Les Flèches estivales de BiBi.

Les Mensonges de Nicolas.

En décembre 2009, Nicolas Anelka déclarait à 20 Minutes : «Malgré ce qu’on a pu dire, c’est avec Domenech que j’ai les meilleurs rapports… Je n’ai jamais eu de dialogue comme ça avant avec un sélectionneur. Avant, il y avait Santini, c’était impossible de parler avec lui. Lemerre, pareil. Jacquet, impossible aussi. Aujourd’hui (Domenech) est le mal-aimé. Comme Aimé Jacquet à l’époque. Il faut être juste patient, être fort dans la tête. Et lui, il patiente. Peut-être que dans six mois, il sera le « Boss » et plus personne ne pourra l’insulter». BiBi vous l’assure, vous n’êtes pas dans une rubrique censurée de Didier Porte.

Le Roman de Johnny.

Johnny Hallyday a rendu visite le mardi 9 juin à Roman Polanski à Gstaad où tous deux possèdent un chalet. Durant l’entretien, les deux artistes ont évoqué l’affaire. Johnny avait déjà comparé la « détention » du cinéaste à un « guet-apens ». BiBi vous l’assure : vous n’êtes pas dans le remake du film « Répulsion ».

Eric Besson.

Eric Besson joue avec les vétérans de sa commune de Donzère (Drôme). « Le jour où j’arrêterai la politique, il y aura le football » BiBi vous l’assure : c’est lui le Traitre de l’Equipe, c’est lui que cherchait Patrice Evra.

Le Mari de Florence.

Eric Woerth, footballeur, s’entraîne tous les dimanches matin sur le terrain de l’hippodrome de Chantilly. L’élu de l’Oise cherche un sponsor pour son équipe et ses maillots. BiBi vous l’assure : ce sera l’Oréal.

Eric Woerth se met à table (1)

«Florence Woerth est quelqu’un de simple, assure l’historien Alain Decaux, un ami du couple Flo-Eric : quand ils nous reçoivent à dîner avec l’Aga Khan, c’est elle qui sert à table».

Eric Woerth se met à table (2)

Eric Woerth adore se promener en Suisse : à Adelboden (pour y faire de la rando), à Zermatt, (où il a découvert l’alpinisme) et à Genève, où, déjà trésorier de l’UMP, il s’était déplacé en mars 2007. Après un discours à l’hôtel Crowne Plaza, il s’était mis à table (sans Florence au service) au très chic restaurant Caviar House, où une cinquantaine de Français fortunés l’attendait. Le Magazine « Capital » nous livre le menu : canapés de saumon mariné et signature de gros chèques pour financer la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy

Eric Woerth au sommet.

Eric et Martin (Hirsch) sont des amoureux de la Montagne. «Eric Woerth n’a pas le vertige et il sait assurer ses prises » nous assure Martin. Quoi ? La fortune de Liliane Bettencourt ne lui flanque pas le vertige ? C’est vrai qu’en ayant placé sa femme aux côtés de Liliane, Eric a assuré ses prises.

Eric Woerth, un distingué qui distingue.

Eric Woerth, alors encore ministre du Budget, a remis, l’an dernier, la Légion d’honneur à Patrice de Maistre, le gérant de la fortune de Liliane Bettencourt. Aujourd’hui, Eric ne veut pas qu’on l’associe à Patrice. Pourtant, dans les enregistrements, Patrice de Maistre – soutien financier de l’UMP – assure à Liliane Bettencourt que c’est le ministre qui lui a demandé d’embaucher sa femme. Eric veut – comme son Mai(s)tre Chouchou – faire le discret. BiBi rassure Eric : il ne le répètera à personne.

Stratégie de la Discrétion (suite).

Nicolas Sarkozy a effectué mercredi soir une visite surprise de près de trois heures en Seine-Saint-Denis. Il s’est promené dans la cité des 4.000 à l’endroit même où en juin 2005, il se proposait de nettoyer le quartier au karcher. Notre Chouchou a visité aussi le commissariat de La Courneuve. En toute discrétion, le maire communiste de la ville, Gilles… Poux, était présent. Poux ? Tout n’aurait pas été nettoyé au karcher ?

Porte cassé à France-Inter.

68% des français expriment leur « soutien » ou leur « sympathie » envers les manifestations organisées par les syndicats contre le projet du gouvernement sur les retraites. 14% des personnes interrogées se déclarent « opposées » ou « hostiles » et 16% sont « indifférentes », selon un sondage CSA paru dans L’Humanité. BiBi vous l’assure : c’est à peu près les mêmes pourcentages pour le sondage : « soutien » et « sympathie » envers Guillon-Porte, retraités de France-Inter.

France-Inter se modernise.

BiBi vous l’assure : Jean-Luc Hees devient humoriste au Fou du Roi et Philippe Val remplace Stéphane Bern.

Guillon, Porte : que reste t-il de notre humour ?

