Exclusif : ZIZOU remet les crampons !

Zizou, un Bleu en rouge

On savait ZiZou amoureux du Lac Léman. Il y a quelques années, il prospecta la région lémanique pour s’y installer mais en vain. Il n’a pas encore trouvé une demeure pour les premiers jours du reste de sa vie. Bien copain avec la famille Riboud qui fait boire son champagne et ses eaux d’Evian à tous les assoiffés de la Richesse, il était à nouveau sur les rives d’Evian – comme souvent pendant les vacances scolaires de ses enfants.
Nous sommes en plein week-end du Masters d’Evian, le tournoi de golf féminin le plus doté et le plus attractif du Monde qui fête cette année son quinzième anniversaire. Pendant trois jours ensoleillés, sur les hauteurs d’Evian, face à Lausanne, les télévisions retransmettent des images en haut et en couleurs. Zizou a choisi ce vendredi 24 juillet, premier jour de la compétition, pour organiser son match de bienfaisance au profit de son Association ELA qui aide des enfants handicapés et malades. Il y avait foule au petit stade de Camille Fournier (près de 2000 spectateurs, français, suisses, japonais, britanniques et italiens) et l’entrée était libre. Lorsqu’il réapparut, sortant du tunnel grillagé en short et maillot rouge, l’instant fut bien évidemment très émouvant.

EXCLUSIF! BiBi retrouve le N°1 de « ROCK & FOLK » (1).

Rock et Folk et Michel Polnareff

C’est dans les années 70 que BiBi attrapa la maladie de Rock & Folk. Tous les mois, il courait chez son buraliste et attendait fiévreusement l’arrivée de la revue. A la radio, il écoutait l’émission Campus de Michel Lancelot sur Europe 1. Ensuite venait le Pop Club sur France-Inter, quotidiennement lancé à 22heures 30 avec le disque de la semaine précédé du gimmick : « Oui la vie serait bien duuure / sans le Pop-Club/ de José Artuuur« ! Les interviews de José Artur (aidé plus tard par l’ami et arrangeur de Carla Bruni, Patrice Blanc-Francard ) étaient un peu mysogines. Episodiquement, BiBi achetait Best ou encore le magazine Extra (pour les photos).

BiBi lit pour vous le Numéro 1 de ROCK & FOLK (2).

Le premier numéro.

Dans la rubrique en papier jauni (pages 11-18), on y faisait les compte-rendu des Musicoramas, concerts diffusés sur Europe 1, on avait la page Télégrammes ( ceux-ci par exemple : « Elvis Presley aurait voulu rencontrer une seconde fois les Beatles lors de leur triomphale tournée aux Etats-Unis ; mais ses efforts furent vains » ou encore « Johnny Hallyday est allé voir Otis Redding à Londres en septembre »). A la page Révélations, on notait Les Troggs en Angleterre, les Sunlights en Belgique et les Lovin’Spoonful aux USA. Suivait un dessin-concours sur une page (photo 2) : il fallait deviner le chanteur français sur scène… (réponse à la fin de l’article).
Toujours dans ces pages « jaunes », on annonçait la venue en France de Little Richard et on y apprenait qu’en 1961, il avait enregistré quelques gospels avec Quincy Jones, le futur arrangeur de Michaël Jackson.
En pages 20 et 21, on trouvait article et photo sur Donovan, le chanteur folk rock né à Glasgow puis suivaient cinq pages pour le concert d’Otis Redding à Paris avec photos de sa prestation. Venaient ensuite deux articles sur le rock anglais (Small Faces) et sur les concerts de l’Alhambra du 24 et 25 septembre 1966 qui réunissaient Bill Haley, Spencer Davies Group, Pretty Things et les Walker Brothers. Enfin deux pages (49 et 50) rendaient compte de la tournée belge de Vince Taylor, rocker maudit et déchu.
Pour finir, retour aux pages jaunies, ce fut la sélection des 45 tours au prix de 9,73 F et des 33 tours au prix de 26,90 F. On remarquait les grands disques d’Eddie Cochran (mort en 60 pourtant), de Blonde On Blonde (le chef d’œuvre de BoB Dylan) et une réédition d’un disque sorti en 56 d’Elvis Presley (toujours en vie).
Mais les deux articles qui faisaient alors l’intérêt du premier numéro étaient le compte-rendu sur deux pages du Disque de l’Année (Revolver des Beatles) et l’interview de Michel Polnareff saisi par l’objectif de Jean-Pierre Leloir.

Les Beatles : « Le dernier disque des Beatles est ENORME…On peut dire quelques réserves sur leurs qualités individuelles en tant qu’instrumentistes : pris séparément, ils ne cassent rien. On trouverait facilement une centaine de batteurs supérieurs à Ringo et probablement autant pour les autres membres du groupe…Non, ce qui frappe chez eux, c’est leur « génie collectif ».Car il s’agit d’une explosion de talent qui englobe la composition des thèmes et des arrangements, des paroles et des interprétations. » Avec une mention particulière pour Eleanor Rigby.

Michel Polnareff, un sacré-cœur…(du temps où, Beatnik, il rôdait sur la colline parisienne) :
– A part le Musicorama de l’autre soir, as-tu fait déjà de la scène ?
Oui. Dix jours, cet été, dans la tournée Claude François. Le public était fantastique.
– Y a-t-il beaucoup d’interprètes qui sont venus te demander d’écrire pour eux ?
– Oui, beaucoup. Johnny Hallyday par exemple.(…) Pour « L’Amour avec toi », j’ai du tempêter et ruer dans les brancards comme un fou. La première fois, je l’ai chanté dans le bureau de mon éditeur. Ils me sont tous tombés dessus à bras raccourcis : «  T’es pas dingue ? C’est porno ce machin-là ! ça ne passera jamais à la radio ! » Moi, j’ai tenu bon : » Ce n’est pas du tout porno ! Au contraire, c’est très pur ! ».

