Le JDD : Maillot Jaune du Patriotisme !

JDD  une du 26 juillet 08

Une fois de plus, le JDD se fait patriote. A la Une de ce dimanche ensoleillé, c’est l’heure de faire le tour de ce Tour de France, évènement français rassembleur (français donc – synonyme – universel). La Une du JDD ne s’en tient pas qu’à cette « émotion retrouvée » partagée par tout un peuple. En encarts sur la droite, il y a un reportage annoncé sur Saint-Tropez, un autre sous la rubrique « Vacances », avec ce Cocorico : « Les politiques choisissent la France ». Façon habile de nos Pêcheurs aux Voix d’Electeurs pour dire leur attachement viscéral à notre Beau et Grand Pays. Pas question d’aller à l’Etranger au moment même où l’Etranger vient nous envahir, n’est-ce pas ? D’ailleurs, vous n’y échapperez pas car la dernière page est encore sous influence française : le JDD y loue la deuxième merveille touristique française… le Mont-Saint-Michel.
Et le Tour là-dedans ? Il est emblème universel non parce qu’il traverse l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne mais parce qu’il cimente l’idée que la France est le Centre du Monde.
La Photo de Carlos Sastre embrassant le Maillot jaune est comme la métaphore conjointe du baiser de la Reconnaissance et de la Renaissance. Merci à Toi, France des Lumières ! Merci à toi JDD de nous le montrer. A l’heure où les pays des alentours se paient notre tête (Irlande en tête), il faut repartir à point.
C’est par ce Tour de passe-passe que le Journal du Frère Lagardère titre « L’émotion retrouvée ». On veut y célébrer le Monde Nouveau du cyclisme et même plus : on veut nous faire croire que l’on entre désormais dans une ère nouvelle. Finies les affaires sombres, les descentes de Police, les seringues jetées à la hâte dans les ornières, finies les tricheries qui datent, les cachets et les piquouses de l’ancien temps, les Simpson qui meurent au Soleil et les Pantani qui meurent sur le sable. Vous savez cette ère nouvelle, c’est cette Période historique que l’ami du Frère Lagardère, Little Nikos, veut inaugurer depuis une année avec ses jolies et formidables réformes. A la rescousse, s’avance un Européen bien de chez nous : après Jack Lang, voilà  Jacques Delors qui s’y met pour défendre notre Patri… moine : « Le cyclisme, clame t-il, est sur la bonne pente ». BiBi rajouterait plus justement : « sur la bonne pente glissante ».
Ne vous y trompez pas : BiBi aime le Tour.
Il suivait surtout Jacques Anquetil, son idole. Jacques qui se permettait de boire plus qu’il n’en fallait du champagne pendant les journées de repos et qui gardait son Maillot jaune en une désarmante, chevaleresque, orgueilleuse attitude ( attitude déclarée – BiBi l’apprendra plus tard – positive).
Bah peu importe : BiBi va en aôut faire lui aussi son Tour : celui des Pays Baltes. D’abord l’Estonie, pays des Lacs et des îles, Patrie des Pêches miraculeuses. BiBi y emportera ce numéro du JDD. Il lui sera sûrement bien utile… pour emballer les poissons.

Messieurs et Dames de ce Monde.

Jack Lang et Georges Haldas

MONSIEUR GEORGES HALDAS : « Contrairement à ce que chacun peut penser, c’est une grâce que de ne pas avoir un pouvoir de Séduction. C’est autant de petites lâchetés et de grands crimes qu’on ne commet pas ». Et puis sur une certaine France : «  Il y a en France un snobisme de la folie, de « l’aventure intellectuelle » etc. qui s’accomode très bien de la tendance à établir des catégories. A tout étiqueter. L’expression parfaite en ce sens étant celles des « poètes maudits ». On est tranquille. On a classé la malédiction. On peut briguer l’Académie».

Et toujours cet œil perçant mais juste : «  Ces embrassades et accolades entre « artistes ». Une sorte de rite. Qui n’a rien à voir avec une fraternité véritable. N’en est même que la caricature. Gens de théâtre, de télévision, de radios. Leurs baisers de Judas. A de rares exceptions près. » Monsieur Georges Haldas, toujours jeune et fringant à 91 ans. 

