rien. Les pensées tournent en rond, on est un peu déprimé…»

Marinade

Et puis notre main cherche le bouton de la chaîne HiFi.

Et puis dans l’été présent, vient la voix profonde, le timbre rocailleux, inimitable de John Lee Hooker. Dans la trajectoire du bluesman, on trouverait des beaucoup plus mélancoliques, beaucoup plus proches de son du . Mais là, déjà la beauté de ce Commandement : «Don’t Look Back» de 1989. Ne regarde pas derrière toi : un conseil intenable bien sûr. Une impossibilité pour les vivants. Mais John Lee Hooker pouvait le dire, il pouvait le chanter puisqu’il est un des immortels de la Grande Vie Musicale. Ne regarde pas derrière toi : un leurre mais en même temps une promesse de première nécessité. Le bonheur à portée de voix, le vœu d’un impensable été ensoleillé, d’un été dans la succession d’un printemps pluvieux définitivement oublié.

« Don’t Look Back» : se lancer vers l’avant, sans retour sur soi, sans regard sur son passé. Fonce. Fonce. Cours. Plonge. Vers l’avant. On est prêt à tout pour le suivre, John Lee Hooker : sur le bayou, dans les ghettos, à Big Sur, à Harlem, sur la lune, en Alaska, en Mongolie. On le suit dans les bouges, dans les bals improvisés, dans les cafés-bars embrumés, sur les places du village, dans les cabanes bleues, dans les lumières rouges. Ou encore, peut-être, on reste pétrifié car c’est là, c’est dans un vieux juke-box, ça emplit la salle, t’es devant ta bière, tu ne regardes ni devant, ni derrière, juste frappé par la foudre. Puis tu ondules doucement, tu la serres de près, tu respires la peau de son épaule dénudée, tu sens tes lèvres frémir, les siennes aussi. Et tous ces frissons qui ne s’arrêteront jamais. Jamais. Tant elle est heureuse avec toi.

Et puis.

Et puis vient une seconde voix, en écho. C’est au milieu du morceau, à trois minutes vingt, que tu découvres cette voix. C’est Van Morrison, le plus noir des irlandais, une voix de rocaille qui ne demande rien à personne, qui s’impose, qui va elle aussi de l’avant et qui te donne tout en trois phrases. Une voix qui suit les improvisations de son ami complice. Le rythme y est : balancement, échos, et en dialogue, des questions à deux et des réponses démultipliées. Oui, les gars, on ira de l’avant, on ne se retournera pas, on fera fi du passé. On fera comme vous dites, Van, John. Nos yeux brillants suivront votre double regard, on découvrira avec vous le prochain jour, le prochain soleil.

Et puis viendra un autre été. Et puis un autre automne.

Et plus tard, loin devant, tard, très tard, nous entrerons dans le dernier hiver, le dernier hiver de nos vies.

*

Jlhdontlookback
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5 Responses to « Don’t Look Back » (John Lee HOOKER & Van MORRISON)

  1. lolobobo dit :

    Une bien belle rencontre que tu nous propose en ce lundi matin

    merci

  2. Un grand moment ! Merci pour la découverte.

  3. Diablotin dit :

    Superbe choix ! Deux grandes voix, une guitare presque lascive en écho… Que demander de plus ?

  4. domergue dit :

    Un très bon moment , merci …!!!

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