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BiBi retrouve Georges Brassens dans son grenier.

BiBi poursuit l’exploration de son grenier où il a retrouvé le numéro 72 de Rock et Folk (janvier 73) avec une interview de… Georges Brassens. Il n’était pas inconvenant de trouver Georges Brassens dans les pages d’un mensuel de rock (et folk). Le mélange – Brassens côtoyant ce mois-là Pink Floyd et le Roxy Music de Brian Eno – était parfaitement accepté des lecteurs. C’est Jacques Vassal, journaliste folkeux, qui menait l’interview.

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Georges Brassens avait été libertaire à une époque (vers 1945/46/47). Il écrivait d’ailleurs dans la presse anarchiste des articles extrêmement violents. Il revient sur les bifurcations qui ont suivi :

«Il se trouve que ce n’est pas dans ma nature de faire des chansons de propagande car j’ai l’impression que je ne saurais pas défendre mes idées. D’autres ont plus de talent que moi pour faire ça. La chanson, pour moi, reste surtout un art d’agrément. En dehors de l’homme social que je peux être, je suis auteur de chansons. Quand je chante, je ne suis plus le même. Mais ce sont là des explications très dures à donner et peut-être… fausses».

Jacques Vassal fait alors le parallèle avec Léo Ferré. Souvenons-nous que ce dernier avait participé à une table ronde avec Brassens et Jacques Brel et que R&F en avait eu la primeur (avec photos du regretté Jean-Pierre Leloir).

R&F : Vous avez pas mal de points communs avec Léo Ferré mais vous vous manifestement moins souvent et avec moins d’urgence que lui (…)

G. Brassens : Mon goût me pousse à écrire plus qu’à chanter et j’écris très lentement. En plus depuis quelques années, la maladie m’a souvent empêché ou retardé dans certaines activités. Ce qui fait qu’on me voit et qu’on m’entend bien plus rarement que tel ou tel autre. Cela dit, les problèmes me touchent moi aussi, bien sûr, mais j’en parle indirectement. La Chanson est pour moi une fête, un divertissement ; ça doit plaire, à moi et aux gens qui m’écoutent. Mais ce sont des sujets de toujours que je traite dans mes chansons… et là, je fais un effort pour vous donner des explications. A force de vouloir expliquer les choses, on ne fait plus rien».

Cinq ans après 1968, les esprits étaient tournés vers l’engagement politique. On n’imaginait que très difficilement qu’un artiste devait d’abord faire ce qu’il avait à faire. La tendance était de considérer prioritairement son rôle social (devenir un porte-parole activiste comme quasi-obligation). Les travaux spécifiques sur son art étaient relégués au second plan. C’est pour ça que Jacques Vassal insiste et que Brassens est un tantinet agacé.

R&F : Votre participation l’autre jour à un Gala contre la peine de mort en a surpris plus d’un… pas sur le plan des idées bien sûr mais parce qu’on vous croyait à l’écart de tout militantisme.

G.Brassens : Ce n’est pas ça ! Si par exemple demain, j’apprenais que vous êtes en prison et que j’estimais que vous n’avez pas à y être, ce ne serait pas du militantisme que d’utiliser mon influence ou ma renommée pour prendre votre défense. En fait c’est une affaire de cœur et en dehors de tout raisonnement. J’ai toujours pensé, dès l’enfance, qu’un homme n’avait pas le droit de décider de la vie d’un autre, «coupable» ou non».

R&F : «Mourir pour des idées» a fait beaucoup de bruit…

G.Brassens : Je ne m’occupe absolument pas des réactions : la Chanson est l’art que je place avant tous les autres, et cela me fait toujours plaisir d’écrire des chansons. Dans le temps, on imprimait les chansons sur des «petits formats», des feuilles séparées que l’on distribuait aux gens dans la rue. Après, ils pouvaient les rechanter eux-mêmes (…). Certains peuvent penser que je suis un chanteur rétrograde. En fait, j’essaye de rester dans la lignée des chanteurs traditionnels.

Le seul passage de l’interview sur le travail musical de Brassens n’interviendra qu’à la fin :

R&F : Vous n’avez pas eu envie d’ajouter d’autres instruments à vos accompagnements habituels ?

G.Brassens : Non, je pense qu’avec ma guitare et une contrebasse, mettons une deuxième guitare pour les disques, c’est bien suffisant comme ça. Pour moi, la musique n’est qu’un support à mes textes ; s’il y a davantage d’instruments, cela gênerait la bonne compréhension des paroles…

Nous sommes en 1973. Brassens décèdera le 29 octobre 1981. Immortel Brassens.

Les Flèches radioactives de BiBi (15-31 mars).

Le Quizz du Week-end.

