BiBi et les LeftBlaggeurs (2)

BiBi et les Left Blaggeurs.

Aujourd’hui donc, on a les Leftblogs.
Cinq d’entre eux ont réussi à atteindre leur Graal du moment : ils vont nous rendre compte de l’intérieur du Grand Congrès du Grand Parti Socialiste. Félicitations réciproques, congratulations, échanges jouissifs, beauté du site, bravo à Marc Vasseur pour cette superbe initiative etc.
Dans le même temps, BiBi fut effaré par l’importance attachée au Classement mensuel de Wikio. Là aussi pour ce mois, les « LeftBlogs » sont les Stars et trustent les premières places. Ils le disent, (se) le redisent, (se) le re-redisent d’un blog à l’autre.
 
Extrait : « Les noirs ont le vent en poupe. Hamilton gagne. Tsonga gagne. Et surtout, Tonnegrande fait un bon au classement Wikio des blogs alors que son dernier billet date du 20 août Je croyais que Wikio avait modifié l’algorithme. Heureusement que non, sinon Nefisa n’occuperait pas exactement la 100ème position. Elle aime bien les positions ».
L’humour, toujours.

BiBi, arpenteur de ce petit territoire blogosphérique, cherche à comprendre : dans le microcosme politique, BiBi se dit que dans les « débats » politiques, la Blogosphère va peser d’un poids de plus en plus important ( voir la nomination de Nicolas Princen et les mesures que comptent prendre Little Nikos pour la surveillance des sites). Il situe les LeftBloggeurs dans cette frange des nouveaux arrivants dans le champ du politique. « Anciens » supporters de Jospin aujourd’hui usé, ils cherchent une tonalité « nouvelle » : ils partiront au Congrés comme groupies de Julien Dray ( même génération, même «grande gueule » disent-ils). Pourquoi pas ?

Extraits :
 
« J. m’a juste convaincu à propos de Julien Dray : c’est peut-être lui qui ferait le meilleur Premier Secrétaire. Et c’est une bonne raison, pour moi, de croire à nouveau à la politique ».

« Convaincu par Julien Dray… Pour moi, défenseur de Lionel Jospin devant l’éternel, ce n’est pas rien. Une page se tourne ».

« Je ne suis pas membre du Parti Socialiste. Ca pourrait peut-être changer ».

La Nouvelle Connivence par eux tant décriée se met en place. Ils sont nouveaux, fiers de ne pas sortir de l’ENA, loups, louveteaux, louves (rares : le milieu féminin est ultra minoritaire). On parlera non de courants (ça fait vieux jeu) mais de « motions » A, B, C et D. Il y a déjà en prémisses, le début d’une grande excitation chez ces préposés au Bizuthage. Ils entrent dans ce Monde séparé, dans ce monde à part, fermé sur lui-même en grande partie, sans gêne, sans peur et sans reproches. Bien entendu, ce monde n’est pas complètement fermé, c’est impossible. Nullement préoccupés par l’analyse de ce champ, aveugles devant le mouvement social qui ne trouve ni exutoire ni expression, incapables d’analyser le nouvel esprit du Capitalisme, nos Blaggeurs se refont une bien douce virginité. Ils sont trop jeunes pour se souvenir du Congrès de Rennes où personne ne comprit quel était l’enjeu en dehors des intérêts politiques les plus directs des Chefs de courants. Ils feront comme leurs aînés, journalistes d’alors : ils poseront des petites questions sur le petit monde de la politique, ils feront d’autres entretiens (« Non, non, moi c’est Julien, pas Lionel » etc), ils mèneront d’autres conversations, fabriqueront d’autres potins, grappilleront d’autres petites phrases en espérant soulever des petits scoops (si c’est possible ce sera fantastique pour le gain de notoriété, hein ?)
Et on sait où ce jeu politique a mené la « Gauche » : au désastre de Jospin éliminé du Premier Tour de la Champion’s League présidentielle.
Du Passé faites table rase, chers alliés des LeftBlogs ! Entre la Cathédrale à visiter et le Champagne Taittinger à déguster, vous allez quand-même apprendre beaucoup de choses nouvelles à Reims !

Chabot & Aphatie : maîtres du Langage des Maîtres ?

