Sarkozy, sa bande et le Comique de répétition.

Sarko et son clone. 

1. Lors de la venue de Tom Cruise à Paris, Nicolas Sarkozy avait parlé religion et politique avec le numéro Deux de l’Eglise de S. Selon de méchantes langues, l’Acteur lui aurait confirmé son soutien (financier ?) pour la Présidentielle qui s’annonçait. (Nous étions en août 2004). L’Eglise de S. avait en effet donné préférence à Nicolas contre Dominique de Villepin, catalogué Droite anti-américaine (souvenons-nous de son discours à l’ONU). L’Eglise de S. a attendu longtemps la récompense mais elle la tient aujourd’hui ! Enfin ! L’Eglise n’a pas été dissoute sur notre territoire national : elle pourra donc continuer à y exercer ses activités. Les pauvres amendes et les condamnations personnelles sont évidemment de la poudre aux yeux. Il reste qu’après le jugement Clearstream, malgré les psaumes sarkozystes d’excommunication, Dominique de Villepin pourra envisager, une seconde fois, de se présenter en 2012. Tenter de barrer la route de notre petit Chef : rions une nouvelle fois en… chœur devant cette hypothèse-bis.

2. Le billet de Robert Solé du Monde (numéro du lundi 2 nov) est censé faire sourire. Le voilà qui reprend de volée les internautes qui se gaussent des répétitions de Nicolas Sarkozy dans ses discours (celui du 27 octobre à Poligny ressemblant trait pour trait à celui du 19 février à Daumeray). «Un orateur qui se répète est rassurant » écrit-il ou encore «La politique est une rengaine. Pourquoi voulez-vous modifier une harangue bien léchée, ayant atteint l’indépassable perfection ?» Second degré ? Finalement, Robert Solé entérine la qualité des discours alors que rien n’est moins sur.

Que Nicolas Sarkozy fasse le Perroquet, pourquoi pas ? Le bonhomme n’est pas à une manipulation près mais ce qui est oubliée dans les propos du journaliste, c’est l’éthique de la Réception de ces manières de faire et de dire chez le Citoyen-lambda. Car, cher Monsieur Solé, face à un perroquet qui copie et qui prend les autres pour des imbéciles, il aurait été préférable de renvoyer le volatile dans ses plumes, non ?

3. Deux autres qui ont fait rire BiBi, ce sont Christine Lagarde et DSK. Pierre-Antoine Delhommais rappelle la grande vision de notre Ministre de l’Economie de décembre 2007 (Le Monde du 2 nov) : «Il est largement excessif de conclure que nous sommes à la veille d’une grande crise économique». Mieux placé que lui tu meurs, DSK du FMI avait lâché pour sa part : «La crise des subprimes n’aura pas d’effets dramatiques sur la croissance». Les deux envolées lyriques ne seront pas répétées par nos intéressés mais, à les rappeler deux ans après, on ne peut manquer de se répéter que pour le comique de répétition, la Bande à Sarkozy est inimitable.

4. Dany Boon est de retour. Un journaliste de Nord Eclair avait émis de sérieuses réserves sur la qualité de son spectacle intitulé «Trop Stylé» présenté en Belgique. Il s’est vu refuser l’accès au Théâtre Sébastopol, la salle de Lille. Macha Séry rajoute dans son article : «Dany Boon n’aime pas les critiques, en tout cas pas celles qui le dérangent». Mise en garde pour Dany et son copain, Nicolas : Attention ! Un clown peut en cacher un autre. Ou encore – humour-BiBi – un… clone peut en cacher un autre.

Sur Dany Boon : voir http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gIcZ4kfmRggxtPzn_MHmUKJItBjA

Scènes de la Vie parisienne.

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BiBi a passé ses derniers jours d’Octobre à Paris. Les Parisiens ne l’ont pas laissés sans voix.

1. On avait choisi un steak au poivre et un lapin aux pruneaux. Il a écouté, pris la commande pour deux. Il est revenu avec deux steaks au poivre. On lui a fait remarquer son erreur. Il a repris le steak puis est revenu quelques minutes plus tard en glissant le lapin sur notre table, toujours en silence. Il n’a pas plus dit un mot avant que pendant ou qu’après. Le Silence comme gouffre, le Silence comme Solitude des Êtres. «Serveurs» : anagramme quasi-parfait de Rêveurs.

2. BiBi est assis à côté d’un vieux bonhomme, la soixantaine. Le wagon est à moitié plein. Dans le dos de BiBi, on entend une vague voix d’origine roumaine qui lâche quelques mots incompréhensibles. Nous parvient tout aussitôt le son d’un trombone qui joue «Padam Padam» d’Edith Piaf. Le voisin de BiBi replie son journal à la hâte. Il maugrée : «Des Roumains, des Roumains». Il se lève, se poste à la portière : «ça pue, il faut sortir le lance-flammes» dit-il en sautant aussi sec sur le quai. C’est la France du FN qui a voté Sarkozy.

3. Fontaine Saint-Michel : il a acheté une rose rouge et il la préserve sous son imperméable marron clair. Il attend. Il est surpris par celle, toute timide, qui vient à sa rencontre. Elle laisse échapper son pseudo. Ils se sont contactés via MSN. Ils se reconnaissent peu à peu. Ils s’en vont chercher un restaurant en remontant Saint-Michel. Il ne lui a pas encore montré sa rose. BiBi se demande à quel moment il la lui offrira.