MONSIEUR JACK LANG : il s’est demandé comment achever sa vie politique. Comme Lénine en son temps, il s’est posé l’épineuse question : «Que faire ? »
Jusqu’alors, Monsieur Jack Lang s’évertuait à ne pas montrer en télévision son profil gauche (il le déteste), il aimait à être cité comme un Politique d’envergure (Monsieur Jack Lang a inventé la formidable Fête de la Musique). Mais cela finissait par être très pesant et très/trop répétitif.
A l’âge qu’il a – Ô vieillesse ennemie – et devant la perspective réelle d’un second Quinquennat promis au Petit Nikos, Monsieur Jack Lang s’est longuement interrogé et a décidé de mettre le scotch Double-Face. Est-ce si étonnant ? Bien sur que non : Monsieur Jack Lang ne s’est jamais soucié que d’une seule chose… de son existence médiatique, la seule qui compte à ses yeux de play-boy. Et pas de meilleure posture de bravitude que celle, très recherchée et très jouissive de Victime et de personne calomniée ! Quant à nos Penseurs de Droite qui pensent que la Chasse à l’Homme-Lang du PS est ignoble… doucement, doucement. Il y a pire, non ? Par exemple, les parties de chasse du Comte Hortefeux.
Le Figaro nous offre un sondage CSA sur l’Opinion publique qui plébisciterait Monsieur Jack Lang à 53 %. Certes mais BiBi y voit un peu trouble lorsqu’il s’approche de plus près : le sondage commandé par le Figaro a été fait par l’Institut CSA… vous savez celui qui depuis la mi-juillet appartient à Monsieur Vincent Bolloré, l’ami qui prête son yacht au Petit Nikos.
Qui s’étonnera que la précision sibylline de BiBi postée dans les commentaires sur l’article (« Jack Lang bénéficie du soutien de l’opinion ») du Figaro n’ait pas été retenue ?

Exclusif : ZIZOU remet les crampons !

Zizou, un Bleu en rouge

On savait ZiZou amoureux du Lac Léman. Il y a quelques années, il prospecta la région lémanique pour s’y installer mais en vain. Il n’a pas encore trouvé une demeure pour les premiers jours du reste de sa vie. Bien copain avec la famille Riboud qui fait boire son champagne et ses eaux d’Evian à tous les assoiffés de la Richesse, il était à nouveau sur les rives d’Evian – comme souvent pendant les vacances scolaires de ses enfants.
Nous sommes en plein week-end du Masters d’Evian, le tournoi de golf féminin le plus doté et le plus attractif du Monde qui fête cette année son quinzième anniversaire. Pendant trois jours ensoleillés, sur les hauteurs d’Evian, face à Lausanne, les télévisions retransmettent des images en haut et en couleurs. Zizou a choisi ce vendredi 24 juillet, premier jour de la compétition, pour organiser son match de bienfaisance au profit de son Association ELA qui aide des enfants handicapés et malades. Il y avait foule au petit stade de Camille Fournier (près de 2000 spectateurs, français, suisses, japonais, britanniques et italiens) et l’entrée était libre. Lorsqu’il réapparut, sortant du tunnel grillagé en short et maillot rouge, l’instant fut bien évidemment très émouvant.

EXCLUSIF! BiBi retrouve le N°1 de « ROCK & FOLK » (1).

Rock et Folk et Michel Polnareff

C’est dans les années 70 que BiBi attrapa la maladie de Rock & Folk. Tous les mois, il courait chez son buraliste et attendait fiévreusement l’arrivée de la revue. A la radio, il écoutait l’émission Campus de Michel Lancelot sur Europe 1. Ensuite venait le Pop Club sur France-Inter, quotidiennement lancé à 22heures 30 avec le disque de la semaine précédé du gimmick : « Oui la vie serait bien duuure / sans le Pop-Club/ de José Artuuur« ! Les interviews de José Artur (aidé plus tard par l’ami et arrangeur de Carla Bruni, Patrice Blanc-Francard ) étaient un peu mysogines. Episodiquement, BiBi achetait Best ou encore le magazine Extra (pour les photos).

BiBi lit pour vous le Numéro 1 de ROCK & FOLK (2).

Le premier numéro.