               Arlette et Jean-Michel, ex-aequo

La directrice de l’information de France 2 Arlette Chabot et le chroniqueur de RTL Jean-Michel Aphatie sont les lauréats du Prix Dorgelès de cette année 2008.
Roland Dorgelès, écrivain français décédé en 1973 à l’âge de 88 ans, a commencé le siècle dernier en écrivant le roman « Les Croix de Bois » puis il s’est arrêté entre 1939 et 1942 à l’hebdomadaire Gringoire de sinistre mémoire ( il y fut correspondant de guerre) et a été le Président de l’Académie Congourt de 1954 à sa mort. Le Prix Roland Dorgelès honore depuis 2002 les professionnels de l’audiovisuel qui contribuent au rayonnement et à la maîtrise de la langue française.
Il aurait été intéressant de demander conseil à Arlette Chabot sur le maniement de notre belle langue française. Par exemple, de lui demander quelle est l’expression syntaxique correcte… Doit-on  dire par exemple : « Je m’excuse », «Veuillez m’excuser », «Excusez-moi » ou encore «  Je vous prie de m’excuser » ? Si Arlette Chabot ne peut pas répondre, peut-être que son ami luxembourgeois, Monsieur Juncker, pourrait éclairer notre lanterne ?
Parmi les lauréats des années précédentes, on trouve Jean-Pierre Elkabach, Jean-Marc Sylvestre qui parlent tous deux la même langue que celle de Little Nikos ; Jacques Pradel qu’on a heureusement perdu de vue ; Patrick de Carolis qui a fait mine de tirer la langue à notre Président et l’inénarrable Michel Drucker qui n’a de mots avec personne. Cette fois-ci, c’est Jean-Michel Aphatie (que BiBi – mauvais élève – écrirait plutôt Apathie ou Aphasie) qui a reçu récompense.
BiBi ne sait pourquoi ces deux aphorismes de George Haldas lui reviennent soudainement sous les touches de son clavier :
« L’essentiel, écrit le grand écrivain genevois, c’est de n’être ni du côté du Pouvoir, ni celui de l’Argent. Pour le reste, à chacun son drame ou sa tragédie » et plus loin : «L’acharnement à écrire est quasi un acharnement amoureux. L’énergie minutieuse qu’on n’accorde pas au plaisir, on la met à la disposition de la phrase. Qui doit susciter chez le lecteur ce très haut plaisir vital : prendre conscience. C’est-à-dire être pénétré par. Jouissance et fonction de la psyché ». Et encore plus loin mais tout aussi justement : « Surtout ne pas chercher l’approbation d’autrui. Ne pas chercher non plus à l’amuser, ni à l’émouvoir. En un mot à plaire. Chercher seulement à dire, au plus près de ce qu’on sent, les choses. Avec le plus de fidélité. Qui est déjà un commencement de vérité. Et par là même un commencement de relation véritable ».
C’est qu’avec cette non-recherche de l’effet, on est loin de la prose de Roland Dorgelès et de celle de ses amis.

Poupée-vaudou et Poupée-fleur.

Poupée-vaudou et Poupée-fleur.

Dans l’affaire de la Poupée vaudou, l’avocat de Little Nikos, Thierry Herzog, a rappelé que son Maître l’avait chargé de rappeler au Monde entier que chacun avait « sur son image, quels que soient son statut et sa notoriété, un droit exclusif et absolu ». Pour BiBi, c’est cette prétention délirante de maîtrise absolue de son image – passée sous le régime du droit – qui est à la fois folle et ridicule. Quel est l’humain qui peut croire que son image lui appartienne totalement, absolument ?

Une Vie de Chien, un Art à quatre pattes.

Censure sur une vie de chien.

Il y a longtemps que BiBi n’avait eu vent d’un scénario aussi ahurissant, d’un acte de censure aussi incroyable. En lecture sur le site du Nouvel Observateur, voilà sur quelle affaire il tomba. A la Foire Internationale d’Art Contemporain de Paris, ce vendredi 24 octobre après-midi, le Groupe Recherche et Investigation du Commissariat du huitième arrondissement de Paris est intervenu sur le stand où étaient exposées les œuvres photographiques d’Oleg Kulik. Les policiers ont saisi les œuvres « litigieuses » pour les photographier et les ont ensuite remises au commissaire de la FIAC. Cette opération a nécessité cinq agents en civil qui ont été rejoints ensuite par quatre hommes en uniforme. Gilles D., un galeriste qui visitait la FIAC a assisté à l’intervention : « Les policiers étaient en train de fermer le stand (…) et de pousser tout le monde dehors ».

BiBi ne connait pas les œuvres de Kulik. Il s’est juste promené sur les sites qui offrent les quelques photos de l’artiste russe. Des photos de nus, des montages bruts de décoffrage, des rapprochements Homme-Animal souvent saisissants. 

BiBi a trouvé que dans les interviews et la gamelle d’Oleg Kulik, il y avait à boire et à manger : « Je considère ma naissance comme une performance amusante. Ma mère est arrivée à la maternité quand Gagarine est arrivé dans l’espace. Les gens de l’hôpital criaient : « l’homme est dans l’espace ! ». D’autres disaient selon l’expérience précédente : « Ce n’est pas l’homme qui est dans l’espace, c’est le chien ». Ma mère entendait donc ces voix : « L’homme, le chien dans l’espace ». Et c’est ainsi que lui apparut cette évidence : l’Homme est un Chien.
BiBi, lui, ne veut pas d’un Art à quatre pattes, ne veut pas non plus qu’Oleg Kulik se retrouve au chenil. Puisse son travail continuer pourtant de nous montrer les crocs. 
Sans laisse, ici ou ailleurs, en toute liberté.

Lectures du Mercredi.

