Célébrations mensuelles de la Parole.

Celebrations de la Parole.

1. Claire Chazal fermant le journal télévisé de ce samedi et faisant la publicité du Festival de la Correspondance de Grignan. Charmant village de France avec Philippe Jacottet comme mentor discret ( « Monsieur Jacottet, me dit la libraire d’un air désolé, il ne monte jamais au village ! »). « Peu me chaut, pourrait lui répondre BiBi, l’important ce sont ses livres ». Ce que la présentatrice préférée des Français ne rajoute pas au reportage long de quatre bonnes minutes, c’est qu’une certaine… Claire Chazal en est la vedette. Notre Diva cathodique y lit des lettres et récite… les douces tirades du Petit Nikos. Là, non, non, BiBi en rajoute de sa plume mais il maintient l’info principale passée sous silence : Claire Chazal est bien la vedette, la grande pointure de ce Festival. Elle n’a pas osé vous le dire. Claire est une grande modeste !

2. Le Petit Nikos, ce jour justement, déclare avec fierté et délectation que « toutes les grèves passent inaperçues ». C’est vrai, mais il aurait tort de croire que ce qui n’est pas visible n’existe pas. Un mot et une question aux syndicats désorientés par les grosses ficelles du Petit Nikos : comment certains des responsables syndicaux peuvent encore croire à la Participation et au « dialogue » social avec ce Pouvoir ?

3. Bernard Lavilliers encore : BiBi ne connaît pas d’autre chanteur français qui n’a pas comme lui sa langue dans sa poche. Au concert du Festival de Montjoux (jeudi 4 juillet à Thonon-les-Bains), il a eu quelques amabilités sur Brice Hortefeux, le « Cardinal rouquin », et des petits vers en prose qui sortaient du Politiquement correct. BiBi te suit, Bernard…

4. Daniel Bilalian, directeur des Sports de France-Télévisions lâche : «  J’espère que les autorités chinoises permettront à cet évènement (les JO) d’être débridé. » Bilalian est un drôle de pékin.

5. En attrapant au hasard, L’Art du Roman, déjà lu, je redécouvre un passage de Milan Kundera que j’avais souligné : «  Unir l’extrême gravité de la question et l’extrême légèreté de la forme, c’est mon ambition de toujours. Et il ne s’agit pas d’une ambition purement artistique. L’union d’une forme frivole et d’un sujet grave dévoile nos drames (ceux qui se passent dans nos lits ainsi que ceux que nous jouons sur la grande scène de l’Histoire) dans leur terrible insignifiance ».
BiBi a comme cette impression (fugace) que c’est ainsi que naissent et meurent ses propres articles.

6. PPDA discute avec France-Télévision, avec M6.
La Gloire, cette vermine.

7. La photographie de Hans-Gert Pöttering, président du Parlement européen, de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne et du Petit Nikos. Ils sont côte à côte, main (levée) dans la main et rigolards sous les projos à la lumière bleutée. Insupportable arrogance de l’Argent et du Pouvoir. BiBi pense aux grévistes de tout poil dont ils se moquent à la tribune avec cette idée que Grévistes = Mauvais français. Pourtant le Petit Nikos est – théoriquement – le Président de TOUS les Français (grévistes et non-grévistes) non ?

8. Irlande, Pologne, Tchéquie : petits pays de grands écrivains. Ils nous ont donné quand même James Joyce, Witold Gombrowicz et Franz Kafka. Tous les trois préférables à la voix des Grands (pays) et à leurs petits arrangements.

9. Dans son dernier CD, Carla Bruni chante la chanson d’un poète anarchiste italien, Francesco Guccinni. S’il manque à Carla une fiche signalétique sur cet anarchiste, elle n’aura qu’à demander à Brice Hortefeux lors d’un prochain repas. Notre Ministre aura bien des renseignements sur ce métèque de rital.

10. BiBi part en voyage en Dordogne jusqu’au 14 juillet et voguera sur la Vézère. Il en ramènera des articles préhistoriques…

A bibientôt !