Dans la rubrique en papier jauni (pages 11-18), on y faisait les compte-rendu des Musicoramas, concerts diffusés sur Europe 1, on avait la page Télégrammes ( ceux-ci par exemple : « Elvis Presley aurait voulu rencontrer une seconde fois les Beatles lors de leur triomphale tournée aux Etats-Unis ; mais ses efforts furent vains » ou encore « Johnny Hallyday est allé voir Otis Redding à Londres en septembre »). A la page Révélations, on notait Les Troggs en Angleterre, les Sunlights en Belgique et les Lovin’Spoonful aux USA. Suivait un dessin-concours sur une page (photo 2) : il fallait deviner le chanteur français sur scène… (réponse à la fin de l’article).
Toujours dans ces pages « jaunes », on annonçait la venue en France de Little Richard et on y apprenait qu’en 1961, il avait enregistré quelques gospels avec Quincy Jones, le futur arrangeur de Michaël Jackson.
En pages 20 et 21, on trouvait article et photo sur Donovan, le chanteur folk rock né à Glasgow puis suivaient cinq pages pour le concert d’Otis Redding à Paris avec photos de sa prestation. Venaient ensuite deux articles sur le rock anglais (Small Faces) et sur les concerts de l’Alhambra du 24 et 25 septembre 1966 qui réunissaient Bill Haley, Spencer Davies Group, Pretty Things et les Walker Brothers. Enfin deux pages (49 et 50) rendaient compte de la tournée belge de Vince Taylor, rocker maudit et déchu.
Pour finir, retour aux pages jaunies, ce fut la sélection des 45 tours au prix de 9,73 F et des 33 tours au prix de 26,90 F. On remarquait les grands disques d’Eddie Cochran (mort en 60 pourtant), de Blonde On Blonde (le chef d’œuvre de BoB Dylan) et une réédition d’un disque sorti en 56 d’Elvis Presley (toujours en vie).
Mais les deux articles qui faisaient alors l’intérêt du premier numéro étaient le compte-rendu sur deux pages du Disque de l’Année (Revolver des Beatles) et l’interview de Michel Polnareff saisi par l’objectif de Jean-Pierre Leloir.

Les Beatles : « Le dernier disque des Beatles est ENORME…On peut dire quelques réserves sur leurs qualités individuelles en tant qu’instrumentistes : pris séparément, ils ne cassent rien. On trouverait facilement une centaine de batteurs supérieurs à Ringo et probablement autant pour les autres membres du groupe…Non, ce qui frappe chez eux, c’est leur « génie collectif ».Car il s’agit d’une explosion de talent qui englobe la composition des thèmes et des arrangements, des paroles et des interprétations. » Avec une mention particulière pour Eleanor Rigby.

Michel Polnareff, un sacré-cœur…(du temps où, Beatnik, il rôdait sur la colline parisienne) :
– A part le Musicorama de l’autre soir, as-tu fait déjà de la scène ?
Oui. Dix jours, cet été, dans la tournée Claude François. Le public était fantastique.
– Y a-t-il beaucoup d’interprètes qui sont venus te demander d’écrire pour eux ?
– Oui, beaucoup. Johnny Hallyday par exemple.(…) Pour « L’Amour avec toi », j’ai du tempêter et ruer dans les brancards comme un fou. La première fois, je l’ai chanté dans le bureau de mon éditeur. Ils me sont tous tombés dessus à bras raccourcis : «  T’es pas dingue ? C’est porno ce machin-là ! ça ne passera jamais à la radio ! » Moi, j’ai tenu bon : » Ce n’est pas du tout porno ! Au contraire, c’est très pur ! ».

La chanson sera longtemps interdite d’antenne avant 22 heures sur les ondes et l’Archevêque de Paris fera tout pour l’interdire. Hé oui, nous sommes deux ans avant 68 !

Ce fut le premier numéro. BiBi a perdu de vue le Rock & Folk d’aujourd’hui mais il y eut de grandes plumes qui y passèrent Paul et Marjorie Alessandrini, Philippe Paringaux, Yves Adrien, Philippe Garnier, Jacques Vassal et Alain Dister. Clin d’œil de BiBi à ceux qui restent encore vivants et à Jacques Dutronc, chanteur enfin démasqué sur le dessin !