Archive de la catégorie ‘La BIBIOthèque’

Christophe Tarkos, poète.

Vendredi 4 juillet 2008

C Tarkos 3 fois

« Cela ne peut plus durer. Ça ne peut plus durer comme ça. Ce n’est pas possible. C’est n’importe quoi. Il faut faire quelque chose. Ça ne veut plus rien dire, on ne sait plus ce qu’on fait, il y a tout et rien, ça part dans tous les sens. Ce n’est plus de la . » ( ).

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Lorsqu’en 1998, j’ai découvert et ses écrits, le n’était pas mort. Il décèdera quelques six ans plus tard, en décembre 2004, entouré de ses quelques amis qui l’accompagneront au , entrée 3, Boulevard Quinet.
Cette découverte de Tarkos, je la dois au numéro 1 de la Revue « La Polygraphe », éditée par les Editions Compact. Il y était noté que était « un fabricant de textes et de », qu’il était né à Marseille et qu’il vivait en France. La suite disait qu’il fabriquait des textes et des poèmes, des poèmes présentés sous forme de textes imprimés ou de lectures ou de avec pour titres par exemple : la vache et le trou, le bidon, le pneu. Les ouvrages, eux, avaient pour titre : le train, l’oiseau vole, farine, Oui (chez « Ulysse en fin de siècle »), processe ». Il était à la recherche d’un éditeur qu’il trouvera avec » et « ») et une plus petite maison d’édition ().
Parmi les 12 textes présentés sous le titre de « Cases du damier », deux d’entre eux m’avaient frappés mais, vous savez comment vont et viennent les pensées : elles entrent en vous, y restent cachées avant qu’à la faveur fortuite de l’arrivée d’un temps printanier ou d’un soleil d’été, elles resurgissent brutalement à la lumière. A redécouvrir ces deux textes, j’ai su alors qu’ils étaient entrés en moi, y étaient restés pour, un jour, y affleurer et me bouleverser. C’est ainsi que renaît un peu BiBi à la vie .
A la lecture de , on se dit tout  de suite qu’il n’y a rien avant lui qui puisse lui être comparé. BiBi avait eu cette même impression de jamais-vu avec les images singulières des films de Jean Eustache et d’Abbas Kiarostami. On oscille entre l’ahurissement, la jouissance de voir ainsi les choses nommées et la surprise d’avoir instantanément des palpitations. C’est presque rien ce déferlement, cette langue ralentie, ce flux en quatrième vitesse mais ça caracole aussitôt à l’intérieur de nous, ça dévale, ça cavalcade. Ce presque-rien nous affole, nous suffoque, nous fait tourner au vertige. D’ailleurs, j’ai accolé cette photographie de Tarkos en pleine performance sonore. Elle traduit cette force et cette intensité que les amis de BiBi reconnaitront en plongeant dans ces deux extraits.

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(Bernard) Noël au balcon.

Lundi 16 juin 2008

Portes

BiBi est tombé sur un livre « La Castration mentale » de chez .

« L’écriture, écrit ce dernier, s’oppose à l’agressivité malade, à la prise du Pouvoir, à la totalité triomphante parce qu’elle ne vit qu’en se remettant en jeu ». BiBi pense aussitôt à une vieille émission d’Ex-libris où notre récent Chômeur longue durée parlait d’ pour en faire une divine éloge, il se remémore Sieur Villepin de Galouzeau nous bassinant avec son Amour des Rebelles dans la et la Littérature, il se souvient du sérieux de Feu Georges et de son penchant pour l’Art poétique, de Feu-bis François qui aurait tout donné pour être un écrivain honoré (et surtout aimé des femmes). Tous un peu castrés mentalement, ces Hommes du Pouvoir, soupire BiBi.
Le Père Noël (Bernard) continue d’écrire : « Nous avons quitté l’infini Divin pour entrer dans l’interminable Humain. Il s’ensuivit un déchirement, un déchirement que l’art et la littérature assument depuis plus d’un siècle, mais qu’aucun pouvoir, aucune forme de pouvoir n’a jamais pris en compte, car tout pouvoir veut au fond rester absolu. Alors, comme au temps des Rois, notre Société fonctionne sur des figures, qui sont autant d’images dégradées de Dieu.
Il y a les figures de l’homme providentiel et le culte de la Personnalité, il y a les champions, les stars, les présidents, la loterie, le loto, le tapis vert. Il y a tout ce qui fabrique du vedettariat ; mais qu’est-ce qu’une vedette ? C’est un tout petit dieu qui ne peut guère vous dispenser qu’un… autographe
. »