Ingrid, BiBi & Christian du JDD.

Ingrid

Un internaute m’écrit : « Pourquoi lire le JDD ? ». La réponse de BiBi, c’est qu’il y a toujours beaucoup à apprendre des pensées de son adversaire. Et faut avouer que BiBi aime bien sonner les cloches du Frère Lagardère, sa tête de turc aperçue gigotant dans une loge de Wimbledon cette semaine, s’agitant en supporter de son enfant de cœur (le tennisman perdant Richard Gasquet). BiBi se réjouit évidemment de la libération d’Ingrid Betancourt qui – veut-il croire – n’est pour rien dans tout ce déferlement et ce fourbis médiatiques. Mais BiBi est quelque peu groggy : il n’y comprend pas grand-chose à ce bombardement d’informations, à cette accumulation et à cette overdose de reportages sur la franco-colombienne.
Il ne trouve cependant pas étonnant que le JDD en fasse sa Une. C’est qu’on a besoin d’une Figure sainte pour ouvrir la Messe dominicale et rassembler le troupeau tricolore. Le Royaume-Uni avait eu l’icône de Diana pour pleurer all together. Les Français avaient eu la Victoire de 98 pour rire aux éclats, ils ont Ingrid pour relever la tête dix ans plus tard. « La France, souligne l’édito savoureux, a besoin de victoires ».
Mais cette France, quelle est-elle ? C’est d’abord la France du Journalisme bien sûr. Discret satisfecit de la Corporation pour la Corporation et auto-promotion du JDD. Les medias ont fait « leur métier, c’est-à-dire, ont posé toutes les questions et polémiques » et ont surtout « raconté les faits ». Cette Une du JDD, chers lecteurs, n’est-elle pas là pour le prouver ? Ah, ironise BiBi, d’habitude, cette Presse ne le fait pas ? Elle n’exposerait pas toutes les questions et toutes les polémiques ?
Chaussons nos lunettes et ajustons-les : dans le cliché choisi d’Ingrid Betancourt, il s’agit déjà d’associer l’émotion (les mains jointes disent la surprise et la béatitude devant l’accueil de tout un peuple) à la prière (les mains jointes sont un indiscutable moment de ferveur religieuse). Ingrid Betancourt nous rappelle que le premier qui l’avait aidé avait été Dieu en personne et que sa libération tenait du « Miracle » (titre en pages 2 et 3). Plus fort que tout, le JDD va nous expliquer ce miracle dans son numéro spécial.

Christophe Tarkos, poète.

C Tarkos 3 fois

« Cela ne peut plus durer. Ça ne peut plus durer comme ça. Ce n’est pas possible. C’est n’importe quoi. Il faut faire quelque chose. Ça ne veut plus rien dire, on ne sait plus ce qu’on fait, il y a tout et rien, ça part dans tous les sens. Ce n’est plus de la poésie. » (Christophe TARKOS ).