              Titres de Unes sur fond de crise

SOUTIEN A DENIS ROBERT : Ils sont 486 journalistes qui se sont mouillés pour avoir envoyé leur carte de presse à Denis Robert et ce, afin d’appuyer son combat contre les agissements de Clearstream. Jeffrey Tessler, PDG de cette Chambre de Compensation luxembourgeoise, ex-dirigeant de la Bank of New-York, avait proposé un arrangement à l’amiable à Denis Robert – sans en informer directement l’ex-journaliste. Arrangement refusé par Denis Robert qui rappelle dans le Libération de ce mercredi, en pages Rebonds (et sur AgoraVox): « Clearstream n’est pas une « lessiveuse d’argent sale du Monde » mais une Chambre de Compensation internationale qui accepte que des milliers de clients ouvrent des comptes dans des paradis fiscaux ». Rappelons que Richard Malka, l’avocat-défenseur de Clearstream est aussi celui qui défend… Charlie-Hebdo et saluons les 486 journalistes qui sont l’honneur de la profession de journalistes. BiBi ne peut que conseiller aux ignorants de lire « Révélations » et « La Boite Noire » de ce même Denis Robert aux courageuses Editions des Arènes.

HOMMES DE L’OMBRE : BiBi  parlait des Hommes de l’Ombre qui mettent Little Nikos en pleine lumière (Frédéric Lefebvre, Patrick Ouart, Claude Guéant, Henri Guaïno, Gilbert Azibert…). A la lecture du « Monde », BiBi rajoute les quatre noms suivants,  peu connus mais hautement influents dans la liste des Courtisans du Président :
1. Jérôme Peyrat, venu tout droit du Périgord…noir, issu de l’héritage Chirac. Ce Monsieur de l’Ombre occupe le poste de Directeur Général du Parti de Little Nikos et assure les liens élyséens avec l’UMP. Accessoirement, il gère personnel, finances, dépenses. Ce n’est pas lui qui risquerait de se retrouver au chomdu.
2.  N’oublions pas Eric Cesari, venu tout droit de la Constellation Pasqua, et qui occupe le poste de Directeur de cabinet du Secrétariat général de l’UMP.
3. BiBi garde pour la bonne bouche, Thierry Saussez, le Monsieur Propagande qui désire « une émission gouvernementale à la TV publique », émission qui expliquerait la politique de Little Nikos bien mieux que ne le font les misérables et minuscules spots publicitaires d’aujourd’hui. Ce Monsieur Propagande a parlé de son bon plaisir sans que cela offusque nombre de journaleux. « Je suis là, poursuit ce grand démocrate, pour ancrer les messages, les réformes et les mesures dans la durée ». Le « Canard Enchaîné » de cette semaine donne le coût de la connaissance de ces mesures : 5,9 millions l’an dernier, et 23 millions pour l’an prochain.
4. Monsieur Propagande partage ses plans Com’ avec Jean-Michel Goudard, le grand publicitaire de BBDO International. Comme le rapporte le « Canard enchaîné » de cette semaine, cet  ami est un si précieux ami du Président qu’il fut invité à l’Elysée le 27 octobre à la séance du G7 ( les sept ministres préférés de Little Nikos).

VOYAGE EN SUISSE ROMANDE : En lisant les journaux de la Suisse Romande, on est surpris de lire : « Il serait injuste d’attribuer à la seule garde des Sceaux les errements de la France en matière de justice (…). Rachida Dati paye l’erreur fondamentale de Nicolas Sarkozy qui a donné la priorité à la réforme de la carte des Tribunaux sur celle des pénitenciers qui, elle, est vraiment urgente ». BiBi a beau lire les journaux version Rothschild et les quotidiens du Frère Lagardère, ce n’est pas en France qu’on pourrait lire cette très timide attaque (tirée de la Tribune de Genève).

Cette même Tribune de Genève fait un constat en cinq points : Little Nikos a saisi les tribunaux en cinq procédures civiles et pénales en une année seulement ! Il y eut tout d’abord l’affaire RyanAir puis l’épisode de « Casse-toi Pauv’con » puis l’histoire du Courrier périlleux, dossier en appel pour ce parisien qui avait envoyé à Little Nikos un courrier électronique évoquant Vichy et Pétain. Sans oublier la quatrième affaire, celle des Carnets de Monsieur Bertrand et enfin cette dernière, celle de la Poupée Vaudou de la Société K&B traînée au Tribunal de Grande Instance de Paris ( voir article plus haut : »Poupée-Vaudou et Poupée-Fleur »).
La Tribune de Genève conclut justement que «  la coutume – et non le droit – veut que le chef de l’Etat s’abstienne de recourir à la Justice dont il est le garant de l’Indépendance ». Mais Little Nikos, piqué au vif, a piqué ses cinq petites colères.

Dans le Matin (Bleu), journal gratuit de Genève, on rapporte en titre l’épisode suivant : « Il se coince le bras dans les toilettes du TGV. » Heureusement, se dit BiBi, ce n’était que le bras ! Avec le complément du « Monde » de ce mercredi 29 octobre, BiBi a moins de goût à s’esclaffer : « Environ 2,5 milliards de personnes – plus d’un tiers de l’humanité – utilisent les latrines qui n’offrent pas de garantie contre le développement de maladies liées aux matières fécales ». Et le quotidien de rajouter : « Et 1,2 milliard n’ont d’autres ressources que de déféquer dans la nature, selon l’OMS ».