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Pierre Laval d’hier et d’aujourd’hui.

Le cinéaste Laurent Heynemann et son équipe de tournage font actuellement un téléfilm sur Laval, le collaborateur. Le réalisateur a pris ses quartiers à Vichy. Son téléfilm sera diffusé sur France 2 en 2021. On y parlera du procès et de la vie du premier des Collaborateurs.

A l ‘heure où tant d’historiens taisent les liens de Pierre Laval avec la très haute finance nationale (Banque Worms, BNCI) et internationale (américaine, oui oui), espérons qu’une partie du téléfilm parlera de la fortune colossale amassée par celui qu’on appelait « Le Mandarin Noir ».

Car Pierre Laval a fait très tôt des affaires. En avril 1931, il achète le château de Châteldon (Puy-de-Dôme, 20kms de Vichy) et la source La Montagne-La Sergentale qui donnera l’eau en bouteille de Châteldon. Malin, il placera ces bouteilles d’eau gazeuse sur chacune des tables de la Compagnie des Wagons-lits. Une eau qui reste encore très bien côtée aujourd’hui dans les garden-parties et les restos cinq étoiles.

Laval gardera toujours une image de bouseux, de «paysan», d’inculte dans les hautes sphères du Pouvoir. Elu maire d’Aubervilliers en 1923 grace à la colonie de «bougnats» vivant en ceinture parisienne et avec l’appui de la SFIO, il est déjà un anticommuniste forcené.

Son ascension le pousse à parfaire sa tenue. Monsieur prend son temps pour faire sa toilette quotidienne, il passe très souvent chez la manucure, il se fournit chez les meilleurs tailleurs, change très souvent sa cravate blanche mais, hélas, rien n’y fait. Sa tête d’Auvergnat lui fait ressembler à un «Gitan» surnom qu’on lui donne avec celui de «Jamaïk». « Jamais, dira t-il, ils n’ont admis mon visage » Mais ce n’est que peu d’importance pour tous les synarques qui l’aduleront, pour tous ceux qui sont adoubés par la Banque Worms. Ces derniers (Pucheu, Lehideux, Barnaud, Benoist-Méchin, Marion, Bouthillier, Jacques Gérard, De Labarthète, Pierre Nicolle – salarié du Comité des Forges et du MEDEF d’alors) lui dérouleront le tapis rouge, le faisant revenir au pouvoir en avril 1942.

A Paris, avec sa fille Josée (toujours très chic, amie des nazis, en admiration éternelle devant son papounet), il fréquentera les hauts lieux de la gastronomie parisienne (Lucas Carton, Drouant – où dînent les membres de l’Académie Goncourt, la Tour d’Argent). Roublard, il commence à amasser une fortune colossale. Il envoie ses maîtresses en Argentine avec des lingots d’or. Avec ses francs français et suisses, elles y achètent des pesos, pesos qu’elles (il) transfèreront aux USA pour les convertir en dollars. Une fortune déjà conséquente planquée dans les grandes banques américaines (JP Morgan). Espérons que le téléfilm n’occultera pas ce côté financier absolument décisif dans la compréhension du personnage.

René DE CHAMBRUN

C’est que Laval (comme Pétain) a des rapports très étroits avec l’Amérique (ce qu’on n’enseigne guère dans les écoles et les Universités). Ses liens se consolideront avec le mariage de Josée sa fille unique. Celle-ci va épouser le 20 août 1935 le Comte René de Chambrun, franco-américain, descendant de La Fayette, avocat – comme Laval – qui a de très gros clients en France et en Amérique.

Arrêtons-nous sur cette famille richissime De Chambrun. On n’est pas là dans une famille de prolos du Bronx. Originaire de Cincinnatti, la mère de René a un frère, membre du Parti Républicain, Président de la Chambre des Représentants qui épousera la fille de… Théodor Roosevelt !

Josée LAVAL et son papa adoré.

René de Chambrun connaît Pétain depuis son enfance. Il aura toujours toutes portes ouvertes à Vichy pour le rencontrer. Il sera ainsi le lien permanent entre Pétain–Laval et le…Département d’Etat US. Ceci explique pourquoi Roosevelt aimait beaucoup Vichy et pourquoi, après 1941, les hauts fonctionnaires vichystes, sentant le vent tourner, allèrent en masse à Alger demander asile chez le bienveillant Murphy «personal representative» de Roosevelt. Vichysto-américains et non «vichysto-résistants» comme veut le faire croire l’historiographie dominante française.