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Lorsqu’en 1998, j’ai découvert Christophe Tarkos et ses écrits, le poète n’était pas mort. Il décèdera quelques six ans plus tard, en décembre 2004, entouré de ses quelques amis qui l’accompagneront au Cimetière Montparnasse, entrée 3, Boulevard Quinet.
Cette découverte de Tarkos, je la dois au numéro 1 de la Revue « La Polygraphe », éditée par les Editions Compact. Il y était noté que Christophe Tarkos était « un fabricant de textes et de performances », qu’il était né à Marseille et qu’il vivait en France. La suite disait qu’il fabriquait des textes et des poèmes, des poèmes présentés sous forme de textes imprimés ou de lectures ou de performances avec pour titres par exemple : la vache et le trou, le bidon, le pneu. Les ouvrages, eux, avaient pour titre : le train, l’oiseau vole, farine, Oui (chez « Ulysse en fin de siècle »), processe ». Il était à la recherche d’un éditeur qu’il trouvera avec POL (« Pan » et « Anachronisme ») et une plus petite maison d’édition (Al Dante).
Parmi les 12 textes présentés sous le titre de « Cases du damier », deux d’entre eux m’avaient frappés mais, vous savez comment vont et viennent les pensées : elles entrent en vous, y restent cachées avant qu’à la faveur fortuite de l’arrivée d’un temps printanier ou d’un soleil d’été, elles resurgissent brutalement à la lumière. A redécouvrir ces deux textes, j’ai su alors qu’ils étaient entrés en moi, y étaient restés pour, un jour, y affleurer et me bouleverser. C’est ainsi que renaît un peu BiBi à la vie .
A la lecture de Christophe Tarkos, on se dit tout  de suite qu’il n’y a rien avant lui qui puisse lui être comparé. BiBi avait eu cette même impression de jamais-vu avec les images singulières des films de Jean Eustache et d’Abbas Kiarostami. On oscille entre l’ahurissement, la jouissance de voir ainsi les choses nommées et la surprise d’avoir instantanément des palpitations. C’est presque rien ce déferlement, cette langue ralentie, ce flux en quatrième vitesse mais ça caracole aussitôt à l’intérieur de nous, ça dévale, ça cavalcade. Ce presque-rien nous affole, nous suffoque, nous fait tourner au vertige. D’ailleurs, j’ai accolé cette photographie de Tarkos en pleine performance sonore. Elle traduit cette force et cette intensité que les amis de BiBi reconnaitront en plongeant dans ces deux extraits.

Les Affaires du « Siècle » (1).

Louis et son Club

Chaque quatrième mercredi du mois, il faut se rendre sur les coups de 20 heures dans cet endroit situé à proximité d’une célèbre Place parisienne (photo1). Là, en ouvrant les yeux sur les invités qui s’y pressent et s’y bousculent, vous comprendrez à quel point est puissante la connivence entre Politiques et Médias dans le Pays des Droits de l’Homme.
Jusqu’en 1983, les femmes ne pouvaient entrer dans ce Club prestigieux (non ne cherchez pas, ce n’est pas le PSG). Depuis cette date, une centaine d’entre elles ont obtenu le fameux laissez-passer. Non, nous ne sommes pas non plus dans une réunion de la Ligue Communiste Révolutionnaire ou à une Fête du Magazine Gala. Ce n’est pas non plus le Club des Supporters des Bleus avec Francis Lalanne et ses copains, ni le lancement d’un livre de Daniel Picouly, ni même une réunion secrète des membres de l’Eglise de S.
De plus, vous ne trouverez nulle part un carton d’invitation dans votre boite aux lettres, pas même la trace d’un compte-rendu de la soirée. Il n’existe pas de bulletin interne et lire un simple entrefilet à ce sujet dans le Canard Enchaîné serait rarissime. Et pourtant, à l’entrée de cette belle demeure, vous y reconnaitriez des têtes pensantes bien connues, des journalistes au grand style, des politiciens de la Haute voltige, des retraités qui n’ont pas désarmé, des Femmes exquises et de fameux, très fameux Capitaines d’Industrie.

Les Affaires du « Siècle » (2).

Le Siècle de Louis Kessler

Les Gens de ce Cercle ont persuadé BiBi que peu importait les opinions politiques et les croyances religieuses. Il convenait avant tout d’être honorable en tous points, de respecter les valeurs démocratiques et républicaines, de gagner en puissance au sein de la société, d’être branché sur les réseaux d’influence, d’avoir reçu une bonne éducation mondaine, et bien entendu d’avoir envie de se retrouver entre « gens de qualité ».
BiBi soupire profondément : il n’a aucune chance d’ouvrir le diner ( photo 2) et d’ouvrir les débats parmi les 250 à 300 invités du Mercredi. Heureusement, BiBi va pouvoir demander quelques informations à nos Idoles des Médias.
Sur son carnet d’adresses, BiBi a déjà coché ces grands journalistes qui font l’opinion. Ils sont membres et c’est étrange : ils ne s’en vantent pas.
Voilà sa liste en détail :