1. Le lundi 6 septembre, sur France-Musique, à la question «Que détestez-vous le plus ?», l’invité de l’émission fit passer les premières mesures de «La Mauvaise Réputation» de Georges Brassens. L’invité expliqua que cette musique était «indigente et pathétique» et que – pour finir – «Brassens chantait faux». Qui est ce pauvre imbécile qui ne sera jamais un copain d’abord de BiBi ?

2. Quel est le célèbre lèche-bottes qui, en juillet 2002, a dit à Liliane Bettencourt en lui remettant sa Légion d’Honneur : «Vous auriez pu vous contenter d’être fortunée ou d’être belle et vous aviez les deux qualités»? Vous avez compris ? Pour ce Monsieur, être pauvre est un très vilain défaut. (Source : Challenges et Fakir du mois).

3. Sébastien Fontenelle de Politis sort un bouquin sur cet ex-humoriste qui a dit récemment : «J’en ai rien à foutre de plaire aux politiques (…) Même ceux que je n’aime pas n’auront pas de problèmes avec moi, s’ils font bien leur travail». Pourquoi a t-il rajouté ce «s’ils font bien leur travail» qui fait si froid dans le dos de BiBi ? (Source : Télérama).

4. «Je parle des objectifs de la caméra… en fait il n’en utilisait qu’un, le 50. Il avait en horreur le 75, le 100 n’en parlons pas. J’adorais l’écouter s’enthousiasmer sur le 50. Il disait que c’était le plus proche de l’œil humain. Je pressentais que cela avait à voir avec une certaine idée de la vérité, de la morale. Ni trop près, ni trop loin, à la bonne distance ». Qui parle dans cette interview ? Et question subsidiaire : de qui parle t-on ?

5. Ce nouveau venu dans le PAF a engagé un certain Jean Spiri. Ce jeune normalien a successivement travaillé sous les ordres de Xavier Bertrand, de Jean-Jean Sarkozy (le fiston-à-pistons) et de Michel Boyon (bien aimé président du CSA). Jean Spiri va mettre tout son cœur et sa plume au Service de ce Monsieur dont il vous faut deviner le nom. (Source : L’Express).

6. Dans un livre qui sortira le 3 novembre, Sylvie Brunel, géographe-romancière, nous parlera d’un «Voyage à Timimoun». L’intrigue portera sur «la renaissance d’une femme blessée qui, à la faveur d’un voyage en Algérie va retrouver le goût de la vie». L’héroïne surmontera l’épreuve difficile d’un mari volage qui s’enfuira avec une jeunette après 30 ans de vie commune. L’histoire ne dit pas si le mari est parti avec une jeune roumaine pour Napoli. L’histoire est vraie et la jeunette est tunisienne. Quel est le nom du héros pitoyable de Sylvie Brunel?

7. Qui répond de façon claire et magistrale aux difficiles questions de l’Express ?

Sur la remise de la Légion d’Honneur d’Eric Woerth à Patrice De Maistre, ce Monsieur banalise : «Cette affaire aurait pu apparaître à l’occasion d’un autre problème»

«Vous pensez à qui ?» Réponse courageuse du bonhomme : «Je ne saurais citer de noms»

Sur les amitiés de Sébastien Proto (dir’cab d’Eric Woerth) qui a beaucoup d’amis dans les Sociétés de jeux en ligne et qui est l’artisan de cette loi, sa réponse est magnifique : «Sincèrement, j’ai du mal à répondre. L’amitié n’est pas un délit. On peut être au Ministère des Finances et avoir un ami banquier». Quel cet homme un peu rond dont BiBi admire la droiture mais pas la ligne (politique) ?

8. Dans ce pays européen, on pouvait voir un film de promotion du Parti d’extrême-droite qui exprimait ainsi la peur de l’étranger dans les pays vieillissants : une vieille dame s’avance péniblement vers le guichet d’une administration, appuyée sur un déambulateur. Elle est bousculée et doublée sans ménagement par des femmes en burqa qui poussaient des landaux. Ce pays a longtemps été loué pour sa modernitude. Moderne en effet que ce pays qui voit entrer les fachos à son Parlement. Attention, ne perdez pas le Nord avant la dernière question…

9. Convaincu de la présence de Satan, ce Père, doyen des exorcistes de l’église catholique et chasseur officiel des Démons au Vatican, s’est employé à désenvoûter ses contemporains : « J’ai fait plus de 70.000 exorcismes». Sur la photo ci-dessous, malgré tous ses efforts, le Père n’a guère réussi dans son entreprise. Diable ! C’est que le sujet est coriace ! Celui ou celle qui ne donnera pas la bonne réponse sur ce Redresseur de sorts italien ira droit en Enfer accompagné bien entendu du… coriace sujet ci-dessous 🙂

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