De 1929 à 1934, René De Chambrun vit aux Etats-Unis. En 1931, il fait visiter les USA au Maréchal Pétain. La même année, il reçoit Laval et sa fille (c’est la première rencontre avec René) qui voient le Président Hoover et croisent aussi Raymond et Jacqueline Pâtenotre qui l’introduiront chez JP Morgan pour planquer sa fortune déjà conséquente.

Comme tout homme de Pouvoir, Pierre Laval connaît l’importance des organes de promotion, de manipulation et de Propagande. Pour hâter son ascension, il se tourne vers la Presse, se fait l’ami de Jean Prouvost (futur Paris-Match, Figaro and Co), achète Lyon-Républicain pour 3 millions qu’il revend 12. Il développe Le Moniteur (220 salariés, premier journal d’Auvergne affermé à l’Agence Havas de Paris), achète aussi l’imprimerie Montlouis (les premiers tickets d’alimentation sortiront de là), investit dans l’Hebdo « Vu et Lu ».

Jean PROUVOST
(Paris-Match, Le Figaro, Télé7 jours, RTL)

Côté Radios, il investit dans Radio-Luxembourg (dès les années 30) puis dans Radio-Lyon (par décret, il en fait une des 13 radios privées avec construction d’un pylône de 107 mètres à Dardilly).

Côté Police, Pierre Laval qui promeut son ami Bousquet a tissé des liens avec Pierre Julien qui a des réseaux puissants dans la Police et chez les Politiques.

Côté Banque, on l’a vu avec René de Chambrun et ses millions recyclés aux USA. Mais en France, il est un des plus importants dépositaires chez BNCI, quatrième établissement bancaire en 1943, banque que les Américains qui enquêtent sur le blanchiment d’argent de vichystes appellent « la Banque de Laval ». Elle est présidée par son ami en affaires Albert Buisson qui, en 1935, devient Président de Rhône-Poulenc et des Chemins de fer du Nord.

Une fois tout ce pognon amassé, Laval essayera de le planquer en Suisse. Pour ce, il envoie en 1943, son numéro deux, Jean Jardin (grand-père d’Alexandre Jardin) en premier Conseiller de l’Ambassade de France à Berne. Jean Jardin y retrouve Moulin de Labarthète en attaché et Amédée Siaume, autre ami de Laval, président de la Société Générale pour l’industrie electrique (qui transporta le siège de la Radio Sud-Ouest à… Genève).

Signalons encore trois choses au sujet de Laval :

CHÂTELDON (Allier)

1. La Fondation de la fille de Laval a vendu les parts du Château de Châteldon à la famille Taittinger, dont la femme est mariée à Jean Pierre Jouyet, homme de l’ombre de Sarko-Hollande-Macron.

2. Henri Rousso (dans son Livre Les Collaborateurs) fait avec Laval comme un autre historien a fait avec Darlan : ces deux Collaborateurs des hautes sphères ne seraient pas antisémites. Sur Darlan, on fait censure sur le fait qu’il fut le n°1 de Vichy et qu’il parapha ainsi de sa main le second  Statut des Juifs. Et sur Laval, on omet de signaler qu’il fut en pôle-position pour décréter et conduire la rafle du Vel d’Hiv.

Les qualificatifs d’Henri Rousso :
Laval ? Pas nazi, pas fasciste, pas antisémite
!

3. La constante de Pierre Laval fut un anti-communisme forcené. Avec Pucheu et Bousquet, il fit une chasse effrénée aux Rouges. Avant-guerre, il prôna le pacifisme mais ce fut pour ne pas militariser la France et ainsi ménager les nazis qui allaient envahir si facilement la France. Notons encore que Louis Barthou, ministre des affaires étrangères en 1934 s’opposait aux thèses de Laval. Ce ministre travailla à construire une Alliance tripartite avec les Anglais et les Soviétiques pour lutter contre le péril nazi. Résultat ? Il fut assassiné. Et c’est Laval – ô surprise – qui prit la suite… mais bien évidemment, pour ne pas mener les mêmes démarches.

Espérons donc que Laurent Heynemann informera les Français de toutes les saloperies de Laval, suppôt des synarques, incessant comploteur contre la République, homme aux affaires ignorées mais à la fortune colossale en France et aux USA (Qui en hérité ? Mystère) et que le réalisateur dira un mot de Josée et René de Chambrun, tous deux nullement inquiétés après la guerre.