La chanson sera longtemps interdite d’antenne avant 22 heures sur les ondes et l’Archevêque de Paris fera tout pour l’interdire. Hé oui, nous sommes deux ans avant 68 !

Ce fut le premier numéro. BiBi a perdu de vue le Rock & Folk d’aujourd’hui mais il y eut de grandes plumes qui y passèrent Paul et Marjorie Alessandrini, Philippe Paringaux, Yves Adrien, Philippe Garnier, Jacques Vassal et Alain Dister. Clin d’œil de BiBi à ceux qui restent encore vivants et à Jacques Dutronc, chanteur enfin démasqué sur le dessin !

Trois photos et une Lettre.

Trois photos et une Lettre

BiBi ne voulait pas atteindre son Centième article – depuis ce 22 mars où il se mit en mouvement – sans honorer le cinéaste iranien Abbas Kiarostami ( en persan : عباس کیارستمی ). Ses films enchanteurs, graves, passionnants accompagnent et continuent de nourrir BiBi. Du Goût de la Cerise à Où est la Maison de mon Ami en passant par le Vent nous emportera, Bibi expose trois photographies de ses films.

La lettre, elle, sera postée peut-être plus tard.

Ce dimanche, Clairière des Justes à Thonon-les-Bains.

Ceremonie du 20 juillet 2008

BiBi s’était rendu en mai 2001 à Auschwitz via le train des Justes. Il se souvint qu’il avait été éprouvé par cette magnifique journée ensoleillée, par la propreté des lieux et par le vert d’un gazon rutilant. Il avait eu cette intention primaire et sauvage de salir ce lieu, d’y jeter ses papiers sales, de rendre cette  terre maudite inhospitalière.
Ce dimanche 20 juillet 2008, il y avait le même soleil dans la Clairière des Justes au Mémorial de Thonon-les-Bains. S’y était rassemblée une centaine de personnes afin de célébrer les Justes qui aidèrent des juifs, parents et enfants, à échapper à la Déportation et à l’Extermination. BiBi aima la simplicité de la Cérémonie et admira les arbres tout autour. Plantés chacun voilà dix ans par un Juste de France et les mains d’un enfant juif, il eut une tendresse particulière pour cet olivier un peu incongru dans ce lieu mais bien vigoureux. Le recueillement se fit dans la Sagesse végétale et dans le Souffle d’une brise amie. BiBi se souvint du mot de Cioran : « J’abjurerais toutes mes terreurs pour le sourire d’un arbre ».
C’est un morceau d’Ernest Bloch (« Schlelomo ») qui ouvrit cette Commémoration.Il fut suivi du discours de Jean Denais, Maire de Thonon, qui rappela que nous étions ici au Mémorial National des Justes de France inauguré le dimanche 2 novembre 1997. Cette inauguration se fit en présence de plus de 2000 personnes venus de partout pour découvrir cette belle Clairière des Justes. Il fit aussi l’annonce que le 3 mai 2009, la ville de Thonon-les-Bains recevra officiellement le Livre des Justes et des Gardiens de la Vie.
A sa suite, le Docteur Jean-Bernard Lemel, Président de l’Association en Hommage aux Gardiens de la Vie, prit la parole avec émotion : « Au sens étymologique, expliqua t-il, commémorer, c’est se remémorer ensemble. La Communauté juive est très soucieuse de partager ce moment de recueillement avec l’ensemble des habitants de la région et de la ville car cette journée nous concerne tous, quelles que soient notre origine et notre histoire personnelle ». Il donna ce seul chiffre de 84 %, pourcentage des enfants juifs français sauvés par les gestes de la population française. Voilà qui tempère l’idée défendue trop longtemps d’une France délatrice et toute entière pétainiste. BiBi aurait aimé qu’on soulignât qu’aucun des partis politiques au plus haut sommet eut comme mot d’ordre d’alors de « sauver les enfants », partis qui restèrent prisonniers et crispés sur leurs aveuglements idéologiques respectifs. Le Docteur Lemel insista sur la validité et l’authenticité des témoignages, saluant Jeanne Brousse d’Annecy et Ruth Fayon qui connut, elle, cinq camps de concentration.
Après le morceau musical « Prière de la Vie juive » de Chagall, le Sous-Prefet s’essaya à une lecture historique, mettant l’accent sur la rafle honteuse du Vel’d’Hiv commandée par les politiciens pétainistes et exécutée par la Police française (oubli malheureux du qualificatif de « française« ). Il évoqua les différents statuts des juifs qui furent autant de persécutions. « N’acceptons pas d’être les témoins passifs et les complices de l’Inacceptable. Luttons ».

BiBi fut alors pris d’un léger vertige lorsque s’imposèrent à lui les réminiscences des applaudissements très contemporains d’un certain Ministre célébrant les chiffres des expulsés ramenés par ses préfets, indifférent devant les cris des travailleurs africains expulsés des Foyers au petit matin. Attention, BiBi se garde bien de faire l’amalgame a-historique et de rabattre les oppressions du moment sur l’Extermination. Mais il retiendra ce mot d’ordre : « Luttons » pendant que la Sonnerie aux Morts et la Marseillaise retentiront dans le calme de la Clairière.