Stéphane Guillon et Didier Porte sont virés de France-Inter : BiBi va se sentir un peu seul mais continuera, armé jusqu’aux dents, de faire de l’humour offensif et politiquement incorrect. BiBi est évidemment derrière le Porte avec un aiguillon de bravitude aiguë.

Il remet ici en ligne ses deux vidéos fabriquées dans l’ombre pour protester contre la décision de Jean-Luc Hees, patron nommé par Chouchou.

On se souviendra donc que les Temps difficiles existaient déjà sous Léo Ferré (Le Karaoké du Président) et que notre Vie s’achèvera dans une petite boîte très étroite.

Mettre en boite Qui-Vous-Savez qui a nommé le Serviteur Hees, voilà qui pourra faire au moins faire sourire tous les Amis-BiBi.

Anelka, Finkielkraut et la Pensée néo-libérale.

Première et dernière page du JDD.

Le Football est, bien entendu, à la Une du numéro dominical du JDD avec cette question «Pourquoi tant de haine ?». Hasard objectif : en dernière page, on a la réponse avec un grand cadre publicitaire plein d’amour. L’encart nous offre Pelé, Zidane et Maradona jouant au baby-foot pour le plus grand Sponsor de luxe de la Planète (et de la Coupe du Monde) : le Louis Vuitton de Bernard Arnault, d’Hubert Védrine et de Bernadette Chirac. Au second plan du cliché, on aperçoit un sac Louis Vuitton rembourré (de billets d’argent sale ?)

Indécence et obscénité des Cols blancs sportifs.

Olivier Jay de son arbre perché est descendu réclamer dans son édito «plus de décence». En contrepoint, BiBi lui conseillerait bien de relire le billet écrit ici-même sur Frédéric Thiriez et l’indécence.

Alain Finkielkraut, lui, s’avance sur le terrain de la culpabilisation et circonscrit le problème autour des seules personnes que sont Domenech l’entraîneur («sans style et sans âme») et  les joueurs («sales gosses boudeurs» pleins d’ «arrogance j’men foutiste»). Comme à son habitude droitière, le Monsieur oublie de citer ces absents de marque dans sa démonstration que sont les cadres dirigeants, le Président de la Fédération et les Ministres qui ont donné l’aval à tout ça. Rappelons ici pour les footeux le capital de connaissance sportive de Rama Yade : en interview, elle parlait des phases éliminatoires 1998 pour la France, qui, pays organisateur était qualifié d’office ! Dans son article, ce sont pourtant les seuls joueurs que Finkielkraut qualifie d’ «inintelligents».

La feinte de Finkielkraut ne prend pas.

Ce même Finkielkraut si précis dans la mise au pilori des joueurs (il cite Ribéry, Anelka, Gallas) s’en remet à un vague « on » qui ne fait de mal à aucune mouche dirigeante : «On a voulu confier l’équipe de France à des voyous opulents et pour certains inintelligents » peut-on lire sous la plume du grand Penseur. Sur ce «On», rien ne sera dit, rien ne sera écrit. Là encore, BiBi lui conseillerait la lecture de la Catégorie BiBi-Foot, il y apprendrait que les «voyous opulents» sont à chercher du côté de Sepp Blatter et de Jack Warner, tous deux au sommet de la FIFA.

Stigmatisation et recherche de bouc-émissaire.

Voilà la méthode du philosophe : une méthode au prix du silence sur le Sponsoring éhonté (qui interdit aux petits marchands ambulants africains le bénéfice des ventes aux portes des stades), au prix de la Solidarité obscène des Politiques (on a demandé à la population sud-africaine de s’éclairer à la bougie pour ne pas bouffer trop d’électricité et permettre ainsi la diffusion des matches), au prix d’un déni au sujet de la gravité dans le langage (en écho des propos d’Anelka, le «Casse-toi pauvre con» oublié n’a pas été en Une du JDD).

Un Sport de gentlemen ?

Alors que réclame donc notre Philosophe ? Il souhaite virer ces «voyous opulents et arrogants» et en appelle à «sélectionner des gentlemen» (des Zidane sans coups de tête peut-être ?). Des «gen-tle-men» ! Ah, le beau et grand mot : il veut des êtres dépassionnés, maîtres de leurs corps et de leurs instincts, animés du Fighting-Spirit et au langage « irréprochable ». Vieille lune et vieil idéal du Sportif aristocratique anglais coincé entre Oxford et Cambridge, idéal né sur l’ignorance des conditions de vie de la classe ouvrière d’alors décrites par Engels.

Cruauté du Monde.

Finkielkraut oublie là aussi le Monde contemporain fait de brutalité, de cruauté (voir le marché esclavagiste des jeunes footballeurs africains et sud-américains), de compétitivité féroce. Il croit possible – ce naïf –  un Monde débarrassé de divisions et fait d’une «communauté liée» où serait gommée la place de chacun (joueurs, spectateurs) dans l’espace des positions sociales, où seraient abolis les clivages sociaux. Pauvre rêve ? Pas seulement. Ce type d’argumentation vient couvrir et dissimuler à bon escient les «dérives» d’un sport qui a «intégré, depuis longtemps, dans ses structures de gestion et les structures mentales de ses agents, la pensée libérale (1)».