*

Aujourd’hui on voit les analogies entre Laval, ses sbires avec nos dirigeants macronistes. Les Darmanin et Lallement ressemblent aux amis lavallois Pucheu et Bousquet. Un Macron vient des banquiers. Le staff macroniste dirige la Presse, les Radios. Tous avec cette haine qui perdure contre les Rouges mélenchonnistes, contre les Communistes même réduits à peu et contre une Ultra gauche qui s’infiltrerait partout.

Les Flèches de BiBi (15 /31 juillet).

Sarkozy grimpe dans les sondages !

Le Président est un « bon président » pour 53% des Français (+12 points par rapport à mai !), selon un sondage CSA publié hier. 43% des Français pensent que le Président doit « continuer à gérer les principaux dossiers du pays » durant ses vacances et 51% qu’il doit « se reposer complètement » après… son malaise. Son malaise ? C’est alors que BiBi se rendit compte qu’il lisait le numéro du Figaro du 23 juillet… 2009.

Nicolas… Nicolas Demorand.

A la question : « Que pensez-vous des tensions qui minent actuellement l’antenne de France-Inter », Nicolas Demorand répond sans rire : « Le nouveau mode de désignation des dirigeants des grands médias publics est à l’origine des tensions qui règnent dans ces entreprises. Il y a fatalement un soupçon qui pèse sur ces dirigeants. Cela complique très fortement le management… ».

C’est évidemment plus simple et beaucoup moins compliqué à Europe 1 où le journaleux a été transféré. Là-bas, au royaume d’Alexandre Bompard, jeune énarque promo Cyrano, ex-pensionnaire du Cabinet Fillon, pas de soupçon possible. Une transparence totale : tout le Monde sait que la station appartient au Frère Lagardère et qu’Alex Bompard est très copain avec Alain Minc, qu’il est aussi très pote avec Stéphane Courbit et bien sûr très ami avec notre Président. En toute indépendance, bien sûr.

Garden-party : de l’eau et du Champagne.

A Paris, pas de réception grandiose pour le 14 juillet. En d’autres temps (année 1995), on fêtait ça sans complexe. Chirac arrivait vers 19 heures, appréciait la beauté des demoiselles malgré le courroux de Bernadette. Il «serrait des mains et buvait des coups» selon le traiteur Marc Vigneau-Desmaret. Tout ça ne manquera pas à Chouchou. Impopulaire, il n’y a plus personne pour lui tendre la main. De plus, élevé à l’eau plate, il déteste le vin. Tout le beau Monde le dit : Chouchou ne boit que des Verdeaux.

A New-York, pour sa participation à l’Assemblée générale des Nations Unies (21 au 24 septembre dernier), la délégation française comprenait 132 membres auxquels il fallut rajouter les 31 membres de l’équipage des trois avions. Coût total de l’accueil-hébergement : 1.145.279 euros. Ah ! le bon vieux temps ? Eh bien, non : alors que tous les consulats ont vu leur budget se réduire, celui de New York continuait son train de vie. C’est vrai qu’il est sponsorisé par… des marques de Champagne. Un consulat probablement arrosé par la Maison UMP Taittinger.

Non, on n’imagine pas !

La Famille Sarkozy sera bien occupée pendant le mois d’aout. Chouchou attendra au Cap Nègre que Chochotte en ait fini avec Woody Allen à l’Hotel Bristol. BiBi a réentendu notre Président lors de son intervention télé apostrophant Pujadas et les Français : «Vous m’imaginez, pendant un dîner, devant les convives à tables repartant avec l’argent ? ». Bien sûr que non, se dit BiBi qui conseille au Président, féru de cinéma, de revoir un film de Woody Allen datant de 1969. Son titre ? «Prends l’oseille et tire-toi ».

Plein soleil sur Nicolas et  ses amis.

Dans son intervention télévisée, Chouchou, très rebelle, s’est offusqué des pressions : «Quand vous mettez en œuvre des réformes, vous bousculez des intérêts, des situations acquises, un certain nombre de gens… ». Des intérêts ? Chouchou, lui, a – contrairement à ces mystérieux comploteurs tapis dans l’ombre et le brouillard – des amis très désintéressés. Citons : Dassault, proprio du Figaro, Lagardère (proprio de 17% du Monde, du JDD, de Paris-Match, d’Europe1, des éditions Hachette), Bouygues (TF1), Vincent Bolloré (journaux gratuits, Havas, SFP, Direct8), Bernard Arnault (Les Echos) etc. BiBi conseillerait bien au Président, très féru du cinéma de Woody Allen, d’aller voir un de ses films datant cette fois-ci de 1992. Son titre ? « Ombres et Brouillard ».