La Chasse au S(n)ark…

Dimanche 8 juin 2008

La Chasse au Snark

: c’est le titre d’un recueil de huit chants écrits par , mathématicien et génial père d’Alice. Le Héros chasseur est l’Homme à la Cloche : il a embauché des francs-tireurs qui courent après… après… Nul ne le sait.

Le Héros va. Il va et il vient. Il est tantôt Snake (Serpent), Snail (Escargot), tantôt Shark (Requin). En huit chants, il va nous faire tourner en bourrique et le pauvre (é)lecteur ne saura jamais ce qui est chassé. L’Homme à la Cloche, tout investi d’honneurs, part donc à la chasse et - même s’il perd souvent la face ces derniers temps - il ne veut absolument pas perdre sa… place.

Toute ressemblance de ces personnages fictionnels avec des personnes réelles ne saurait être que pure coïncidence. Mais si BiBi devait ajouter son grain de sel et sa graine de folie aux Travaux de Lewis, voilà ce qu’il écrirait sans déflorer les huit têtes de chapitres de Monsieur Caroll :

1. Le Débarquement : Mai 2007.

2. Le Discours de l’Homme à la Cloche : “Bell! Bell! Bell! Elle n’est pas Bell ?”

3. Le Récit du Boulanger : “En attendant le Pain quotidien/ Marchez à la baguette/Pour ne ramasser/ Que les miettes”

4. La Chasse : Monsieur Hortefeux a déjà fait l’Ouverture.

5. La leçon donnée au Castor : “Cassetor pauvre Con!”

6. Le Rêve de l’Avocat : “Rêve réalisé : d’avocat, il devint Président”.

7. Le Destin du Banquier : son Ami le Banquier vit et finira au Paradis (fiscal).

8. La Disparition : Au  premier ? Au second quinquennat ?

Brocante à Montevideo.

Lundi 26 mai 2008

Montevideoooo

BiBi ne connaissait pas . Il est tombé par hasard sur ce petit livre, à peine cinquante pages aux Une photo à »). BiBi se souvenait précisément que trois de ses potes avaient écumé les rues de la Capitale du plus petit Etat d’Amérique du Sud. sur lequel BiBi avait planché à l’épreuve orale du bac, et son inoubliable « Oublieuse Mémoire » (1) et dont il aimait la manière de saluer l’Océan. Alors BiBi s’est dit : « Pourquoi pas ? » C’est surtout le titre qui l’attirait car BiBi aime la photo et il aime . De ce pays coincé entre l’Argentine et le Brésil, il n’en connaît que l’équipe de foot, la Céleste, qui, en 1952, battit le Brésil au Maracana pour un désastre national. Mais pour lui, le titre – « Une Photo à » - était plein de sobriété et sentait par en-dessous l’Etrange, l’Exil et le Déplacement. (more…)

Le Peintre et ses amis.

Dimanche 11 mai 2008

Chagall

Ce qui surprend dans la vie des peintres (1), c’est le nombre d’amis qui sont là, à l’atelier ou sur la terrasse, au jardin ou dans la serre. De ces amis qui proposent le gîte et le couvert, qui lèvent le voile et le coude et qui tâtent aussi du pinceau. La est un travail de solitaire - mais contrairement à l’écriture – il est immédiatement partagé. On montre, on laisse voir aux proches, aux potes, aux amours. Voyages, mobilité, amitiés. Il y a là comme un monde qui sera à jamais interdit à BiBi.
Dans l’écrit, on est dans une solitude crasse : difficile de trouver un ami disponible à qui refiler immédiatement ses tableaux, à qui faire renifler ses travaux. Il est souvent absent le lecteur solide, bien campé sur ses deux jambes.
Pour tout au monde, BiBi donnerait un lien, une corde, un bout de ficelle, un filin, un câble pour s’amarrer à la chaîne des peintres.

(1) « Marc » par Pierre SCHNEIDER (Editions Flammarion).