(1). William Gasparini. Article de Libération du 20 juin 2002 : «Le Foot, Cheval de Troie du néolibéralisme».

Appel (téléphonique) du 18 juin.

Le Football, Denis Robert et le Milieu du terrain.

Football, football, Coupe du Monde : on n’entend causer que de ça dans les postes de télé, de radio. Au-delà de l’Overdose, on n’entend aussi qu’un seul et même discours : celui du « Sport-Fraternité ». BiBi en sait long sur cette poudre aux yeux. Denis Robert est journaliste indépendant, spécialisé dans les enquêtes d’investigation («Clearstream I », c’est lui). Il est aussi l’auteur d’un ouvrage sur le football, sur ceux qui le mènent et le malmènent : «Le Milieu du Terrain » (Éditions Les Arènes). BiBi avait gardé le verbatim de son intervention dans un débat sur Arte (octobre 2007). On l’interrogeait alors sur la Corruption dans le football. Rien que de la lucidité que BiBi partage.

– Quels liens faites-vous entre le Sport, le football et la Grande Finance ?

Denis Robert : Je vois un parallèle entre le Sport (le football en particulier) et les financiers. Ce sont deux mondes qui se vivent comme hors-la-loi. Je reste persuadé qu’on est dans le football à l’aube d’un déferlement d’énormes affaires. Ce sport fonctionne sur du mensonge et ce mensonge a été entretenu par les journalistes et par les radios et surtout les télévisions. Évidemment, il y a beaucoup d’argent à se faire dans le football par le transfert des joueurs, par le Sponsoring. Tout ça fait fabriquer des équipes dopées, des joueurs chargés, des matches truqués. Oui tout ça fonctionne sur des Mythes. Là, on sort d’une Coupe du Monde où l’on a oublié un peu tout ça. Avec la victoire de l’Italie, on a oublié le scandale Moggi et le scandale encore plus grand des veuves du Calcio, ce scandale qui a vu les joueurs de foot italiens mourir du cancer beaucoup plus dans le milieu du foot qu’ailleurs. Les joueurs se shootent…même Zidane – que j’adore – l’a dit au procès de la Juve : «  Moi, avant les matches de la Juve, on me faisait des piqûres et je ne savais pas ce qu’il y avait dedans. »
Ces financiers, ce Milieu du Terrain sont en train de tuer quelque chose de très précieux qui est l’esprit du jeu, l’esprit du Football et moi je leur en veux beaucoup…

– Mais sachant tout cela, vous pouvez toujours aller au Stade et apprécier un match de foot ?

Denis Robert : C’est un grand paradoxe. J’ai suivi les matches du Mondial quand la France jouait et j’étais complètement investi dans les matches. C’était comme ça et pourtant je sais tout ça : la corruption, le dopage, les trucages en tous genres. Je suis encore pris au piège mais un peu moins. C’est-à-dire que dans la ville où j’habite, je vais voir les matches, je vois les rencontres télévisées mais je sens que ces liens sont en train de se détendre. Et si cela arrive à moi, cela arrive à beaucoup de mes amis…En France, il y a tout un problème lié à Canal Plus qui a acheté très très cher les droits du football et on nous met dans la tête des tas de messages publicitaires dans la tête sur le Football que ça en devient insupportable. Donc, à un moment donné, on pressent que ce Sport va mourir de ça. Pour certains, il va mourir, pour d’autres, il doit être défendu…

– Et les joueurs, là-dedans ? [Interview à 01 Men].

Denis Robert : Dans leurs commentaires d’après match, certains joueurs sont devenus des répétiteurs de conneries. C’est le règne du capitalisme triomphant, de l’individualisme, et un monde où la meilleure façon de réussir c’est encore d’écraser les autres. Et ce discours véhiculé par les dirigeants de club, les entraîneurs et journalistes est devenu véritablement insupportable.

– Ces comportements posent la question de la présence des mafias dans le football, d’où le titre de votre livre Le Milieu du terrain…

Denis Robert : Il faut bien comprendre que la mafia, ce n’est plus seulement ce que c’était il y a dix ou quinze ans. Bien sûr, il y a toujours des personnages au profil criminel qui évoluent dans l’entourage de certains clubs. Comme cela a pu être le cas à l’OM, par exemple. Mais il y a maintenant, et peut-être surtout, une mafia de comptes en banque. L’argent du crime est une part essentielle du capitalisme et cet argent est aujourd’hui pour partie réinvesti dans le football.

PS : La photo de l’équipe d’Allemagne exécutant le salut nazi est terrible. Qu’on s’y arrête un moment : le cliché est pris le 9 juin 1938 au stade de Colombes (France) avant que la Mannschaft ne rencontre l’équipe de Suisse. C’était lors d’un match de… Coupe du Monde qui était organisée en France du 4 au 19 juin 1938. Dernière remarque : en haut, à gauche, flotte le petit drapeau…