4. Il a la trentaine, perd déjà ses cheveux. On ne peut pas le rater : il est debout, adossé à la barre des strapontins. Les stations de métro défilent. Il parle à haute voix dans son portable. Il est question de son beau-frère et de sa sœur en banlieue qui l’invitent ce samedi. Sa femme, au bout du fil, ne sera pas de la partie. Il demande des nouvelles de ses enfants, ils parlent bricolage dans l’appartement. Tout le monde écoute sans que quiconque ne proteste contre cette intimité exhibée. Pourquoi n’est-ce insupportable qu’aux seules oreilles de BiBi ? L’Inconnu a éteint enfin son portable. Tout le monde a écouté sa conversation mais lui, il n’entend personne, il ne veut entendre personne. Il a sorti ses deux boules de Ipod et se les est fourguées dans ses oreilles. Emmerder le monde avec ses histoires mais… mépris le plus complet pour le reste du Monde et ses murmures.

5. Dans la coquille Saint-Jacques de Beaubourg, un amuseur public jongle sur un vélocipède avec trois torches en feu. Les enfants rient, ont peur, reviennent, s’approchent, s’éloignent. BiBi a même vu de grandes personnes rire.

 6. BiBi a commencé le livre d’Arlette Farge, son essai pour une Histoire des Voix au dix-huitième siècle chez Bayard. Aujourd’hui, ce n’est plus l’oralité qui domine dans la rue, dans les couloirs du métro, dans les Parcs de la Capitale mais plutôt la lecture silencieuse, les écrits, le regard sur les journaux gratuits (Métro, Direct 8). La brutalité verbale du chômeur psalmodiant sa détresse est perçue comme un dérangement intolérable. Au 18e comme au 21eme siècle, le Peuple d’En-bas n’a pas la légèreté et l’élégance du Monde au Langage cultivé. Arlette Farge est du côté des Sans Voix. BiBi aussi.

7. Trois jolies japonaises sur les Champs Elysées : la première se précipite sur BiBi en le pointant du doigt. Elle hurle de plaisir. Mais au lieu de s’arrêter, elle le dépasse, toujours en criant de joie. Les deux autres se précipitent aussitôt… en dépassant BiBi. En se retournant, BiBi s’aperçoit qu’elles sont heureuses d’avoir trouvé derrière lui l’enseigne grandiose et lumineuse de… Louis Vuitton. Et dire que BiBi a cru – pendant un moment – que l’affaire était dans le sac !

Photo : ptaff.ca/blogue/media/metro_bleu.jpg

Jacques Attali sain et sauf.

ATTTTALIII

Le jugement de l’Angolagate du 27 octobre portait sur plus de 800 millions de dollars. On a beaucoup parlé des coups-fourrés de Charles Pasqua, d’Arcadi Gaydamak et de Pierre Falcone (et ce, à juste titre) mais il y en a un qui est passé à travers les mailles du filet, c’est Jacques Attali, notre grand amateur de grande Musique, notre Intellectuel médiatique de «gauche», le fidèle ami d’Alain Minc, de Nicolas Sarkozy et de sa Chochotte. Il a donc bénéficié de la relaxe mais il n’est pas aussi vierge qu’il le prétend puisque cette relaxe a été prononcée «au bénéfice du doute». Merci au «Monde» pour les trois misérables lignes de son numéro du 29 octobre sur sa participation. Au 30 octobre, le lecteur passera son chemin et circulera car il n’y aura plus rien à voir sur le Frère Jacques.

Le Tribunal présidé par Jean-Baptiste Parlos a assorti son jugement de considérations sévères sur son comportement. Jacques Attali – qui sort un livre «Survivre à la Crise» – va, lui, survivre au Jugement. Il va recommencer à faire les bordures des rangs de Droite et de «Gauche» et surtout, il va continuer de nous délivrer ses jugements sur le site Slate.fr dans lequel il est partie prenante. Il paraît que ce site se veut être un espace de dialogue, le rendez-vous du Nouveau Journalisme. Jacques a bien de la chance d’avoir été aux premières loges de cette juteuse Affaire. Bibi lira avec attention ses articles sur Slate.fr qui – n’en doutons pas – seront autant d’analyses imparables sur ce grandiose scandale. Sacré Jacques :  toujours the Right Man at the Right Place.

Leroy et la « Jeune fille ».

BBB Leroy

On savait que, sur le tard, les Puissants n’aimaient guère rester en retrait. Tapis dans l’ombre jusque-là pour n’être reconnus que des initiés, il leur vient le désir irrépressible de se mettre à tout prix sous les projos, de vouloir être reconnu et aimé du plus grand nombre, d’être quasiment populaire ( Oh, c’est d’un chic !). Quand la Mort pointe le nez, on s’étale, on se met en avant, on délivre ses jugements, on donne de la voix et de l’écrit.

Lettre d’une Amie italienne à C. (1)

BiBi a récemment reçu une lettre à son adresse. Une erreur de la Poste probablement. Il s’agissait de trois feuillets destinés à une certaine C. et envoyés par son amie d’enfance italienne. C. la destinataire de cette lettre, s’est, semble t-il, réfugiée dans un long, inquiétant et incompréhensible silence.

Les trois feuillets ne portaient aucune signature, aucun signe distinctif. BiBi pense qu’il sera très facile de retrouver l’expéditrice car aujourd’hui, les traces d’ADN derrière le timbre-poste permettraient de la découvrir. Pendant un court instant, BiBi s’est demandé s’il ne s’agissait pas d’un rêve… mais non, le courrier existe bel et bien. La preuve en trois feuillets (1) (2) (3).

Lettre à C. 1